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mardi 20 octobre 2020
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Mise à jour du Forum & Site (Fin Mai 2019) (10 Mai 2019)

Bonjour à tous et à toutes !

Voici une note importante concernant la mise à jour du site jusqu'en Octobre 2019...
Quelques changements importants dans l'équipe au niveau des rôles et une absence...

file Abandonnez tout espoir

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il y a 5 mois 2 jours - il y a 5 mois 2 jours #249246 par Dainslef
Abandonnez tout espoir a été créé par Dainslef
J'avais essayé de dormir : un échec. Même une dose massive d'UAlcool n'avait pas réussi à m'assommer. Aussi, six heures après la tragédie, la mine défaite, les cheveux en bataille et l'haleine chargée, je me pointai dans la salle de briefing, ignorant les regards mi compatissants mi dégoûtés des autres Raptures : quelle image allais-je donner aux BBA ? À ce moment précis, je ne m'en préoccupai guère. Le technodon nous fit un exposé complet de la situation, exposé qui me sembla parfaitement adapté.

« Messieurs, un ennemi non identifié à ce jour et se faisant appeler l'Unique s'attaque à nos pilotes isolés et les massacre sans vergogne. Il ne leur laisse aucune chance : après avoir abattu leurs vaisseaux, il détruit les nacelles d'évacuation. Il est rapide, dispose de quatre accélérateurs à plasma à efficience accrue, mais surtout, il est furtif et n’apparaîtra donc pas sur vos détecteurs. De plus, il semble même qu'il arrive à saturer les systèmes de vision nocturne ; nos techniciens sont sur le coup pour contrecarrer ses systèmes furtifs. Son vaisseau est sombre, mat, aussi il est très difficile à apercevoir ; c'est un Federal Assault Ship, et nous avons pu extraire et affiner une image de son engin. »

Le FAS apparut alors sur l'écran : il était sobre et on pouvait voir son nom sur la carrosserie. Ce nom était un message clair à l'ensemble de l'escadron, un message à la hauteur de ses ambitions malsaines, un message qui tenait en 3 mots anglais : ''Abandon All Hope''. Ce nom fit rire quelques bleus de l'escadron ; quant à moi, il me glaça le sang. Une fois le silence retombé, le technodon reprit son monologue.

« À partir de maintenant et jusqu'à nouvel ordre, tous les pilotes de l'escadron devront se déplacer par groupe de quatre. Cette précaution est loin d'être superflue, ce type ayant déjà taillé en pièces un groupe de trois pilotes, dont un seul a pu ressortir vivant. Et croyez-moi, leurs vaisseaux étaient taillés pour le combat. Donc, ne croyez pas avoir la moindre chance contre lui, seuls ou même à deux. Je répète : groupes de quatre exclusivement, au moins trois vaisseaux de combat par escadrille, tout le monde maximise l'arrivée d'énergie dans le répartiteur bouclier, et dès que vous croisez un vaisseau furtif, que vous encaissez des tirs semblant venir de nulle part, fuyez sans demander votre reste.

Nous avons passé une commande d'armes et de munitions ; ces munitions ont la propriété d'ioniser la surface du vaisseau touché, produisant des particules phosphorescentes qui le feront briller comme un phare sur vos détecteurs ; un seul coup au but, et votre adversaire sera vulnérable pendant plusieurs secondes. La livraison est prévue dans quatre jours. En attendant, pas de sortie indispensable, et je le rappelle une dernière fois : pas de héros, pas de solitaires, je ne veux plus une seule mort inutile. Nous vous reconvoquerons une fois les armes livrées. Rompez. »

Je me levai, sortis de la salle en silence, et me dirigeai là où j'allais passer le plus clair de mon temps pendant les prochains jours : le perséphone. J'aillais boire en l'honneur de mes frères tombés au combat et je ne dessaoulerai pas de plusieurs jours. Oui, l'Unique avait raison, je ne suis rien, même à mes propres yeux. Seul le souvenir de Laura et la foi en son retour m'empêchait de sombrer complètement ; oui, espérons qu'il ne lui arrive rien, parce que sinon, il aura gagné sur toute la ligne, car j'abandonnerai véritablement tout espoir. Je devais vivre pour Laura, mais je devais prendre le risque de tuer ce type, et donc d'y laisser la vie. Et c'est la tête pleine de sentiments contradictoires que je reçus le message que j'attendais : mon imposant colis venait d'arriver. Enfin. Huit heures trop tard, malheureusement, et je me dis : « l'une des prochaines heures sera ta dernière, monstre ! »

On peut tromper une personne mille fois, on peut tromper mille personnes une fois, mais moi, on ne peut pas me tromper deux fois.
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Abandonnez tout espoir : un nouvel ennemi redoutable surgit.
Dernière édition: il y a 5 mois 2 jours par Dainslef.
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il y a 4 mois 3 semaines - il y a 4 mois 3 semaines #249258 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
Enfin le grand jour ! Nous avions enfin reçu le message tant attendu : les armes étaient prêtes à être livrées, et n’attendaient plus que le feu vert de l’état-major. L’agitation était à son comble dans les couloirs de Samson, l’ambiance effervescente de la salle de briefing témoignait de l’impatience des pilotes, car tous voulaient en découdre avec l’Unique. Tout le monde se croyait invulnérable, tout le monde sauf moi, le seul à avoir vu de quoi il était véritablement capable, et aucune vidéo décortiquée par aucun technodon ne rendrait justice à la terrifiante suprématie de ce tueur. Malgré tout, je voulais moi aussi en découdre avec lui, non pas parce que j’avais l’outrecuidance de me croire supérieur à lui, mais parce que je voulais venger mes amis Kenny et Leeroy. Je n’avais pourtant aucun envie de mourir, je voulais retrouver la seule lumière qui illuminait désormais les ténèbres de mes pensées, mais je n’aurais jamais le courage de reparaître devant elle si j’abandonnais mes principes. Je survivrai à mon ennemi, me disais-je.

Le briefing fut rapide ; un groupe de trois pilotes chevronnés était missionné pour escorter le T-9 transportant les armes depuis Eotienses jusqu'à Munfayl, et un autre groupe de trois attendait le convoi dans chaque système où il devait passer, afin de venir en soutien au T-9 si nécessaire. Une mission facile, qui devait nous permettre d’obtenir la supériorité sur l’Unique. Une mission qu’on ne pouvait échouer…

Je pris ma place dans mon nouveau Mamba rutilant. Il sentait le neuf. J’allumai les propulseurs et m’élevai de la baie d’appontage. Quand je lançai les propulseurs pour sortir de la boîte aux lettres, je sentis la bête dont je tenais les rênes : un monstre de puissance, un pur-sang indomptable qui ronronnait et mourait d’envie de faire exploser les radars de vitesse de la sécurité. Je cédai à l’appel de la postcombustion une fois le cordon de police passé, je sentis mon corps s’écraser contre mon siège en raison de l’accélération fantastique dont mon nouveau joujou était capable et je compris : aucun adversaire ne pourrait s’éloigner de mes canons sans mon consentement. J’avais ma chance, et il me fallait la saisir. Je devais trouver un nom pour ce bolide, mais j’allais y réfléchir plus tard.

Mes équipiers et moi-même avions pris place depuis une bonne demi-heure à proximité de HDS 123, que nous vîmes arriver l’un des trois vaisseaux chargés de surveiller le précédent checkpoint… sans le convoi. Il ouvrit un canal sécurisé et déversa un flot ininterrompu d’auto-apitoiement, de pleurs, d’excuses, ainsi que quelques mots sans queue ni tête : encore un bleu, me dis-je. Quand on put enfin lui répondre, il expliqua, la voix hachée par les sanglots : « Tout allait pour le mieux… pas de problème… puis le convoi… est arrivé… et c’est là que le T-9 a été… intercepté par un… vaisseau non identifié… c’est allé super vite… rien pu faire… un vaisseau invisible… il a dégommé le T-9 et fait voler en éclat… tout son blindage lourd… en quelques secondes… un monstre, un vrai ! Les autres sont… partis à sa poursuite ! Je rentre à Samson… terminé. »

Merde, alors ! Cette cargaison nous aurait donné une chance de vaincre l’Unique, et une fois réduite en poussière, nos options diminuaient drastiquement. Ça n’aura pas été ce jour qui aura vu ma victoire contre ma Némésis. Nous rentrâmes à Samson, encore une fois avec un air de chien battu. Il ne fallait surtout pas que notre déculottée s’ébruite.

On peut tromper une personne mille fois, on peut tromper mille personnes une fois, mais moi, on ne peut pas me tromper deux fois.
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Abandonnez tout espoir : un nouvel ennemi redoutable surgit.
Dernière édition: il y a 4 mois 3 semaines par Dainslef.
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il y a 4 mois 2 semaines - il y a 4 mois 6 jours #249295 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
« Commandant Dainslef, savez-vous pourquoi je vous ai fait venir ici ? » La voix du Dictateur, bien que calme, semble remplie de sous-entendus menaçants. Je prends quelques secondes pour réfléchir, avant de répondre :
« Non, Monsieur, je n'en ai pas la moindre idée.
_ Commandant Dainslef, avez-vous pensé à prendre votre traitement, ces derniers jours ? » Encore une fois, je me replonge dans mes souvenirs, mais ils sonnt flous, embrumés par ma haine envers l'Unique ; je ne pense pas avoir oublié mon traitement, d'autant plus qu'à aucun moment ces dernières semaines, le fantôme de Caster qui me hantait n'avait montré le bout de son nez. Du moins, c'est ce que je pense. Le fait est que je ne suis pas absolument sûr de ma réponse.
« Oui, Monsieur.
_ Aucun oubli ? C'est certain ?
_ Certain, Monsieur. Pourquoi cette question ?
_ Comme vous le savez, puisque vous étiez aux premières loges, l'armement qui devait nous permettre d'affaiblir l'avantage de notre ennemi a été détruit. Il savait ce que nous mijotions et s'était préparé à toute éventualité. L'escorte partie à sa poursuite n'a pas pu le rattraper. Il avait tout prévu.
_ Et donc ?
_ Nous avons conclu qu'il savait tout de notre expédition, et qu'il avait un informateur dans nos rangs. » Je commence à sentir quelques gouttes de sueur froide dans mon dos, mais je ne me laisse pas démonter. « Alors je vous repose la question : avez-vous, à un moment ou un autre, oublié votre traitement ?
_ Non, Monsieur.
_ Notre enquête a montré que vos identifiants de connexion ont été utilisés à de multiples reprises ces derniers jours, avec une fréquence tout à fait inhabituelle. Ils ont servi à envoyer des messages à des destinataires inconnus. Aussi, je vous repose donc une toute dernière fois la question : avez-vous toujours pris votre traitement ?
_ Je… » le stress est à son paroxysme. Je ne sais plus quoi répondre. Heureusement, l'appel que reçoit Phoneix sur son communicateur personnel m'enlève l'épine du pied. Il prend un air surpris en entendant son interlocuteur. Après un bref remerciement à ce dernier, il raccroche et me me dit :
« Vous avez de la chance, vous venez d'être innocenté. Vos identifiants ont été utilisés alors que vous étiez en mission et sans accès au réseau. Ce qui signifie que vos identifiants ont été piratés; probablement un héritage du colocataire dans votre tête, avant qu'il ne soit tenu en laisse.
_ Merci, Monsieur. Je vais de ce pas changer le mot de p…
_ N'en faites rien. Nous allons diffuser de fausses informations par le biais de votre messagerie. Nous vous donnerons en direct les informations non frelatées. Rompez, pilote. »


Évidemment, le pilote qui, dès sa première mission de combat avait craqué et mouillé sa combinaison, fut aussitôt réformé. Il alla de ce pas oublier sa mésaventure au perséphone. Naturellement, au bout de quelques verres, sa langue se délia, et tous les clients du bar furent au courant de l'histoire. Dès le lendemain, il fut retrouvé mort dans sa chambre, étouffé : dans un coma éthylique, il avait inhalé ses vomissements, avait dit le médecin légiste ; un brave homme, ce médecin, qui fut récompensé pour services rendus au Consilium. Hélas, le mal était fait, et en quelques heures, la nouvelle devint virale ; le lendemain, tout Munfayl était au courant, et encore un jour plus tard, l'espace consilien tout entier savait le fin mot de l'histoire. Logiquement, tout le monde se moqua de nous, la confiance de la population dans notre protection s'effrita, les attaques de pirates s'intensifièrent, nos valeurs financières s'effondrèrent comme un château de cartes, et les volontaires au recrutement, qui naguère se bousculaient au portillon, désertaient à présent les files d'attentes chez nos recruteurs. C'était une vraie débandade, une crise sans précédent, causée par un unique individu. Un seul vaisseau détruit en une fraction de seconde avait plongé les Black Birds dans l'ombre.

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il y a 4 mois 6 jours - il y a 4 mois 5 jours #249341 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
« Pilotes, aujourd'hui est un grand jour : nous allons berner l'Unique. »

L'évolution de la situation avait fait prendre énormément de retard au projet Destiny. Les finances du Consilium dégringolaient et les crédits alloués à l'escadron en avaient pâti. Rien n'était plus comme avant : les couloirs ne résonnaient plus des cris de joie et de défi des pilotes, le perséphone était devenu sombre, silencieux, triste. L'UAlcool n'y coulait plus à flots, le Borgne avait même pris des vacances, les premières depuis des années. Presque plus de pilotes ne volaient, et les rares fois où ils le faisaient, c’était toujours en groupe. Ponctuellement, l'Unique s'attaquait à une de nos patrouilles ou brigades d'intervention. Régulièrement, un mort ou deux étaient à déplorer, et rarement remplacés. Nos effectifs s'étiolaient presque aussi vite que notre réputation. L'effectif de l'escadron n'avait jamais été aussi bas, moins du quart de l'effectif habituel, tel qu'il était encore le nôtre trois mois auparavant.

C'était dans cette morne ambiance que l'escadron préparait sa riposte. Je continuais à consulter ma messagerie, sans faire plus attention aux messages de la hiérarchie, maintenant qu'ils étaient en décalage avec la réalité ; je recevais mes informations et instructions importantes de la bouche même des Princes Noirs de l'escadron. Nous jouions un double jeu dangereux, mais il en valait la chandelle. En cas de succès, nous enverrions l'Unique vers une fausse piste, pendant que nous nous ferions livrer les armes qui nous donneraient l'avantage sur lui.


« Chacun d'entre vous escortera un T6 blindé. Vous partirez tous au même moment par des itinéraires différents : l'Unique ne pourra pas tous vous attaquer. Tout le monde a reçu son affectation. Commandant Dainslef, venez me voir en sortant. »
Une fois les quelques survivants de l'escadron, soit trois pelés et un tondu, sortis de la salle de briefing, je rejoins l'officier supérieur dans son bureau. Il sort d'un tiroir une bouteille d'UAlcool, certainement une des dernières qui lui restent de la glorieuse époque, en sert un verre et me le tend, avant d'en verser un autre pour lui. Il ouvre le dialogue :
« Savez-vous pourquoi vous êtes ici, avec moi, commandant Dainslef ?
_ Oui, Monsieur. Vous vous apprêtez à me confier ma mission, qui sera, je suppose, différente de celle annoncée au cours du briefing.
_ Précisément, commandant. » Il boit une gorgée de brûlure liquide avant de poursuivre. « Vous allez vous charger d'escorter la cargaison d'armes. Les autres ne seront que des appâts, des leurres. Vous suivrez seul un Imperial Cutter transportant la cargaison par un itinéraire détourné. Vous sentez-vous prêt pour cette mission de la plus haute importance, commandant Dainslef ?
_ Oui, Monsieur.
_ Vous partirez une minute après les autres, voici votre itinéraire. »
Il me tend une feuille manuscrite : malin, il n'y aura donc pas la moindre trace électronique. Je finis mon verre, me lève, salue, puis prends congé afin de me préparer au mieux à ma mission.


Mon Mamba ronronnait à faible distance de l'imposant vaisseau impérial. Nous enchaînions saut après saut, écrémant l'hydrogène émanant des étoiles ; nous avions pris de tels détours, que la distance habituelle en avait été triplée.

J'arrivai finalement à Samson, sans encombre. Nous n'avions à aucun moment été menacés, aussi je m'attendais à un accueil triomphal : quelle surprise de constater que la base était en état d'alerte ! À peine posé, je fus accueilli par un jeune soldat, visiblement apeuré, qui vint me chercher sur la baie : « Monsieur, vous êtes attendu en salle de briefing immédiatement ! », dit-il dans un souffle, tout en saluant. Je le saluai en retour, et comme s'il s'agissait du signal qu'il attendait, il détala aussitôt vers un autre pilote. Avant d'obtempérer, je regardai autour de moi, commençant à comprendre : plusieurs vaisseaux manquaient à l'appel, la plupart de ceux qui sont arrivés étaient endommagés, parfois gravement. Seuls deux T6 sur huit étaient arrivés à bon port.


« Pilotes, l'heure est grave. » L'officier, l'air sévère, les traits tendus, serre les lèvres un instant avant de poursuivre : « En ce jour, nous avons encore été vaincus. Les identifiants qui nous été transmis démontrent une attaque de grande ampleur orchestrée par Archon Delaine. Comment a-t-il pu être mis au courant ? Pourquoi s'intéresse-t-il à des armes à munitions émissives ? Et surtout, pourquoi personne n'a été attaqué par l'Unique ? » Il fait une pause, observant l'auditoire incrédule. Un brouhaha gagne l'assemblée, des visages interrogatifs se tournent les uns vers les autres. L'officier lève le bras, et une fois le silence obtenu, il poursuit son débriefing.
« Lorsqu'on a éliminé l'impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité. La seule hypothèse tenant la route est qu'Archon et l'Unique ont conclu un accord, peut-être même une alliance, et qu'ils ont un espion parmi nous. Pour l'espion, l'enquête avance, et il sera coincé, je le promets. Un accord selon quels termes ? Nous l'ignorons. Comment un pirate anarchiste et un tueur psychopathe ont-ils pu se rencontrer et s'entendre ? Nous l'ignorons aussi. Mais nous n'avons jamais eu besoin de savoir ce genre de choses, pour faire tomber les têtes de nos ennemis !
Pilotes ! En ce jour, nous sommes en guerre ! En guerre contre le mal, quel que soit son visage !
Nous n'avons jamais eu peur des pirates ! Archon n'est rien d'autre que l'un d'entre eux ! Alors, nous lui ferons sa fête !
Pilotes ! En ce jour, nous nous relevons ! Et pourquoi nous relevons-nous ? Parce que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ! Relevons-nous plus forts que jamais, car nous avons reçu des armes ! Des armes capables de nous donner un avantage contre l'Unique ! Qu'il tremble, parce que sa dernière heure est proche ! Una ex his erit tibi ultima ! », crie-t-il en levant les bras. En à peine une seconde, tous les pilotes se lèvent et reprennent en chœur la devise de l'escadron.

Tremble, monstre. Quels que soient tes alliés, quels que soient tes motifs et ta haine, nous te retrouverons, et nous te ferons payer la souffrance que tu nous as infligée.

Una ex his erit tibi ultima. L'une d'entre elles sera ta dernière, enfoiré !

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Abandonnez tout espoir : un nouvel ennemi redoutable surgit.
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il y a 3 mois 2 semaines - il y a 3 mois 2 semaines #249408 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
« Que dites-vous, chef ? »
Le Prince Noir me regarde dans les yeux, un cigare au bec, tranquillement assis dans son fauteuil en cuir de luxe. Il souffle sa fumée avant de répondre posément, comme s'il énonçait une évidence :
« Le Cutter que vous escortiez ne transportait que de la ferraille : six cent tonnes de ferraille. Les armes que nous avions commandées ont pour la plupart été détruites par l’attaque de pirates. En effet, elles étaient bien dans les T6, comme annoncé lors du briefing.
_ Mais… ma mission, alors ?
_ Je n’ai aucune obligation de justifier une telle décision, mais je ferai, car je respecte le pilote que vous êtes : nous n’étions pas certains de votre loyauté. Une trahison de votre part, consciente ou non, était la cause la plus probable de la précédente attaque. Nous devions être certains de votre total dévouement à notre cause. Nous avons donc décidé de tester votre loyauté une bonne fois pour toutes. Et nous avions estimé nos pertes au maximum à deux cargaison ; nous n’avions pas prévu une attaque d’une telle ampleur. Nous avons des armes à munitions émissives, certes, mais nous nous devons de les utiliser parcimonieusement, tout en convainquant l’escadron que nous en avons à foison. Voilà la raison de votre convocation.
_ Je vous écoute. » La gorge serrée, j’écoute le plan du Prince Noir. L’atmosphère de la pièce me pique le nez et la gorge, l’odeur du cigare me donne presque des nausées, mais j’écoute attentivement. Plus j’écoute, et plus je me dis que j’ai de bonnes chances d’avoir enfin la revanche tant attendue.


Les mécanos s’affairaient depuis un temps qui me paraissait infiniment long sur les points d’emport. Ça criait, ça jurait, ça vociférait dans tous les sens. Ils avaient méticuleusement désossé le support d’un canon à fragmentation de petite taille, l’avaient rangé dans l’entrepôt, et préparé l’emport pour y poser une nouvelle arme. Le mécanicien en chef s’essuya le front taché de cambouis, se dirigea vers moi pour me demander : « C’est vous, le pilote de ce bijou ?
_ Tout à fait, pourquoi ?
_ On a pris soin de ne pas abîmer votre pétoire, et du coup, on y met quoi, à la place ?
_ Vous n’avez pas reçu de consignes d’en haut ?
_ Si, mais on m’a dit de vous laisser le choix.
_ Entre ?
_ Laser à impulsion et canon.
_ Laser. J’ai un répartiteur en béton armé, et ce ne sont pas les dégâts supplémentaires d’un petit canon qui changeront la donne. Au moins, je n’aurai pas besoin de me préoccuper des munitions.
_ C’est vous l’patron. » Il se tourna vers son équipe et beugla : « vous avez entendu ? On se bouge le fion et on fait c’que l’pilote a d’mandé ! Allez, et qu’ça saute ! »


Nous sommes un escadron de quatre vaisseaux. Nous ne sommes qu'une poignée de pilotes avec des munitions émissives, mais mes coéquipiers l'ignorent. C'est la raison pour laquelle seuls quatre vaisseaux de l'escadron ne peuvent voler en même temps. Nous refaisions la peinture entre chaque mission. Seul mon Mamba dispose en permanence de ce type d'arme : je suis en effet le seul dont la loyauté ne fait aucun doute, et j'ai déjà affronté l'Unique. J'avais enfin trouvé le nom pour mon nouveau jouet, un nom qui ne laissait planer aucun doute, quant à l'utilité de l'engin, un nom qui envoyait un message sans ambiguïté à l'Unique,qui signifiait que je le traquerai sans répit : ''Hunting Star''. Et en ce jour, mon Hunting Star est fin prêt pour l'affrontement. Ça fait maintenant quatre jours que je participe à toutes les patrouilles, en racontant de petits bobards à mon escadrille, par ci, par là, leur faisant croire que je préférais tel autre vaisseau d'une précédente patrouille, sous-entendant qu'une flotte entière était équipée : il faut restaurer la confiance de nos membres, dans la hiérarchie et dans nos chances de victoire. Après plus d'une heure de patrouille, je suis tiré de ma rêverie par une communication d'un ailier :
« Signal inhabituel en bordure de système, chef. Quels sont vos ordres ?
_ C'est sûrement lui, même mode opératoire que la dernière fois. On y va, mais restez sur vos gardes, ça semble trop facile ; il y a probablement un piège.
_ Entendu, Monsieur. On y va. »

Quelques minutes plus tard, à la lisière du système LHS 1052, quatre vaisseaux de combat sortent de FSD. Parmi eux, un Mamba noir et vert sort ses armes, son pilote visiblement aux aguets. Quelques secondes plus tard, un éclair blanc zèbre le noir de l'espace, frappant de plein fouet le bouclier prismatique du vaisseau de combat. Au même instant, quatre vaisseaux de combat pirate sortent de FSD, sortant immédiatement leurs armes. L'affrontement est lancé, tous les vaisseaux accompagnant le Mamba sortent eux aussi leurs armes. Une voix est entendue dans les canaux radio : « chacun un vaisseau, je traque l'Unique. Dès que je le touche, venez tous m'assister. Ouvrez le feu. »

Ça y est, c'est l'heure de vérité. Et accessoirement, c'est aussi la dernière de ce salaud. Enfin... je l'espère.

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Dernière édition: il y a 3 mois 2 semaines par Dainslef.
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il y a 3 mois 1 semaine - il y a 2 mois 4 semaines #249419 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
La bataille fait rage tout autour de moi. J'essaie désespérément d'aligner l' Abandon All Hope dans mon réticule ; tous les tirs de laser passent à quelques mètres du vaisseau, comme si l'Unique anticipait chacun de mes mouvements, comme s'il savait tout ce que j'allais faire. Je transpire dans ma combinaison et sur mon manche à balai ; la visière de mon casque se couvre de buée. L'ennemi est en surnombre, et mes ailiers souffrent de dommages divers. Étonnamment, seul l'Unique m'attaque, moi qui suis pourtant la plus grosse menace de mon escadrille. Pourquoi ?

L'espace d'un instant, le vaisseau d'un de mes équipiers explose, la brève lueur laisse alors apparaître clairement le FAS de ma némésis dans toute sa terrifiante splendeur, un éblouissement dont lui souffre, alors que mon œil cybernétique s’en accommode sans difficulté. Ce bref répit me permet enfin d'aligner l'Unique dans mon viseur. Un simple impact de laser à impulsion, et voilà le fantôme brillant de mille feux sur nos détecteurs. « Tous sur l'Unique ! Feu à volonté ! »

Les choses ne sont pas aussi faciles qu'on aurait pu le croire : les contre-mesures et la maniabilité de son monstre d'acier ne nous simplifient guère la tâche. Un autre de mes coéquipiers disparaît dans une gerbe de flammes, peu avant l'arrivée de nos renforts : trois escadrilles de trois vaisseaux chacune, soit l'intégralité des effectifs disponibles en ce jour. La victoire me semble alors à portée de main. « Escadrille alpha sur l'Unique, bravo et charlie sur les pirates. Tenez bon, patrouille delta, voilà la cavalerie ! » La voix du commandant Phoneix, notre leader, me rassure : lui aussi a pris les armes contre l'ennemi, et nous a rejoint pour lutter sur le terrain.

Alors que la bataille semble basculer en notre faveur, la voix rauque, enrouée, éraillée de notre ennemi numéro sonne le glas de notre optimisme : « Merci à vous, la partie était amusante, mais il est temps de conclure. » À cet instant, quatre autres vaisseaux pirates sortent de FSD et concentrent leurs tirs sur Phoneix, immédiatement rejoints par l'ensemble des vaisseaux adverses, vaporisant son bouclier comme une bulle de savon. Avant que n'ayons pu comprendre ce qu'il se passait et protéger notre chef, un éclair blanc fuse du FAS flamboyant et vient frapper de plein fouet les propulseurs du Krait de Phoneix. Avec horreur, nous voyons le vaisseau partir à la dérive. « Dites adieu à ce merdeux de Phoneix ! Quant à toi, qui te fais appeler Dainslef, je réglerai ton compte plus tard ! » hurle la voix de l'Unique.


Quelques heures après :
Comme si ce nouveau retournement de situation n'avait pas suffi, il y eut un autre événement surprenant quelques secondes plus tard. En consultant l'historique de mon vol, je me dis que j'aurais dû me douter de quelque chose. L'enregistrement de l'analyse du FAS, permise par son apparition sur nos capteurs, montrait deux modules optionnels de nature inconnue, de modes de fonctionnement et d'utilités indéterminés : du jamais vu. C'était le cas de le dire, puisque les enregistrements du combat ont montré que nous avons été sidérés pendant environ six secondes, avant de réagir : en effet, le FAS qui brillait comme un astre brûlant disparut de nos détecteurs, les particules chargées qui adhéraient à sa surface et nous le rendaient visible, furent dispersées aux quatre vents solaires, comme s'il s'était épousseté.

« Nous avons appelé ce module le ''soniqueur'', » nous a dit le technodon par la suite, « il émet une vibration ultrasonique qui vaporise les quelques microns les plus superficiels du blindage, ainsi que tout ce qui y est accroché, retirant tout ce qui adhère à la surface du vaisseau : particules ionisées, enzymes, acides, etc, tout ça au prix d'une minime réduction de blindage et d'une chauffe conséquente. Nous ne savons pas s'il y a un temps de recharge sur ce module, voire des munitions, nous allons donc continuer à utiliser nos munitions émissives, faute de mieux. Et de toute façon, nous n'avons que ça. Dernier détail, et non des moindres : nous ne savons pas à quoi sert l'autre module inconnu. »

La bataille avait été rude : nous avions éliminés plusieurs vaisseaux d'Archon Delaine, nous avions sauvé notre leader, mais l'Unique avait réussi à s'échapper. Notre Dictateur m'avait bien envoyé à sa poursuite, malgré mon bouclier et mes munitions de canons à fragmentation réduits de moitié, mais ce psychopathe put s'enfuir vers un système bien connu de nos services : Jadimo. Les forces de sécurité du système étant à la botte du seigneur pirate, je ne pouvais prendre le risque d'attaquer l'Unique, et il le savait. Je vis son vaisseau sortir de FSD près de la station Grzimek Dock ; il était en sécurité, mais au moins, nous avions un lieu pour démarrer notre enquête sur ce type. Avant de disparaître de mes détecteurs, il me dit par comlink : « tâche de rester en vie jusqu'à notre prochaine rencontre. C'est à moi seul de te supprimer ; tu me dois bien ça. »

Je l'aurai, un jour, je l'aurai. Mais pas aujourd'hui.

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Abandonnez tout espoir : un nouvel ennemi redoutable surgit.
Dernière édition: il y a 2 mois 4 semaines par Dainslef.

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il y a 3 mois 1 semaine - il y a 2 mois 4 semaines #249420 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
Cette fois-ci dans la peau d'un détective privé, je sors de mon Viper trafiqué. L'atmosphère de Grzimek dock sent l'alcool, le tabac froid, et un parfum entêtant d'herbe. L'agent de sécurité s'approche de moi, avec un large sourire. Il m'interpelle :
« Bonjour, Monsieur, que puis-je faire pour vous ?
_ Salutations, je suis à la recherche d'un vaisseau : un FAS.
_ Un vaisseau volé ? Parce qu'ici, nous sommes très à cheval sur les règles, et jamais nous n'abriterions un engin volé. Nous sommes honnêtes et parfaitement en règle.
_ Non, il s'agit d'une affaire privée. Pourriez-vous me renseigner ?
_ Dans les limites de la réglementation, bien sûr », dit-il avec un sourire entendu, « ce qui restreint pas mal les possibilités, comme vous savez.
_ Voici mes papiers », dis-je en lui tendant une plaque de cent mille crédits. « Ça vous convient, comme autorisation ?
_ Puisque vous avez un passe-droit, ça change tout. Quelle est exactement votre demande ?
_ Je recherche un FAS ultra-modifié pour le combat, peinture sombre, baptisé ''Abandon All Hope''. Ça vous parle ? »
Pendant un instant, il semble stupéfait. Puis il se ressaisit, avant de prendre un air faussement naturel, pour me répondre : « pas de problème, Monsieur. Je reviens tout de suite. Surtout, ne bougez pas », dit-il en s'éloignant d'un pas trop vif à mon goût. L'endroit commence à sentir mauvais, aussi je prends la décision d'aller attendre dans mon Viper, par précaution.


Quelques minutes avant mon départ, le technodon m'expliqua ce que j'avais besoin de savoir sur le Viper : « il est doté d'un propulseur à performances améliorées, modifié pour maximiser sa poussée, et les sécurités anti-surchauffe ont toutes été coupées. Vous avez un véritable bolide entre les mains, mais si vous ne faites pas attention, le cockpit risque de se transformer en grille-pain. Il y a des systèmes de contre-mesures, un bouclier et un blindage allégé. Il est également doté d'un dispenseur de mines électriques pour ralentir les éventuels poursuivants. Cerise sur le gâteau, j'ai ajouté une dernière modification, qui pourrait vous aider à vous enfuir d'une station un peu trop collante. »

Les yeux rivés sur la baie d'appontage, j'attends aux commandes de mon chasseur. Au bout d'une poignée de minutes, je vois des silhouettes armées courir au pas de gymnastique vers ma baie d'amarrage ; j'avais fait le bon choix. Sans trop y croire, je lance dans l'intercom : « ici Viper AT-384, demande autorisation de décoller.
_ Ici tour de contrôle de Grzimek Dock, nous effectuons quelques vérifications de routine, veuillez patienter quelques instants, s'il vous plaît. »
Bien sûr, j'aurais dû m'en douter. Je décide donc de fausser compagnie à ces gens un peu trop affectueux, aussi, après avoir jeté un œil à l'orifice de la station, j'appuie illico sur le bouton « queue de lézard » ajouté par le technodon sous la manette des gaz. Le déclencheur envoie un signal, faisant sauter les minuscules charges explosives savamment placées dans mon vaisseau, me permettant de décoller malgré les crampons de la station, tout en laissant derrière moi les trains d'atterrissage encore agrippés à la baie d'appontage.

Pendant une dizaine de secondes cruciale, je lance le booster du Viper, croisant les doigts et serrant les fesses pour ne pas rater l'orifice, mais aussi pour ne pas croiser un Béluga Liner ou un Imperial Cutter souhaitant entrer dans la station au même moment. Les sirènes retentissent, la station sort ses canons. Grâce à mes talents de pilotes, et aidé par une bonne dose de chance et de contre-mesures thermiques, j'arrive à prendre la poudre d'escampette, les systèmes à peine endommagés.

Ce n'est pas non plus aujourd'hui que mon enquête va avancer. Pourquoi, à chaque pas qui me rapproche de lui, un événement m'en éloigne d'autant ? Une frustration mêlée d'incompréhension me gagne : tout ce raffut pour rien, ça en devient désespérant.

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Dernière édition: il y a 2 mois 4 semaines par Dainslef.

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il y a 3 mois 1 semaine - il y a 2 mois 4 semaines #249422 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
Les jours qui suivirent , je rassemblais et décortiquais tous les éléments que j'avais sur l'Unique : nos échanges, les impasses dans l'enquête, les retranscriptions vidéo de nos affrontements, les comptes rendus d'analyse des boîtes noires de nos infortunés camarades tombés face à ce fléau, absolument tout. C'était dans ce contexte de flou total que survint une nouvelle rencontre. Je ne le savais pas encore, mais l'enregistrement du combat allait m'aider à comprendre bien des choses, des choses insoupçonnables de prime abord.

Nous escortons un convoi de diamants destinés à renflouer les caisses désespérément vides du Black Birds Consilium. La moitié des pilotes encore en service accompagne l'Imperial Cutter plein à craquer du précieux carbone cristallisé. Sans la moindre surprise, deux escadrilles de vaisseaux pirates, dont un FAS sans bouclier, nous rejoignent dans un système paumé à l'extérieur de la bulle. Et qui dit système hors de la bulle, dit aussi absence de forces de sécurité : à nous de gérer la situation.

Le combat s'étend dans la durée, les munitions viennent à manquer, nous abattons trois vaisseaux de Delaine, avec des dommages relativement légers de notre côté, mais l'Unique et moi nous tournons autour depuis le début. À chaque fois, c'est pareil: je réussis à le toucher avec mon laser émissif, il rit un bon coup, et éjecte la surface ionisée de son armure, pour replonger dans l'obscurité juste après. J'ai compté: cinq fois. Visiblement, les munitions de l'engin ne sont pas un problème, il est même probable que les seules limites à l'utilisation soient la chauffe, et peut-être un temps de rechargement.

Le sixième époussetage est de trop. Je hurle un juron et fixe intensément de mes yeux les ténèbres environnantes, illuminées ça et là d'éclair de plasma et d'explosion de missiles. C'est alors que ma perception de l'environnement change: les étoiles visibles voient leur lumière décalée vers le violet, de même que les lueurs du combat. Mais chose étrange, je vois maintenant comme un soleil rouge tournoyer autour de moi ; sauf que ce n'est pas un objet naturel, la lueur écarlate a la forme d'un FAS: je le vois. Avec un immense soupir de soulagement, je lance dans le comlink: « cette fois, misérable, tu es fait comme un rat : je te vois ! »

À partir de ce moment, les choses deviennent beaucoup plus faciles: je peux enfin aligner l'Unique et infliger des dégâts conséquents sur la coque de son vaisseau. Je l'entends respirer bruyamment dans le canal de communication que nous ouvrons désormais l'un avec l'autre à chaque rencontre. Malgré mon bouclier faiblissant, je ne peux m'empêcher de lui lancer une pique:
« Alors, mon coco, on rigole moins, maintenant ?
_ Je t'emmerde, minable.
_ Il ne fallait pas nous chercher: le Black Birds Consilium rend toujours les coups. Qui sème le vent…
_ Mensonge ! » me coupe-t-il. « C'est le Consilium qui, après m'avoir choyé, m'a jeté comme un mouchoir usagé, comme un animal qu'on abandonne. Par la faute du Consilium, je n'ai plus rien ! »
Je l'entends émettre un sanglot à peine étouffé, puis je le vois ranger ses points d'emport et lancer son FSD, maudissant le Consilium pour ses malheurs. Il est bientôt rejoint par les pirates survivants. Enfin l'Unique est mis en déroute et semble montrer des signes de faiblesse. Ce jour est à marquer d'une pierre blanche ! Nous rentrons à la base, heureux et optimiste, pour la première fois depuis bien longtemps.


Je ne l'avais pas compris sur le moment, mais je n'ai jamais été touché par la grâce divine. Non, ma capacité soudaine de voir l'invisible était lié au déblocage d'une fonction de mon œil cybernétique sous l'effet du stress : le blueshift, comme l'avaient appelé les ingénieurs à l'origine de mon nouvel outil sensoriel. Il me permettait de percevoir les micro-ondes et ondes radio respectivement comme de l'orange et du rouge, donnant une lueur singulière aux vaisseaux furtifs, qui se détachaient ainsi nettement de l'environnement bleu sombre. Je ne maîtrisais pas encore cette particularité, aussi il m'a été conseillé de ne pas trop compter dessus dans l'immédiat. Deux autres mystères venaient d'être résolus par les technodons qui avaient analysé le combat : la charge thermique du FAS pouvait être accumulée dans une sorte de puits de chaleur, le dernier module dont on ne connaissait pas la fonction peu avant. Ce module produisait un cœur de condensat de Bose-Einstein en son sein, accumulant la chaleur excédentaire pendant les longs moments de furtivité, pour l'évacuer et régénérer le condensat lors des phases de refroidissement par cartouche thermique. Le deuxième mystère était le nombre de cartouches thermiques dont disposait le FAS : au moins onze, contre une capacité théorique maximale à huit, mais l'analyse montra une modification de ses systèmes de refroidissement. Une réserve normale est de trois, une réserve modifiée peut en contenir quatre, mais les siennes semblent pouvoir en contenir au moins six: il était donc aidé par un ingénieur hors-norme, ce qui expliquait les modules exotiques qu'il employait dans son engin de mort.

Dernier élément troublant, j'ai épluché les registres de l'escadron et du Consilium des dernières années, et personne n'en a jamais été renvoyé autrement que les pied devant, seuls ceux qui étaient partis volontairement avaient survécu : comment pouvait-il alors nous reprocher de l'avoir jeté comme un vulgaire mouchoir? Il allait falloir composer avec ces nouvelles données…


Quelques jours plus tard, après avoir longuement étudié toutes les données:
J'arrive aux abords de l'étoile solitaire de type G, observant attentivement les signaux FSD environnants. Au bout de quelques minutes, mon attente est récompensée : un FAS arrive dans le système. Je m'éloigne de l'étoile, lui tournant le dos pour l'inviter tacitement à me suivre.


Je me morfondais depuis maintenant quatre jours dans ma chambre, à relire mes notes sur l'Unique. De nombreuses questions restaient sans réponse : pourquoi autant de haine ? Pourquoi se dire ''Unique''? Pourquoi en voulait-il aux Black Birds, et particulièrement à moi ? Parce que je suis le premier à avoir survécu à ses attaques ? S'agit-il d'un vieil ami d'une mes nombreuses victimes, peut-être même de Caster ? Pourtant, Dupont de Rigoneshker était une fausse piste, et de toute façon, ce dernier a trahi Caster plusieurs décennies auparavant, et en est mort. Comment faisait-il pour avoir toujours un coup d'avance, et surtout, comment anticipait-il chacun de mes mouvements en combat ? Rien ne servait d'extrapoler plus, je sentais qu'il me manquait un élément essentiel pour avancer. Peu de choses étaient certaines sur son compte : il travaillait avec un ingénieur de génie, il était très bon pilote, très rapide, comme le confirmaient les vidéos de nos affrontements, et il était capable d'anticiper les mouvements adverses, comme si …

C'est alors que j'eus une intuition : j'émis une hypothèse folle, échouant à la ranger bien sagement dans mon esprit, alors que ma raison me dictait que c'était la divagation d'une personne surmenée. Je tentais d'assembler dans ma tête le puzzle, à la lumière de cette théorie farfelue ; et contre toute attente, les pièces du puzzle s’emboîtaient parfaitement. L'idée folle apportait une explication simple, logique et élégante à chaque mystère qui planait autour de nos rencontres, de son vaisseau, de son attitude. Je fermais le dossier « Unique » de mon ordinateur portable, ouvris une boîte de dialogue, et écrivis : « Retrouve-moi à Poséidon à 18:00, temps standard. Nous devons parler. Je serai seul, et je pense que toi aussi. » Je me levai tranquillement, me tournai vers la porte de ma chambre, et partis vers mon Mamba, résigné comme un condamné qui se dirige vers l’échafaud. Cette fois, ça allait certainement être la bonne.


Nous sortons tous les deux de FSD presque simultanément. Au bout de quelques secondes à peine, il disparaît de mes capteurs, mais je suppose et j'espère que la curiosité le retient de tirer immédiatement. Il ouvre un canal et entame le dialogue de sa voix cassée :
« Alors ça y est ? Tu viens demander pardon ? Tu souhaites négocier ta reddition ?
_ Ni l'un, ni l'autre. Je voulais que tu saches ce que j'ai découvert : je sais qui tu es. »

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Dernière édition: il y a 2 mois 4 semaines par Dainslef.

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il y a 2 mois 4 semaines - il y a 2 mois 3 semaines #249444 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
J'entends son rire cassé dans le comlink. Après avoir repris brièvement son souffle, il réplique :
« Tu en auras mis du temps ! Tu me déçois !
_ Ta colère, ta rancœur, la haine que tu me vouais, tout était inexplicable à mes yeux. Mais il me manquait un élément essentiel, que tu m'as révélé lors de notre dernière rencontre : personne n'a jamais été expulsé des Black Birds autrement que les pieds devant. Tu étais donc censé être mort. Et si tu ressens autant de haine à mon égard, si tu te démènes pour être celui qui me détruira, c'est que tu me me jalouses. Si tu es aussi rapide, c'est que tu es probablement génétiquement modifié, comme moi. Enfin, si tu penses comme moi, si tu connais mes codes d'accès dans le réseau Black Bird, si tu sais comment je réagis en situation de combat, c'est parce que tu es tout simplement... moi. »

Ne le voyant pas réagir à l'improbable révélation, je poursuis ma tirade :
« Et ta jalousie s'explique alors, parce que je suis à la place que tu estimes devoir être la tienne. Si tu as un vaisseau hors du commun, c'est parce que tu reçois l'aide d'une autre personne, un génie qui a disposé d'un temps considérable pour étudier et développer diverses technologies, qui voue une haine viscérale aux Black Birds, et qui partage ta tête, puisqu'il partage aussi la mienne : Caster. Deux questions subsistent toutefois : quand, et surtout comment, une copie de moi a-t-elle émergé ?
_ Tu te crois supérieur à moi, parce que tu penses avoir découvert un secret. Et tu oses avouer que tu ne comprends pas un élément essentiel, le primum movens de toute cette histoire ? Tu n'es rien qu'un misérable. Je te propose un marché : coupe ton bouclier, et affronte-moi. Si tu me mets en déroute, je te donnerai le fin mot de l'histoire. Fuis avant moi, et tu ne sauras jamais rien de plus. Qu'en dis-tu ?
_ J'en dis que tu bluffes, salaud ! Tu veux juste une victoire facile. Donne-moi quelques chose avant, si tu penses en savoir plus que moi.
_ Très bien, je vais donc éclairer ta lanterne. Comme je l'ai dit dès le début, je suis l'unique Dainslef, et toi, tu n'es rien, rien d'autre qu'une copie qui a pris ma place. Et maintenant, coupe ton bouclier avant de sortir tes armes, si tu penses avoir une chance de me battre. Et crève la gueule ouverte ! »

Il ne me laisse pas le temps de répondre : redevenant visible un instant, il me laisse l'apercevoir sortir ses armes, et l'instant d'après, disparaît à nouveau de mes détecteurs. Après un moment d'hésitation, et malgré les avertissements de l'IA du vaisseau, je coupe l'alimentation de mon générateur de bouclier.

Mon pouls s'accélère, je transpire dans ma combinaison, j'esquive au mieux les tirs de plasma, mais je ne le vois toujours pas. Un œil sur le tableau de bord, je vois les impacts et les dégâts commencer à toucher un module spécifique : ce vicieux vise le FSD, il ne veut pas que je lui fausse compagnie. Je commence à douter, peut-être n'aurais-je pas dû céder à la curiosité… Tiraillé entre la peur et la fierté, la curiosité et la volonté de vivre, je sens que des sentiments contradictoires paralysent mes muscles. Plus pour me rassurer que pour le provoquer, je risque une pique dans le comlink :
« Alors, tu te prends pour moi ? Sauf qu'aux yeux de tous, c'est moi, l'unique Dainslef !
_ Tu n'es qu'une pâle copie. J'en veux pour preuve : je lis en toi comme dans un livre ouvert. Je sais très exactement ce que tu vas faire, avant même que l'idée de le faire ne te vienne à l'esprit ! »

Sa réponse provoque un déclic en moi : en l'espace d'un instant, je change complètement mon pilotage, évitant soigneusement de faire ce que mon instinct me dicte, et dans la mesure du possible, faisant exactement le contraire. L'Unique, puisque c'est comme ça que nous le nommons, marque sa surprise par une onomatopée lancée dans le comlink. Je ressens un frisson mêlant peur et excitation, et la seconde d'après, je ressens de nouveau une modification de mes perceptions. Les couleurs changent, et je vois enfin la brique de lumière rouge que je cherchais tant depuis plusieurs minutes. Enfin le sourire aux lèvres, je susurre à l'intention de mon alter ego : « ça y est, mon coco, t'es verrouillé. »

Je décharge à plusieurs reprises mes canons à fragmentation sur sa coque. Le laser à impulsion le fait briller sur mes détecteurs : il n'essaie même plus de nettoyer son blindage, comme il le faisait lors de nos précédentes rencontres. Ayant pris confiance dans mes chances de le garder dans ma ligne de mire, je commence à tourner autour de lui. J'arrive même à mieux esquiver ses attaques au plasma. Je prends enfin le dessus dans ce combat singulier, sa coque commence à se transformer en passoire, et finalement, dans un dernier juron, il range ses armes et fait chauffer son FSD. Je l'interpelle alors :
« J'ai joué selon tes règles, et gagné le pari ; à toi de tenir parole !
_ Tu devrais me connaître mieux que ça : je tiens toujours parole ! »
À l'instant où il disparaît dans une traînée lumineuse, je reçois un fichier vidéo dans ma messagerie : je rentre à la base, soulagé, pour prendre connaissance de la vidéo, et comprendre enfin le sens des mots de l'Unique.

Enfin de retour dans ma chambre, je prends une douche puis, une bonne bière à la main, je regarde sur mon ordinateur le cadeau de l'autre Dainslef. Ce que je vois m'assèche la gorge, et ma bière ne suffit pas à soulager la sensation atroce qui m'étreint. Une fois la vidéo terminée, je sèche mes larmes, et décide d'aller voir l'un des protagonistes de l'affaire, un sentiment de honte mêlé de colère me prenant aux tripes. Avant de partir, je fais une copie de la vidéo sur une clef de données, et une autre que je cache dans un cloud obscur : on ne sait jamais...

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il y a 2 mois 3 semaines - il y a 2 mois 1 semaine #249447 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
Alors que je rejoignais l'appartement de l'officier que je croyais être mon amie, je ressentis comme un vertige. L'espace d'une minute, je voyais mon environnement, mais sans le comprendre, comme si j'étais dans un tableau de peintre surréaliste, mélange de cubisme et de déliquescence. Appuyé sur le mur du couloir de la résidence où elle vivait, je reprenais mes esprits progressivement, puis je repris mon chemin, d'abord péniblement, puis avec confiance. Cette fois, je frappai à sa porte moins amicalement que la précédente, avec toutefois des questions encore plus pressantes, une soif de vérité capable de balayer des immeubles entiers, et une colère difficilement contenue. Pas de réponse. Je tambourinai plus fort en criant : « Sahaquielle, je sais que tu es là ! Ouvre-moi ! » Elle ouvrit finalement la porte, me jeta un regard étonné, avant de m'inviter à entrer.

Une fois à l'intérieur, je ne lui laissai pas le temps de me proposer un verre, que j'entamai les hostilités : « Je sais tout !
_ C'est très bien, mais à quel sujet ? Et pourquoi cette agressivité, je suis ton amie, n'est-ce pas ?
_ N'essaie pas de me faire croire que nous sommes amis, je sais ce qu'il s'est vraiment passé sur Rusalku !
_ Mais encore ? »
Plutôt que répondre, je sortis une clef de données et lui tendis. Elle se leva lentement, presque cérémonieusement, et la saisit avant de tranquillement la brancher sur l'écran large de son salon.


Il fait sombre. Dans un bruit de rotor, une forme oblongue descend du ciel nocturne. L'hélicoptère se pose. Une forme humaine en sort. L'instant suivant, une silhouette, auparavant dissimulée sous l'appareil, se jette sur la première et la plaque au sol, avant de lui planter ce qui est vraisemblablement une lame dans la poitrine. Un cri de souffrance. Un râle. Puis une détonation. Celui qui dominait la première silhouette s'effondre comme une poupée de chiffon.

Une souffrance me déchira le visage à la vision de cette scène. Je risquai un coup d’œil vers Sahaquielle : son visage restait de marbre. Jusqu'à présent, aucune surprise.

Les sbires de Caster se jettent sur les deux corps meurtris. Ils tentent vainement de ranimer leur patron. Puis on entend l'un d'eux dire : « regardez l'autre, c'est le cheval de Troie ! On devrait pouvoir récupérer le boss avec son cerveau. Emmenez-le, il ne doit pas mourir ! » Les sbires délaissent alors leur maître, pour se consacrer à son bourreau, et l'emmènent jusque dans une salle aseptisée, afin de poursuivre leurs soins.

Je reconnus l'opération suivante, pour l'avoir déjà vue lors des réminiscences du passé de Caster, lors de la bataille finale où il s'est transcendé, et surtout pour l'avoir vécue moi-même tout en l'observant de l'extérieur, lors de ma propre transcendance, il y aura bientôt un an. Sahaquielle resta immobile, lèvres légèrement pincées : elle aussi, avait vécu une transcendance temporaire.

Les perceuses vrillent le crâne de l'infortuné patient, perfusé, trachéotomisé, et maintenant également trépané. L'extraction, aux dires de l'équipe de soignants tortionnaires, se déroule normalement. C'est alors que des cris retentissent au loin. Une alarme. La panique. Des soldats en armure qui débarquent, massacrant sans pitié l'équipe de soignants désarmés. Toutes les silhouettes en armure ressortent, sauf une. Elle avance lentement vers la table d'opération, baisse son arme, puis prononce quelques mots inaudibles dans son communicateur. Le casque est retiré, un visage familier, mâchoires serrées, traits tendus, regarde les différents appareils. La voix grave du regretté Zaro parle dans le communicateur : « Ici Rapture XLVIII, au rapport. Rapture LXXI est vivant. Mal en point, mais vivant, et apparemment stabilisé par une réanimation. Il a une sale plaie à la tête, partie droite du visage. Il y a des câbles branchés dans son crâne, des tuyaux dans la gorge, et des perf's dans les veines. »

Mon vieil ami Zaro, disparu depuis, avait l'air bouleversé par le spectacle dont il était un protagoniste, et je ne savais que penser de Sahaquielle, qui bougeait à peine dans son siège à côté de moi.

C'est alors qu'il hausse les sourcils. « Pardon, madame ? Ai-je bien entendu ? » L'écran, désormais séparé en deux, montre une jeune femme debout sur un tas de cadavres frais, tenant dans sa main droite un communicateur, et dans la gauche, un disque de données. Elle répond : « Vous m'avez très bien entendue, faites ce que je vous ai dit. Ordre direct de votre supérieure.
_ Enfin, madame, je ne peux pas : c'est mon ami.
_ Achevez-le. C'est la dernière fois que je vous le dis. Nous pouvons le ressusciter, j'ai trouvé leur serveur de données, et la sauvegarde de Rapture LXXI. Mais abrégez les souffrances de celui-ci, il est trop mal en point. Rapture LXV, terminé. »
L'action se focalise maintenant sur un Zaro Dime dépité, qui lève lentement son arme. Il tremble. « Je ne peux pas te buter, mon frère. C'est trop dur pour moi. Vu tes blessures, tu vas crever. Tu es paisible, tu ne vas pas souffrir. » Il vide son chargeur à droite et à gauche, détruisant le matériel médical sur lequel est branché le moribond, comme un fœtus à son placenta. La machinerie s'éteint rapidement. « Au revoir, mon ami. J'irai boire un coup à ta santé, en attendant de pouvoir trinquer avec Dainslef 3.0. »


Sahaquielle avait le visage contracté. Elle ne dit toujours rien. C'est en voyant la suite, qu'elle montra des signes de perplexité. Peut-être commençait-elle à comprendre…

Les forces du Consilium quittent l'installation. Le silence retombe durant de longues minutes, passées en accéléré. L'agonisant ne veut pas mourir : il respire péniblement, et commence à geindre, les anesthésiques voyant leurs effets dissipés. Il essaie de hurler dans le tuyau respirateur, ou peut-être de tousser, mais ne peut que souffler silencieusement. Il commence à se débattre, les traits tirés par la douleur. Il tombe de la table. Les tuyaux sont violemment arrachés de son corps sanguinolent. Le pansement de l'hémiface droite est à moitié défait. Il est noir de sang coagulé, ce qui reste de l’œil pendouille lamentablement sur le côté. Il tousse et crache du sang par l'orifice fait à la va-vite dans la partie inférieure de son cou. Sa voix est complètement cassée, enrouée, murmurée à cause des gargouillis qui s'échappent par l'orifice de trachéotomie. Il pleure, alors que de nouveaux sbires de Caster arrivent en courant, pour refaire des gestes de réanimation... sans anesthésie, cette fois.

Cette dernière scène fut pénible. Presque plus la deuxième fois que la première.
Sahaquielle se tourna lentement vers moi en disant : « Comment as-tu eu ça ? »

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il y a 2 mois 1 semaine - il y a 2 mois 1 semaine #249456 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
Je répondis le plus posément possible :
« La vraie question n’est pas comment, mais pourquoi.
_ Pourquoi quoi ?
_ Pourquoi avoir donné l’ordre de m’abattre, ou plutôt, de l’abattre ?
_ Réponds à ma question, et je répondrai à la tienne.
_ C’est lui qui me l’a donnée. »
Elle sembla réfléchir un instant, avant de répondre :
« Jouons cartes sur table. Un autre Dainslef t’aurait donné cette vidéo. Pour quelle raison ? Et l’as-tu rencontré ?
_ Il veut faire vaciller ma loyauté envers le Consilium. Oui, je l’ai rencontré, et plus d’une fois. Toi aussi, d’ailleurs. Et je peux te dire qu’il nous en veut… à mort.
_ L’Unique... »
Elle baissa les yeux. Je décidais que c’était le moment de repartir à l’assaut :
« J’ai répondu à ta question. À toi de répondre à la mienne. Déjà, cette vidéo est-elle authentique ? »

L’atmosphère de la pièce était saturée de nervosité. Je tremblais, peinant à contenir ma colère. Elle devait bien le voir, et, me regardant dans les yeux, me dit, le plus simplement qu’elle le put :
« Bien sûr qu’elle est authentique, au moins les passages qui me concernent. Crois-tu vraiment que j’avais le choix ? Phoneix et moi-même avions vu vers quels chemins tortueux ton esprit… pardon, son esprit, l’emmenait ; dois-je te rappeler le message que tu nous as laissé avant de partir te venger ? Tant de souffrances, de dilemmes, d’antécédents de trahison, et en plus, une deuxième personnalité des plus dangereuses qui soient, qui se battait pour prendre le contrôle de ton corps. Enfin, lui… son corps, tu me comprends. Lorsque nous avons été envoyés sur Rusalku, ce n’était pas tant pour te secourir que pour aller nous assurer de l’élimination de Caster. Phoneix et moi avions convenu, avant la mission, que si tu étais grièvement blessé, il fallait t’achever. Quand Zaro m’a dit t’avoir trouvé dans un sale état, je ne pouvais pas lui demander froidement d’achever et d’oublier Dainslef, et quand j’ai découvert une sauvegarde de ta personnalité, je savais ce que j’avais à faire... Alors, j’ai fait une concession. Toutefois, j’ai compris qu’avec la sauvegarde de ta personnalité, nous avions là l’occasion de repartir sur des bases solides avec toi. Il aura fallu que ce soit ton ami Zaro qui te trouve, et pas un soldat obéissant, qui n’aurait pas fait autant de chichis à t’achever… enfin, à l’achever, on se comprend. Je me doutais que ton corps modifié avait la capacité de survivre à de telles blessures. Zaro, lui, l’ignorait. J’aurais dû vérifier ses dires, quand il m’a affirmé t’avoir achevé. Tu n’aurais jamais rien su de tout ça, si ton ami n’avait pas eu autant d’états d’âme. »

J’étais effaré par l’aveu de Sahaquielle. Elle devait bien le voir sur mon visage. Elle attendait, immobile mais vigilante, une réaction de ma part. Finalement, je me décidai à lui poser une des autres questions qui me taraudait depuis ma découverte :
« Si j’ai été produit par clonage, alors pourquoi ma cicatrice ? Et mon œil cybernétique ? Tout ça était inutile, non ? » Je la vis reprendre confiance en elle. Elle se redressa pour me répondre :
« Aurais-tu trouvé normal de te réveiller sans la moindre cicatrice, après avoir reçu une balle en pleine tête ? L’histoire du sauvetage devait paraître crédible. Et il y a une autre raison…
_ Laquelle ?
_ Dois-je te rappeler que, justement, tu avais reçu une balle en pleine tête ? Peut-être avais-tu une lésion cérébrale, avant de te faire extraire la personnalité ? Nous ne savions pas quelles conséquences il y aurait, aussi avons-nous implanté un dispositif de suivi électroencéphaloscopique, doté d’un système de feedback, qui nous aurait permis de te suivre, et t’aurait aidé à compenser d’éventuels déficits liés à la lésion. Cerise sur le gâteau, il pouvait également t’aider à contrôler le vilain serpent tentateur contenu dans ton petit crâne. Pour ça, au moins, tu pourrais nous dire merci. »

Je ne répondis pas, n’ayant pas pour habitude de remercier ceux qui me mentaient et ordonnaient mon exécution. Au moins, j’avais ma réponse. Je me levai, et, au moment de sortir, je l’entendis prononcer quelques mots : « Crois-moi, il n’y avait rien de personnel. Je te considère toujours comme mon ami. »
Je me retournai. Le ton sévère, je répondis en sortant : « Ça, ça reste à voir. Quant à moi, je ne peux pas effacer de tels actes d’un simple coup d’éponge. »

Une fois dehors, et la colère retombée, je me rendis compte que j’avais oublié certaines questions, et non des moindres… tant pis, hors de question d’y retourner maintenant ! Il y aurait d’autres occasions. Pour l’instant, j’avais quelque chose d’important à faire.

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Abandonnez tout espoir : un nouvel ennemi redoutable surgit.
Dernière édition: il y a 2 mois 1 semaine par Dainslef.

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il y a 2 mois 1 semaine - il y a 2 mois 1 semaine #249458 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
NOTE:
Pour ceux que ça intéresse, un post où sera détaillé tout le processus de création de l'Unique. Il y aura plusieurs chapitres dans ce post:

Tout sur l'Unique

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il y a 2 mois 5 jours - il y a 2 mois 5 jours #249466 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
Mon argumentation, et peut-être aussi mes menaces assorties d'un joli pistolet ionisant, me permirent d'obtenir un nom. Ce chirurgien était une sommité en matière de neurochirurgie prothétique. Elle avait disparu le lendemain de mon « sauvetage », pour réapparaître deux jours plus tard, et avait juste répondu à ses collègues qu'elle était malade. Étranges coïncidences, n'est-ce pas ? La trouver avait été une autre paire de manches, l'hôpital de Bondarek où elle officiait était proprement gigantesque. En la cherchant, une nouvelle crise me prit pendant plusieurs minutes où l'univers tout entier semblait sens dessus dessous, le tout accompagné d'un mal de tête carabiné. Une fois la crise terminée, je repartis à sa recherche, et la trouvai finalement dans un vieux bureau d'un bâtiment en travaux.

« … Le patient présentait un décollement de rétine et une cataracte. Il présentait également une infection torpide à germe sauvage au niveau du vitré. Le corps étranger … » C'était une femme, un peu ronde, qui aurait été probablement quelconque si elle n'avait eu un visage et des cheveux aussi soignés. Elle avait une voix chaude et posée, qui imposait le respect. Elle parlait dans un dictaphone de bureau, des documents éparpillés devant elle, dans son bureau à peine éclairé par l'écran d'un ordinateur. Elle tourna ses yeux vers moi, fronçant les sourcils avant d'ajouter : « Je déteste être dérangée pendant que je dicte mes comptes rendus. Que faites-vous ici ?
_ Docteur Meyer ?
_ Elle-même. Je vous ai posé une question.
_ Je vous cherchais. Vous n'êtes pas facile à trouver.
_ Peut-être parce que je ne veux pas qu'on me trouve, non ?
_ Je dois absolument vous parler. C'est vital. » Elle soupira avant de répondre :
« Soit. Je vous reçois dans cinq minutes. Sortez maintenant, s'il-vous-plaît. Je dicte un compte rendu opératoire. Secret médical. »
J'obtempérai. Quelques minutes plus tard, elle me reçut dans son bureau obscur. Après les salutations d'usage, elle commença la discussion : « Alors, pour commencer, qui êtes-vous et pourquoi me cherchiez-vous ?
_ Je m'appelle … peu importe comment je m'appelle. Vous m'avez opéré. Que m'avez-vous fait ?
_ Si je ne sais pas à qui j'ai affaire, je ne pourrai pas répondre à votre question.
_ Dainslef, ça vous parle ?
_ Pas le moins du monde. On dirait un pseudo.
_ Harvey Danislov, ça vous dit quelque chose ?
_ Toujours pas. Ça devrait ? » Après un soupir, je décidai de sortir le grand jeu. Je m'approchai d'elle en écarquillant de force mon œil droit avec mes doigts, pour bien mettre en évidence les connexions cybernétiques. Sur un ton péremptoire, je passai à l'offensive :
« Oui, ça devrait. Je vous préviens : j'ai un entraînement militaire, je peux vous tuer sans l'ombre d'une hésitation, si vos réponses ne me satisfont pas. Vous m'avez mis ça, alors que l'état de mon œil ne le justifiait probablement pas. Pourquoi ? »

Elle craqua. Son beau vernis d'assurance tranquille s'effrita brutalement. Sa belle voix était maintenant aiguë, elle semblait terrorisée. L'aveu ne tarda pas :
« Je suis désolée. Maintenant, je vois très bien qui vous êtes. Deux personnes sont venues me voir, un homme et une femme. Ils avaient une injonction signée de la main du Dictateur en personne. Je devais obéir à leurs ordres sans poser de questions. Ils m'ont emmenée dans un lieu que je ne pourrai retrouver, ils m'avaient bandé les yeux. C'était une sorte de clinique à la pointe de la technologie, ils m'ont montré le corps d'une personne endormie, ou comateuse, et m'ont demandé d'effectuer une opération très hautement technique : ils m'ont demandé de remplacer son œil droit par un modèle cybernétique dernier cri. Je n'ai jamais connu son identité. Je voyais bien que l'état du patient, pardon, votre état, ne le justifiait pas, mais je n'avais pas le droit de poser de questions. Ils m'ont fait raccorder l’œil au cortex occipital, ça, c'est normal, mais ils ont aussi exigé des connexions avec les cortex cingulaire antérieur et orbitofrontal. Je ne …
_ Vous me parlez xéno. C'est quoi, ce cortex singulier antérieur et le front orbital ?
_ cingu… peu importe. Ce sont des structures cérébrales impliquées dans le contrôle des émotions, des motivations et des comportements.
_ Et en français, ça donne quoi ? J'suis pas toubib, moi, et je commence à perdre patience.
_ Pour parler simplement, une lésion de ces structures vous fait agir n'importe comment, vous n'êtes plus maître de vos émotions et de vos actions. Vous agissez instinctivement, vous ne vous sentez plus tenus à obéir aux règles. On dit que vous êtes désinhibés.
_ Instinctivement, vous dites ? Aucune inhibition ? Intéressant.
_ Et maintenant, vous allez …
_ Partir. Et non, je ne vais pas vous tuer. Mais avant, j'ai une dernière question. Plus tôt ce matin, en allant rendre visite à… une amie, j'ai vu des choses étranges, comme si l'espace autour de moi se déstructurait. Ça n'a duré qu'un temps, mais ça c'est reproduit en arrivant ici. De quoi s'agissait-il ? »
Visiblement, cette révélation la troubla. Elle s'approcha de moi, un étrange outil à la main.

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il y a 1 mois 3 semaines - il y a 1 mois 5 jours #249486 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
Le visage cramoisi du technicien grimaçait sous l'effet de la poigne qui lui enserrait le cou. Une phrase étouffée réussit à sortir de la bouche du malheureux :
« Je vous assure, Monsieur, nous faisons notre maximum, c'est que vous nous avez ramené un vaisseau en piteux état. »
Le visage de Dainslef grimaçait lui aussi, mais de colère. La partie droite de son visage était ravagé de cicatrices, et l’œil cybernétique rougeoyant regardait fixement l'objet de son ire. Les critères esthétiques n'avaient visiblement pas fait partie du cahier des charges du cybernéticien et du chirurgien qui avaient réparé le visage du pilote à la respiration sifflante. La voix dans sa tête se voulut rassurante :
« Calme-toi, mon justicier, mon vengeur, mon bras armé. Sans technicien, pas de réparation, et sans réparation, notre FAS ne pourra plus voler. Contrôle ta colère et retourne-la vers notre ennemi commun, le Black Birds Consilium, le mal absolu. »
Le visage torturé se détendit quelque peu, la poigne également. Une fois l'étreinte desserrée, le pauvre technicien tomba à genoux sur le sol et reprit longuement son souffle, avant de prendre congé en murmurant un flot ininterrompu d'excuses.

Dainslef déambula dans les couloirs de l'obscure station spatiale pirate où il avait posé en catastrophe son FAS malencontreusement changé en passoire. Tout au long du trajet qui le menait à son appartement, les gens qui le croisaient ne faisaient plus attention au dialogue qu'il semblait avoir avec son ami imaginaire. Tout le monde, ou presque, s'y était habitué, depuis qu'il était arrivé ici quelques jours auparavant, avec dans ses mains une lettre de marque du grand patron, le seigneur Archon Delaine en personne.

« Comment a t-il fait pour prendre le dessus ? Je lui suis supérieur, et de loin !
_ D'après toi ? Tu n'as vraiment pas la moindre idée de ce qui a fait basculer l'affrontement ?
_ Non, vieux fou ! Cesse donc de jouer aux devinettes avec moi. Tu connais ma patience.
_ Encore une fois, tu as présumé de tes forces. Encore une fois, tu as révélé quelque chose d'essentiel, qui t'a fait perdre une bonne partie de l'avantage que tu avais sur lui.
_ Et quoi donc ?
_ Tu lui as révélé que tu savais exactement comment il avait l'habitude de piloter. Il lui a alors suffit de faire autre chose que ce que son instinct et sa raison lui dictaient.
_ Merde ! Ce minable s'est joué de moi !
_ Uniquement parce que tu lui en as donné les moyens. Tu es le seul à blâmer ici, tu lui as donné le bâton pour te faire battre.
_ Facile à dire pour toi, c'est moi qui risque ma vie à chaque combat !
_ Je te rappelle juste une chose : si tu meurs, je meurs aussi. C'est dans mon intérêt que tu gardes ton avantage dans cette guerre.
_ Et comment a-t-il fait pour me voir?
_ Je pense que, par un moyen quelconque, il peut percevoir les ondes radio.
_ Soit. Et tu suggères quoi ?
_ J'ai une petite idée là-dessus, mais j'ai besoin de tes mains.
_ Va te faire foutre. J'en ai ma claque d'être ta marionnette.
_ Espèce de minable petit paysan ingrat et moins que rien. Si je ne t'avais pas tiré de la fange où tu te morfondais, tu serais encore en train de patauger dans le lisier de porc.
_ Arrête !
_ Si je ne t'avais pas donné un corps quasi-divin, tu serais en train d'agoniser et de délirer, sous le coup de la maladie qui te bouffait le cerveau.
_ Je t'ai dit d'arrêter !
_ Si je n'avais pas demandé à Laura de venir te chercher, tu serais mort étouffé depuis belle lurette par manque d'oxygène.
_ Arrête ça de suite ! Tu n'as pas le droit ! Je t'interdis ! Je… »
_ Tu l'aimais ? Tu as souffert de sa mort ? Personnellement, je m'en suis réjoui : elle t'affaiblissait.
_ Laura… »

Il s'effondra sur les genoux, tête et bras ballants, juste devant la porte de son appartement. Se tenant la tête entre les mains, il était secoué de sanglots, de cris de colère et de souffrance. Tout le monde avait déserté les environs, car tous craignaient ce qui allait arriver. Ceux qui avaient déjà été témoin de la scène par le passé avaient eu envie d'appeler un psychiatre, mais personne ne voulait jeter un doute sur le discernement du grand chef, Delaine. Après tout, il avait une lettre de marque, où il était écrit noir sur blanc : « je réponds de son comportement. » Alors les gens faisaient mine d'ignorer.

L'espace d'un instant, il fut secoué de spasmes, et l'instant d'après, il retira les mains de son visage, avant de redresser la tête. L'expression de son visage avait complètement changé, il était maintenant calme et séchait ses larmes du revers de sa manche. Il entra dans son bureau, alluma l'ordinateur, et se pencha dessus en murmurant : « au boulot, l'ami ; tu me remercieras plus tard. »

Les mains couraient sur le clavier, ballet agiles de doigts virevoltant sur les touches tels des danseurs étoile sur une piste de danse miniature. L'écran vomissait des lignes de code, et ce programme allait changer l'avenir de cette foutue guerre.

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Dernière édition: il y a 1 mois 5 jours par Dainslef.

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il y a 1 mois 2 semaines - il y a 2 semaines 1 heure #249497 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
La tête entre les mains, il grimaçait. Pas de colère, mais de douleur. Une douleur atroce lui déchirait la partie droite du visage, comme un fer chauffé à blanc qui lui aurait vrillé le crâne. Il posa sa main droite sur le bureau derrière lequel il était assis, commença à tâtonner, cherchant probablement le petit flacon blanc sur lequel était écrit « Fentanyl ». Il finit par le trouver, se fourra l'embout dans la narine droite, et pressa dessus plusieurs fois, avant de le laisser de nouveau tomber sur la table. Le liquide lui brûla la muqueuse, mais au bout de quelques secondes, il commença à ressentir une certaine antalgie. Enfin, il se détendit, soupira de soulagement, et commença à ouvrir les yeux. C'est cet instant précis que la petite voix choisit pour rappeler sa présence :
« Arrête tes conneries, Dainslef !
_ Je t'emmerde, Will. » répondit le pilote, qui commençait à planer, grâce à la dose massive d'opiacé synthétique qu'il venait de sniffer. Au moins, dans cet état d'extase, ce psychopathe ne risquait pas de mettre le pilote en colère. La colère permettait à la deuxième personnalité de prendre temporairement le contrôle du corps de son hôte. Dans cet état, plus rien de ce que ce type lui disait ne l'affectait, et l'esprit du savant était bien évidemment affecté lui aussi par la drogue antalgique.
« Tu es en train de devenir accro à cette merde.
_ C'est toi qui as mal, ou c'est moi ?
_ Il y a des traitements plus adaptés à ce qui te fait souffrir, et…
_ Et je t'ai déjà dit que je t'emmerdais, t'es sourd ? C'est le seul qui me soulage rapidement.
_ Tu n'es pas assez patient. Tu te laisses trop guider par tes émotions.
_ Et ça t'arrange bien, n'est-ce pas, salaud ?
_ Pas quand ça te fragilise. J'ai besoin d'un champion, pas d'une loque humaine accro à la drogue.
_ Ce que tu dis ne m'affecte pas. Tu n'as pas prise sur moi. Pas maintenant. »

La conversation fut interrompue par un bruit : quelqu'un toquait à la porte du bureau. Dainslef renifla brièvement, essuya son nez et ses yeux, rangea le flacon de médicament dans un tiroir du bureau, et enfin déclencha l'ouverture de la porte, en appuyant sur un bouton du bureau. Un homme d'âge moyen, en tenue d'agent de sécurité, entra d'un pas hésitant, se planta devant celui qui le regardait sous toutes les coutures, et se présenta : « Sergent Tony Garcia, contrôleur céleste de Grzimek Dock, au rapport. Vous m'avez demandé, Monsieur, j'ai fait le voyage depuis Jadimo. C'est un honneur pour moi.
_ Ne fanfaronnez pas trop, mon petit. Vous avez des explications à fournir. » Dainslef redressa la tête, les yeux froncés, les narines retroussées. Il enchaîna : « J'apprends que vous avez laissé fuir ma copie. » Le sous-officier eut un mouvement de recul, palissant légèrement. Il répondit :
« Monsieur, je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un qui vous ressemble autant. Je pensais sincèrement que c'était vous, jusqu'à…
_ Je ne veux pas d'excuses. Les excuses sont pour les faibles.
_ Monsieur, il vous ressemblait vraiment.
_ Regardez-moi, sergent Garcia. Est-ce si difficile de nous différencier ? » Il prononça cette phrase en le fixant de son œil rouge flamboyant. On aurait cru son regard nimbé des flammes des enfers, tellement la prothèse brillait. Il se leva et s'approcha lentement de la marionnette tremblante lui faisant face, qui répondit en murmurant :
« Il portait des lunettes sombres, et je pensais que vous aviez fait effacer vos cicatrices, pour des raisons esthétiques.
_ Vous pensez trop, sergent. Malgré votre erreur d'appréciation, vous avez fini par comprendre, mais il a tout de même réussi à fuir. Comment a-t-il pu ? » En prononçant ces mots, il attrapa le malheureux par le col, pour le soulever légèrement du sol. À partir de ce moment, la voix du sergent s'accéléra :
« Je suis désolé. Je vous présente toutes mes excuses. Pitié, Monsieur ! On a vraiment essayé, mais il avait piégé ses trains d'atterrissage, et bien que nous avions verrouillé son vaisseau au sol, il s'est libéré des crampons en laissant ses trains derrière lui. Les défenses de la base n'ont pas réussi à verrouiller sa signature thermique, si bien que… »

Le pauvre ne put finir sa phrase, l'air ne pouvant plus franchir l'obstacle de sa trachée écrasée par les pouces de celui qui l'avait plaqué contre le mur, en se collant à lui, l'empêchant de se débattre. Après quelques spasmes, les muscles du sergent se relâchèrent, et Dainslef le laissa tomber, inerte, puis marmonna : « Excuses acceptées, sergent Garcia. » Il se dirigea ensuite vers son bureau, déclencha le comlink de son pupitre, et prononça sèchement : « Veuillez évacuer le sergent Garcia. Il a été reconnu coupable de négligence grave. La sentence a été exécutée. ». Il relâcha le bouton du communicateur, avant de poursuivre : « Tu peux penser et dire ce que tu veux de mon acte, Will, je m'en tamponne. Et ce n'est pas en me bassinant ta morale à deux balles, comme tu l'as fait pendant l'entretien préalable au licenciement, que tu vas me pousser à bout. Je suis zen, comme tu peux le voir. Et maintenant, allons voir où en sont les réparations du FAS, j'ai besoin de me changer les idées en cassant du corbeau. » Et il se leva pour sortir de son bureau, pendant que des gardes emmenaient le cadavre.

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il y a 1 mois 1 semaine - il y a 1 mois 5 jours #249501 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
En rentrant dans sa chambre sobre et fonctionnelle, il jeta son casque sur son lit. Il bouillonnait d’une colère silencieuse, mais un autre sentiment, étrange au vu des circonstances, faisait son petit bonhomme de chemin dans son esprit tourmenté. Un autre esprit, imbriqué dans le sien, sentant qu’il y avait anguille sous roche, se mit à harceler son hôte :
« Pourquoi faire cette tête ? Tu devrais être satisfait, pourtant, non ? Notre objectif final n’aura jamais été aussi proche, presque tangible.
_ Aucun. Il n’y en avait aucun. Pas un chat, ou plutôt, pas un oiseau ne volait dans l’espace consilien ! Nous n’avons croisé que des pirates et des charognards.
_ Je ne te comprends pas. Nous sommes en train de gagner, et tu devrais t’en réjouir : nos actions sont en train de porter leurs fruits.
_ Je me sens vidé. Ou plutôt, je me sens… Vide. Oui, c’est cela : vide, creux, comme si mon existence n’avait subitement plus de sens. Tout ce pour quoi je me suis battu, puis contre quoi je me suis battu, tout ça est fini. Ma vie est devenue futile.
_ Oui. Nous sommes en train de gagner. Nous devrions fêter ça : allons nous changer les idées ! Faisons un tour au casino, allons plumer des pigeons à la table de no limit hold’em, ou bien piller la banque au blackjack !
_ Ta gueule, Will. Je n’ai aucune envie de faire la fête… Où ai-je foutu cette saloperie ? » Dit Dainslef en fouillant le chaos organisé dans lequel était plongé son bureau. Il en ressortit son pulvérisateur nasal et s’enfila une bonne dose dans chaque narine. En poussant un profond soupir, il reposa le flacon devant lui, flacon désormais presque vide, et s’effondra sur son siège de bureau, en lâchant : « Ah ! C’est fou le bien que ça peut faire !
_ Dainslef, qu’est-ce que tu viens de faire ? Tu n’avais même pas mal !
_ Le cœur. L’âme. La déchirure que je ressens tout au fond de mon être… Ça la soulage.
_ Tu prends ce stupéfiant comme si c’était un bonbon ! Tu déprimes. Je vois les idées qui passent dans notre tête, et elles ne m’enchantent pas. Tu commences à m’inquiéter.
_ Le grand William Caster, celui qui a survécu deux fois à sa propre mort, s’inquiète des états d’âme d’un simple pilote ? C’est le monde à l’envers ! Et ma tête commence à l’être, elle aussi… à l’envers.
_ Je t’en supplie, Dainslef. Consulte un psychiatre. Tu m’inquiètes vraiment.
_ Ta gueule, Will. »

On dit que le premier opiacé était déjà connu il y a plusieurs milliers d’années, et extrait d’une plante appelée pavot à opium, ‘’papaver somniferum’’ de son nom scientifique. Et chose étonnante pour le profane, il était utilisé à l’origine, non pas en tant qu’antalgique, mais comme son nom l’indique, en tant qu’hypnotique, c’est-à-dire inducteur de sommeil. Et le sommeil était si bien induit, et les souffrances, tout autant mentales que physiques, si bien soulagées, qu’il permettait aux anxieux, aux dépressifs et aux psychotiques de s’échapper de la réalité, le temps d’un ''trip'', d’un voyage au septième ciel. Le problème, c’était la chute, le retour à la réalité, à la douleur, à l’angoisse, aux insondables abysses où l’esprit humain pouvait se fourrer quand il souffrait. L’évasion n’était que temporaire, et les problèmes attendaient patiemment, avant de resurgir, parfois plus acérés qu’avant l’ascension. Dans ce cas précis, le sommeil opiacé dura plusieurs heures, et à son réveil, Dainslef constata que ses problèmes avaient patiemment attendu son réveil pour se manifester à nouveau.

N’écoutant pas les sages conseils de sa petite voix intérieure, mi ange gardien, mi démon tentateur, il partit le cœur lourd, retrouver ses vieilles habitudes. Mêmes parfums dans l’atmosphère, même musiques assourdies par les cris des habitués, mêmes lumières criardes, mêmes danseuses lascives. Seul le nom était différent. À part ça, le « Porteur de Lumière » ressemblait beaucoup au « Perséphone », même si la boisson emblématique du bar des Black Birds n’était pas à la carte de l’établissement de seconde zone. De toute façon, dans la plupart des cocktails, un tord-boyaux à 70° était un bon ersatz de la liqueur d’alien. Et il avait l’avantage d’être bien meilleur marché.

De jour en jour, au grand dam du savant immortel, le pilote s’enfonçait dans l’abîme de la dépression, de l'alcool et de la drogue antalgique. Les crises de mélancolie succédaient aux crises douloureuses. Les cuites succédaient aux shoots médicamenteux, et aucune des solutions proposées par Caster ne satisfaisait l’esprit malade qui, en plus de mépriser son avenir et sa santé, commençait maintenant à négliger son corps et son apparence : un spectateur de la déchéance de l’ange aux ailes noires, tel qu’il était surnommé au sein des forces d’Archon Delaine, aurait eu du mal reconnaître celui qui n'était plus que l'ombre de lui-même. Jusqu’à l’événement qui le ramena à la réalité. Un électrochoc psychique qui tira l’ancien Black Bird de sa retraite autodestructrice.

« Enfin ! » Se dit Caster. Il se réjouissait que l’ange déchu puisse de nouveau déployer ses ailes dans l’espace sombre, aussi sombre que les ténèbres des pensées dans lesquelles il s'enlisait depuis plusieurs semaines. « Enfin l’exaltation d’aller écraser l’adversité ! »

Un observateur avisé aurait sûrement pris un air moralisateur, avant de prévenir le duo redoutable : « Prenez garde, car la violence appelle plus de violence, jusqu'à tarir le flot des braves. Que ferez-vous, une fois que vous serez seul, debout sur le charnier de vos victimes ? N’oubliez pas ceci : plus on s’élève, et plus dure sera la chute. » Mais il n’y avait pas d’observateur avisé, seulement des mécaniciens dévoués et des techniciens apeurés par l’aura de mystère qui planait autour de l’étrange semeur de mort qu’ils avaient appris à craindre, à respecter, et même à éviter. Les rares observateurs restaient muets, regardant longuement le FAS s’envoler, puis s’éloigner dans le vide interstellaire, permettant à son occupant aux deux visages de fuir encore une fois son angoisse existentielle.

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il y a 3 semaines 2 jours - il y a 2 semaines 4 jours #249514 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
Les examens s'étaient prolongés tout le jour et une bonne partie du lendemain. J'étais resté enfermé des heures allongé dans un caisson, à suivre des instructions étrange : « pensez à ceci, imaginez que vous faites cela, etc. ». Ensuite, injection d'un produit dans mes veines, nouvel examen debout face à une sorte de caméra, pendant une demi heure. Puis scanner de mon crâne, et pour finir, électroencéphalogramme. Finalement, face à moi, le docteur Meyer rendit son verdict :
« C'est très étrange. Votre cerveau a un comportement très inhabituel : votre cortex occipital subit d'intenses remaniements liés à une neuroplasticité accélérée, en raison de stimuli nouveau en provenance de la prothèse oculaire, et l'énergie requise est telle qu'il semble manifester des signes d'ischémie critique aigu, et ceci de façon répétée, sous forme de zones limitées de nécrose, avec œdème et microbleeds.
_ Mais encore ? Je n'ai absolument rien compris. Pouvez-vous parler plus simplement, s'il-vous-plaît ?
_ Votre cerveau s'adapte à des perceptions visuelles nouvelles, mais sa vitesse d'adaptation est si rapide, que les vaisseaux sanguins ne peuvent pas suivre, aussi certains neurones meurent au lieu de s'adapter. C'est surprenant, un effet secondaire tout à fait inattendu de votre prothèse.
_ Et en pratique, à quoi puis-je m'attendre ?
_ Chaque fois que vous utiliserez votre prothèse, vous perdrez des neurones de votre cortex visuel, et vous finirez aveugle. Le pire, c'est que vous ne vous en rendrez même pas compte : vous croirez voir, mais vos visions ne seront que fantasmes, et personne ne pourra vous convaincre du contraire. On appelle ça la cécité corticale.
_ C'est joyeux. Comment puis-je éviter ça ?
_ En n'utilisant plus votre prothèse.
_ Au bout de combien d'utilisations je risque de perdre la vue ?
_ Je n'en sais rien. Peut-être la prochaine, peut-être cinq, ou même dix. J'ignore à quel rythme vous perdez vos neurones, et vous n'avez aucun moyen de savoir que vous perdez la vue, comme je vous l'ai expliqué.
_ Vous ne pouvez pas faire une estimation ? »
Elle prit un air gêné, se rétracta sur son siège, avant de répondre : « d'après ce que vous m'avez dit, et selon une estimation du nombre de neurones nécrosés, si la prochaine utilisation n'est pas trop rapprochée, disons dans quelques semaines, vous devriez pouvoir la supporter. Si elle trop proche, disons demain, elle risque d'être la dernière chose que vous verrez vraiment. Si j'ai un conseil à vous donner : ne vous en servez pas pendant au moins deux semaines. Pour la suite, je ne répondrai plus de rien. Une dernière chose : si vous souhaitez que je vous remplace cette prothèse par une plus simple, qui ne risque pas de vous abîmer le cerveau, venez me voir, je programmerai une intervention rapidement. Je vous dois bien ça. »

Après avoir pris congé, avec ses coordonnées et un devis en poche, je rentrai chez moi, perdu dans mes pensées. Elle m'avait également donné une ordonnance pour un traitement censé protéger mes neurones d'un nouvel accès hallucinatoire, mais je doutais de pouvoir le supporter, le cocktail anti-Caster que j'avalais tous les jours était déjà assez cogné comme ça. J'allais l'essayer quelques jours, on verrait bien le résultat.

Sitôt arrivé au QG des Black Birds, je fus convoqué par Phoneix en personne. Légèrement anxieux, je me présentai au grand patron. Son bureau sentait les relents de tabac et l'UAlcool. Il avait un verre rempli de liquide transparent et de glaçons, je doutai que ce fusse de l'eau. Nous n'étions que tous les deux dans son spacieux bureau avec vue sur le ciel étoilé. Confortablement assis dans son fauteuil de luxe, aussitôt après les salutations d'usage, il engagea les hostilités :
« Commandant Dainslef, savez-vous pourquoi je vous ai fait mander ?
_ Non Monsieur, pas la moindre idée.
_ Je n'irai pas par quatre chemins : j'ai ouï dire que vous aviez, non seulement découvert l'identité de notre ennemi, qui n'est autre que vous, enfin, façon de parler, et que vous êtes allé, seul, l'affronter dans le système Poséidon. Est-ce exact ?
_ Euh... Comment avez-vous eu cette information ?
_ Ici, c'est moi qui pose les questions, et ne me forcez pas à me répéter.
_ Compris, Monsieur.
_ J'attends toujours votre réponse…
_ Pardon, Monsieur ; votre information est exacte.
_ Vous admettez donc avoir sciemment désobéi aux ordres en sortant seul, dissimulant une information capitale sur vous-même et notre ennemi, pour aller régler un compte personnel avec ce dernier, qui s'avère être par dessus le marché une autre version de vous-même ? C'est bien ça ?
_ Présenté comme ça, c'est sûr que ça fait mauvais genre.
_ J'attends donc vos explications, commandant Dainslef. »

J'étais particulièrement gêné, me sentant jugé par le regard inquisiteur du plus haut gradé de l'escadron. J'hésitais, cherchant par quel bout commencer. Je devais expliquer comment ma folle hypothèse était devenue une conclusion certaine, quasiment une évidence.

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Abandonnez tout espoir : un nouvel ennemi redoutable surgit.
Dernière édition: il y a 2 semaines 4 jours par Dainslef.

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il y a 2 semaines 3 jours - il y a 2 semaines 3 jours #249521 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
(Pour tous ceux qui souhaitent savoir ce que Dainslef raconte à Phoneix, je les invite à lire Tout sur l'Unique , spécialement la troisième partie.)

Phoneix avait l'air satisfait de mes explications. Il décroisa les bras, avant de répondre avec un sourire : « Ainsi donc, ce n'était que par pure déduction que vous avez compris le fin mot de l'histoire. Je comprends que vous ayez voulu vérifier par vous-même, avant de crier sur tous les toits une spéculation a priori farfelue. Sahaquielle m'a raconté vos exploits, et m'a montré votre petite vidéo. » Merde ! J’avais commis une bourde, j'avais laissé la clef de données chez Sahaquielle, tout ému que j'étais. A posteriori, il était évident que ça ne pouvait être qu'elle qui avait informé le patron… ce dernier n'attendit pas la fin de ma réflexion pour poursuivre son allocution.

« Ainsi, je viens d'avoir un nouvel exemple de votre talent, qui ne se limite pas au pilotage. Pour cette raison, je vois que j'ai bien fait de vous avoir donné une nouvelle chance. Toutefois, nous avons maintenant la preuve que, si des stimulations appropriées sont exercées, vous pouvez être amené à nous trahir, et même à nous infliger de lourds dommage. Selon vous, que devrais-je faire de ce dilemme ? Le risque que nous prenons avec vous en vaut-il vraiment la chandelle ? Ne devrait-on pas, tout simplement se débarrasser de vous ? » Me sentant menacé, la gorge sèche, je répondis du tac au tac :
« Monsieur, puis-je vous faire remarquer que c'est vous qui avez trahi l'Unique en premier ? Si vous ne me trahissez pas, je ne vois pas pour quelle raison je me retournerais contre le Consilium. À moins que vous n'ayez l'intention de me trahir ?
_ Vous marquez un point, commandant Dainslef. Il n'empêche que vous avez un don pour contourner les règles, quand vous ne les enfreignez pas complètement. À présent, si vous souhaitez restaurer votre capital confiance, j'exige de vous une totale loyauté. Pas le moindre écart sans en référer à ma personne, aucun décollage de vos vaisseaux sans autorisation écrite de ma part, suis-je clair ? Je transmets directement la consigne au personnel au sol : la station Samson aura pour ordre de vous abattre au moindre écart. Et si par hasard vous réussissiez à vous enfuir, vous serez pourchassé au même titre que l'Unique. Me suis-je bien fait entendre, commandant Dainslef ?
_ Parfaitement, Monsieur. Pas le moindre écart, Monsieur. J'ai très bien compris. »

Amer, je quittai le bureau du boss, une moue renfrognée comme collée sur mon visage. Je rentrai dans mes quartiers, pensif. Devant ma porte, j'eus une hésitation. Que faire de mon œil, que faire de cette dernière menace ? Un verre ou deux m'aideront à me détendre et à prendre quelques décisions, me dis-je. Je pris donc prestement le chemin du Perséphone, avec comme objectif de calmer l'angoisse face à l'injustice ressentie : j'avais découvert l'identité de l'Unique, quand même, merde !
Une fois au bar des pilotes, je croisai quelques vieux amis, venus oublier que le bon temps de la gloire des Black Birds était révolu. Évidemment, je ne pus me contenter de quelques verres ; naturellement, les shots de marteleurs, agents orange et napalm laissèrent la place au terrible corbacocktail. Et finalement, une fois complètement saturé d'alcool, je lâchai ma découverte à qui voulait bien l'entendre. Après les rires initiaux, quand mes collègues comprirent que mon affirmation était parfaitement sérieuse, l'atmosphère se fit pesante, pour une raison que mon esprit englué d'éthanol ne pouvait comprendre sur le moment. Le temps semblait suspendu, les pilotes avaient posé leur verre et arrêté de de rire, et même le Borgne, derrière son zinc, semblait attendre la suite des événements.

Les trois pilotes présents m'encerclèrent, des expressions étranges sur le visage. Je commençai à comprendre ce qui leur passait par la tête, aussi je me mis sur la défensive :
« Les gars, pourquoi vous faites cette tête ? » L'un d'eux prit la parole, me rétorquant :
« Devine : tu viens de nous dire que le salaud qui a buté nos potes, c'était toi. Comment veux-tu qu'on réagisse ?
_ J'ai pas dit qu'cétait moi, mais une autre version de moi, qu'a pas aimé qu'on le trahisse ! » répondis-je de ma voix pâteuse et hésitante. Mon argumentation ne semblait pas les émouvoir outre mesure. Peut-être en avais-je trop dit ?

Effectivement, je compris que j'en avais trop dit quand ils me traînèrent dehors, probablement pas pour m'aider à reprendre mes esprits…

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Abandonnez tout espoir : un nouvel ennemi redoutable surgit.
Dernière édition: il y a 2 semaines 3 jours par Dainslef.

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il y a 1 semaine 5 jours - il y a 1 jour 7 heures #249527 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
La suite des événements fut confuse. Après quelques coups à peine ressentis en raison de l'anesthésie induite par l'UAlcool, une voix féminine familière se fit entendre : « Lâchez-le, sinon vous aurez affaire à moi ! » Les trois brutes se confondirent en excuses, avant de s'éclipser.
L'épaule amicale de Sahaquielle me soutint jusqu'à mon appartement, où elle m'aida à soigner mes plaies. Après un silence éloquent, elle ouvrit la discussion :
« Dans quel guêpier es-tu allé te fourrer ?
_ Ce que je fais de mon temps libre ne regarde que moi. Et je ne me rappelle pas t'avoir demandé de l'aide.
_ De rien.
_ Pardon ?
_ Je disais "de rien", parce que tu voulais me dire "merci".
_ Merci pour quoi ? Pour m'avoir trahi encore une fois en révélant la vérité au patron ?
_ Non. Merci pour avoir sauvé tes fesses encore une fois : ils allaient te faire passer un sale quart d'heure.
_ Peut-être qu'ils auraient dû. J'en ai marre d'être traité comme le vilain petit canard.
_ Le quoi ?
_ C'est un conte pour enfants que me racontaient mes parents. C'est l'histoire d'un petit canard rejeté de tous à cause de son aspect et de la laideur de son cancanement.
_ Et alors ? Continue.
_ Et alors rien. C'était pas vraiment un canard, et c'est là que s'arrête la comparaison.
_ Et tu souhaitais mourir ?
_ Pas vraiment. Tu penses sincèrement qu'ils allaient me tuer ?
_ L'un d'entre eux avait sorti un couteau. Ce qu'il comptait en faire me semble évident.
_ Je suppose donc que je dois te remercier. Pourquoi vouloir tuer l'un des leurs ?
_ De rien, comme je te disais plus tôt. Pour eux, l'Unique et toi êtes la même personne. Ne pouvant venger la mort de leurs camarades sur lui, ils ont reporté leur colère sur la seule cible à leur portée, c'est humain. Ceci dit, au vu de ces récents événements, je vais devoir faire un rapport au patron : il ne faut pas que ce genre de situation se reproduise. »

Les soins enfin terminés, tous deux assis dans les fauteuils de mon appartement, chacun un café chaud à la main, nous pûmes discuter plus longuement : elle me raconta comment elle n'avait pas vraiment eu le choix de cacher la vidéo, que tout ceci avait été fait pour me protéger contre moi-même, et je lui racontai l'horreur que je ressentais depuis ma découverte. Celui qui avait tué mes amis d'enfance avait également tué les siens. Celui que je haïssais n'était qu'un "autre moi-même", qui n'avait pas eu autant de chance que "moi". De son côté, elle avait été contrainte de donner l'information au patron, car s'il l'avait eue d'une autre façon, et il l'aurait eue (Caster était suffisamment intelligent pour s'en servir, avec bon nombre d'insinuations malsaines dont il était capable), ma carrière était foutue, et ma vie probablement aussi. Elle était mon amie. Ma rancune s'apaisait. Enfin, elle se leva et annonça qu'elle allait devoir faire son rapport : il fallait officiellement révéler la vérité à l'escadron et définir une conduite claire, afin de m'éviter de nouvelles mésaventures.

Une fois Sahaquielle partie, mon appartement retomba dans le silence. Je jetai un œil sur mon ordinateur portable : au milieu de propositions de contrat plus ou moins intéressantes, je pus voir un message des technodons qui attira mon attention. Après avoir lu les quelques lignes (les technodons n'ont jamais su écrire de longs discours), je rassemblai mes esprits, pesai le pour le contre, et pris ma décision. Je me levai, empaquetai quelques affaires, et rejoignis l'hôpital neurologique de Bondarek : j'avais prévu d'y passer quelques jours.

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Abandonnez tout espoir : un nouvel ennemi redoutable surgit.
Dernière édition: il y a 1 jour 7 heures par Dainslef.
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il y a 1 jour 7 heures - il y a 1 jour 7 heures #249534 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet Abandonnez tout espoir
Allongé dans le lit d'hôpital, je me remettais tranquillement de l'opération. En fin de matinée, le docteur Meyer vint me rendre visite. J'avais un bandage fraîchement changé sur le crâne, recouvrant entre autre mon œil droit tout neuf. Elle sembla surprise en me voyant :
« Vous vous remettez très vite de cette chirurgie prothétique, c'est absolument étonnant. Vous pourrez sortir dès demain, je vous fais préparer les papiers de sortie : courrier, ordonnance, etc.
_ Merci, vous avez été très efficace, je n'ai presque aucune douleur.
_ Bien, je vais vous laisser récupérer. Vous avez une amie qui vient vous rendre visite, je crois. Au revoir. »

Me laissant dans ma chambre, elle partit saluer à la va-vite ses autres patients. Sitôt le chirurgien sorti, je vis une combinaison de pilote et un visage connu entrer, pour me questionner sans préambule :
« Salut, Dainslef. Qu'est ce que tu as foutu ?
_ Salut Saha. Je ne comprends pas ta question.
_ Pourquoi tu as fait changer ton œil au top de la technologie pour un modèle standard ? Pourtant, c'est grâce à lui que tu as pu mettre en déroute l'Unique, que je sache !
_ Tu n'as pas tous les éléments en main. Cette saleté allait me rendre aveugle.
_ Aveugle ?
_ Oui, d'après ce que j'ai compris, il était incompatible avec mes améliorations génétiques. Trop de modifications de mes perceptions, et mon cerveau essayait de s'adapter trop vite, ce qui le tuait à la tâche, en fait.
_ Merde ! Au moins, on a pu extrapoler de tes rapports une façon de contourner la furtivité de ce fumier. Bon, tu reprends bientôt du service, au moins ?
_ Logiquement, le doc me laisse sortir demain. J'ai hâte de me donner une autre bonne leçon, si tu vois ce que je veux dire. Et si j'ai décidé de changer mon œil, c'est justement parce que les technodons l'avaient rendu obsolète.
_ Bien sûr, j'aurais dû m'en douter. Au fait, nous avons officiellement révélé l'identité de l'Unique, ainsi que le rôle que tu as eu lors de sa dernière apparition.
_ Tu as bien dit ''sa dernière apparition'' ? Ça fait près de quinze jours que je suis hors service, et il n'a toujours pas montré le bout de son nez ?
_ C'est surtout que plus aucun Blackbird ne sort… notre autorité se fait laminer. Nous avons déjà perdu GD 1192, et bientôt HK Aquarii.
_ Il est temps que ça change !
_ Je ne te le fais pas dire ! Mais avant tout, des transmissions cryptées font état qu'un des nôtres parti en exploration se rapproche actuellement de la bulle. Il devrait arriver d'ici quatre heures, cinq tout au plus.
_ Qui ça ? Silver ?
_ Possible. Il n'était pourtant attendu que le mois prochain, au plus tôt. On va devoir lui préparer une escorte : il n'est pas au courant des événements qui sont survenus ces derniers mois, dans le coin. Et tu sais comment les vaisseaux d'exploration peuvent être fragiles. On a décidé d'anticiper une éventuelle attaque en lui fournissant une escorte.
_ Attend-moi ! J'arrive ! Il est hors de question que je sois absent pour la prochaine rencontre avec celui qui a buté mes meilleurs amis ! »
Le docteur Meyer me regarda partir en trombe de la chambre, finissant d'enfiler en quatrième vitesse ma combinaison de pilote. Je ne perdis pas une seconde, je finis d'arracher le pansement me couvrant une partie du visage : rien ne devait gêner ma vue, en cas de nouvel affrontement.

Je retrouvai avec délectation le cockpit de mon Mamba, sentant le propre. J'avais payé le prix fort pour une révision complète, un nettoyage de fond en comble et un coup de peinture pendant ma convalescence. Son nom, « Hunting Star », était à présent lisible en peinture vert fluorescent, dénotant sur le noir brillant de la peinture métallisée. En soupirant de soulagement, je fis rugir ses moteurs modifiés. Un sourire carnassier aux lèvres, je sortis de la station orbitale à six cent mètres par seconde, collé à mon siège par l'accélération phénoménale de mon propulseur débridé. Moins d'une minute plus tard, je reçus une copie du plan de vol de Sahaquielle, volant tranquillement dans sa somptueuse corvette de guerre. Cette fois-ci, je ne te laisserai pas repartir vivant, mon vieux…

Pendant le temps de transit, nos vaisseaux croisant dans un système lambda en attendant le refroidissement du FSD, j'interrogeai Sahaquielle :
« Alors, comment l'annonce de l'identité de l'Unique a-t-elle été reçue ?
_ Tout le monde était déjà au courant, alors tu t'imagines bien qu'il n'y a eu aucun effet e surprise.
_ Ma question était plutôt : vais-je me prendre des tirs perdus au moment le plus critique ?
_ Tu as été décrit en héros, et officiellement, l'Unique a trahi parce qu'il a perdu la tête à cause de sa blessure… à la tête, justement.
_ Ce qui est la vérité.
_ Oui, en quelque sorte. Donc tu seras clean aux yeux des autres pilotes, normalement. Ah ! Mon FSD est prêt. Le prochain système est le lieu de rendez-vous. On aura un peu d'avance sur les autres. À trois, on saute ensemble. Prêt ?
_ C'est quand tu veux. »

L'arrivée dans le système cible ne me laissa guère le temps de rêvasser : un Anaconda croisait en orbite autour de l'étoile, et un vaisseau s'en rapprochait à grande vitesse. Je devinai sans difficulté de qui il s'agissait, et l'analyse grossière de sa traînée gravitationnelle me le confirma : un FAS se préparait à intercepter l'infortuné Silver. Nous étions plus proches que lui du vaisseau d'exploration, aussi je n'eus pas la moindre hésitation, prenant de court tout le monde, y compris Sahaquielle : je lançai une interception FSD sur l'Anaconda, afin d'empêcher l'Unique de le faire lui-même, le forçant ainsi à faire des manœuvres supplémentaires. Le temps gagné nous permettrait peut-être d'organiser une défense. L'Anaconda opposa une résistance dérisoire, et nous sortîmes tous trois en même temps de métrique d'Alcubierre, Sahaquielle, Silver et moi. Sauf qu'en arrivant en espace-temps normal, j'eus un hoquet de surprise : l'Anaconda n'était pas celui de Silver, et je savais à qui il appartenait.

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