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samedi 23 octobre 2021

file L'histoire de Dainslef: Split.

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il y a 1 an 7 mois - il y a 10 mois 1 semaine #248828 par Dainslef
L'histoire de Dainslef: Split. a été créé par Dainslef
Il s'est passé tellement de choses. Je doute de tout, y compris de moi. Les médicaments altèrent mon jugement, mais au moins, il la boucle. Quand je dis « il », je veux dire « l'autre », le passager clandestin. Par quoi vais-je commencer ? Par ma nouvelle trahison ? Par l'horreur que j'ai découverte sur moi-même, et comment j'ai été encore une fois manipulé ? Par l'angoisse qui m'envahit, mon cœur déchiré par le malheur, et la mélancolie qui pèse sur mes membres à chacun de mes pas ?

Non. Je vais commencer par le commencement : je ne voulais pas l'admettre, mais je l'aimais. Elle qui vivait dans un monde utopique, dont elle refusait de voir la noirceur. Elle, qui sous des dehors de femme indépendante, forte, désespérait que le monde ne soit pas meilleur, plus juste, plus paisible. Et c'est pour ça qu'elle voyageait ; elle fuyait le mal, la haine, la violence, et tout ce qu'elle abhorrait.

Elle m'avait aidé à ramener les restes calcinés de mon pauvre Cobra sur Samson. Je ne savais pas comment la remercier. Elle qui souhaitait faire le tour de la Voie Lactée, elle m'avait avoué son objectif : acheter un Anaconda, et l'équiper pour effectuer un voyage sans fin. J'ai promis de l'aider ; j'ai détourné une partie de mon argent saisi par les autorités lors de mon escapade chez Caster. Pas grand chose, juste un petit milliard de crédits... après tout, c'était mon fric, non ? Je savais qu'avec ça, elle pourrait avoir son vaisseau toutes options, finition « grand luxe ». C'était la moindre des choses, n'est-ce-pas ? À ce moment-là, je n'étais pas encore amoureux d'elle (enfin, je pense), mais je lui devais la vie, et ça, ça ne pouvait que nous rapprocher.

Elle me cachait beaucoup de choses sur elle ; le genre de choses qui pouvait changer le destin de tout un escadron, et de ma vie, accessoirement. Tout ce que je vous raconte peut vous sembler dégoulinant de tristesse et d'auto-apitoiement, mais les choses qui ont mené à cette situation sont d'une complexité sans nom ; je vais m'efforcer de les raconter sans omettre de détail. Ce nouveau récit commence dans ma chambre d'hôtel de Highland City, sur Vénégana A4.


J'étais allongé sur le gigantesque lit moelleux, fixant le miroir au plafond, et réfléchissant aux événements des dernières heures. Mon Krait avait été comme piloté par un fantôme, comme si tout son trajet avait été préprogrammé, et comme si celui qui l'avait programmé avait compté sur ma paralysie pour me faire crasher sur la planète, et me laissant crever d'asphyxie dans ma solitude. Qui avait bien pu faire ça ? Et puis, autre question, qui pouvait à première vue paraître futile, mais en y regardant de plus près, devenait centrale : pourquoi tous les événements étranges des derniers jours survenaient après mes rêves éveillés ? Le soi-disant message de Xavier Dupont et le décollage de mon vaisseau étaient tous deux précédés de ces hallucinations. Sauf que rien n'avait suivi l'épisode chez R-Corporation... à moins qu'il y ait bien eu quelque chose, dont je n'ai pas eu connaissance. Il s'agissait évidemment de souvenirs de Caster, et dans l'un d'entre eux, il était question...

« Bien joué, Sherlock Holmes ! » Je vis avec stupéfaction mon propre reflet dans le miroir plafonnier me parler avec un rictus diabolique. Et cette voix, qui me parlait, c'était celle de Caster. « Bravo, Captain Obvious serait plus adapté, tellement il t'aura fallu de temps pour comprendre ; tu me déçois, je m'attendais à plus de perspicacité de ta part.
_ Tu es... dans ma tête ? » Se parler à son propre reflet, qui se comportait comme une personne différente, était assez déroutant. Terrifiant, même. Et la terreur paralysait mes capacités de raisonnement. « Que fais-tu là ?
_ Enfin, Harvey, tu me déçois de plus en plus. Tu me sous-estimes, mon cher ami ; je suis là depuis le début. Tu pensais réellement m'avoir pris par surprise, lors de notre précédente rencontre ? J'avais tout prévu, bien avant de t'avoir contacté. Toutes les éventualités étaient parées.
_ Mais comment es-tu entré dans ma tête ?
_ Tu n'as toujours pas compris ? J'y étais avant toi, avant même que tu mettes un pied dans ma base ; avant même d'avoir lancé les Black Birds dans la bataille qui aurait dû te mener à la peine capitale pour haute trahison. Ton corps était dans ma base, j'y ai eu tout le temps nécessaire pour y mettre une copie de ma conscience. Et chaque fois que tu rêvassais, je prenais le contrôle de ton corps.
_ Je t'ai vaincu une fois, je pourrai le faire une deuxième !
_ Tu ne m'as vaincu, que parce que je t'ai laissé me vaincre. » dit-il après avoir émis un rire sonore. « Mon génie est cent fois supérieur à ton intelligence de cloporte !
_ Je saurais t'arrêter, tu n'as aucune substance propre, tu n'es que le fruit...
_ Comment peux-tu encore croire avoir la moindre chance ? Arrête de me sous-estimer ; tu me crois stupide, au point de te révéler des informations d'une telle importance, si tu avais eu la moindre chance de me contrer ? Et maintenant... »
Il sourit une dernière fois, avant de...

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Dernière édition: il y a 10 mois 1 semaine par Dainslef.
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il y a 1 an 7 mois - il y a 10 mois 1 semaine #248830 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
En fait, non. Je me trompais: il ne se produisait pas systématiquement des choses, lors de mes hallucinations. Parfois, il se produisait quelque chose, et parfois non. Deux fois lors de ces épisodes il y a eu des événements orchestrés par Caster, et deux autres, rien ne s'est produit. En fait, mon état de conscience flanchait certes, mais Caster ne prenait qu'occasionnellement le contrôle, du moins c'est ce que j'espérais. La question qui me taraudait l'esprit à mon réveil était: quand j'étais chez R-Corporation, avait-t-il pris le contrôle? Et cette fois-ci, juste après m'avoir fait ces révélations, m'avait-t-il fait, ou fait faire, quelque chose? À cette question, au moins, j'allais avoir une réponse rapidement.

La bataille faisait rage dans le ciel. Les vaisseaux s'enflammaient brièvement, avant de venir s'écraser sur le sol, non loin de la base secrète, d'où nous observions la scène, lui debout, et moi dans mon fauteuil roulant électrique. Les troupes d'élite du Consilium étaient en train de venir à bout des quelques systèmes de défense épars. Je n'allais avoir que peu de temps devant moi. Et ce con de Dupont qui avait des états d'âme !
« Putain, Will! Qu'est-ce qu'on a fait, là? Dans quoi tu m'as embarqué! Je ne veux pas crever, moi.
_ Moi non plus, je te rassure. Notre machine est au point. Nous allons vivre.
_ Nous n'avons pas encore mis au point la réimplantation, et nous ne savons même créer de nouveaux corps vierges ! Je ne veux pas d'une pseudo-vie dans un superordinateur, je veux rester moi-même !
_ Enfin, Xavier, nous ne pouvons plus revenir en arrière. C'est ça ou la mort.
_ Désolé, Will. Tu es mon ami, mais je ne peux pas continuer comme ça. Je veux me racheter. » Il sortit un revolver antique de sa blouse, et le pointa vers moi. « Rien de personnel, mon ami, mais je veux me racheter auprès du Consilium.
_ Tu as raison, mon ami, rien de personnel. » Dis-je en soupirant.

L'instant d'après, une détonation retentit. Son corps s'effondra mollement, la tête éclatée par un projectile à charge creuse. Les défenses automatiques de la base avaient joué efficacement leur rôle, même si je n'aurais jamais cru possible qu'elles servent contre mon ami. Le corps presque entièrement paralysé, je respirais péniblement en poussant de toutes les forces qui restaient dans mon cou la molette de commande mentonnière de mon fauteuil. Les autres muscles de mon corps ne répondaient plus depuis plusieurs semaines, et ceux-là ne tarderaient pas à m'abandonner eux aussi. Mais d'une façon ou d'une autre, tout ceci n'aurait bientôt plus aucune importance. Mes muscles me trahissaient, mon ami et compagnon dans cette aventure m'avait trahi, et moi-même je n'étais pas fier de la trahison que j'avais commise envers le Consilium, mais comme on dit, nécessité fait loi. Je me dirigeai vers un entrelacs de fils et d'écrans.

Des robots serviteurs vinrent placer les électrodes sur ma tête, pendant que des bruits de combat se faisaient entendre dans le couloir à proximité. Les électrodes de profondeur perçaient douloureusement mon crâne et mes méninges (je n'avais plus le temps pour une anesthésie). Quand enfin, la porte blindée s'ouvrit en deux, coupée par un chalumeau à plasma, j'entendis les mots libérateurs de l'IA: « transfert terminé, professeur. » J'entendis le chef d'escouade de la Phalange Noire prononcer quelques menaces et je vis l'ensemble des troupes pointer leurs armes sur moi, mais je n'étais déjà plus dans mon corps.
L'instant d'après, je téléchargeai mon esprit dans un superordinateur caché, loin de ma vieille base et de la bombe de huit mégatonnes qui nettoya par vitrification toute cette scène. J'avais gagné. J'étais vivant, mais à quel prix ? Seul, rejeté de tous, et devant rester dans l'ombre. Tout ça à cause de ce salopard de dictateur. Je jurai de prendre un jour ma revanche.


J'ouvris les yeux. Je fondis en larmes en comprenant l'enchaînement d'événements qui avait mené à cette vendetta. J'étais devant mon ordinateur, et non plus sur mon lit. Il avait donc pris le contrôle, mais qu'avait-il fait ? Je consultai l'historique, pour constater divers détournements de fonds du Consilium, vers un compte non identifié, des transferts de données et de messages. Je ne pus en savoir plus. Je constatai par contre que ces délits avaient attiré l'attention des forces de sécurité. Les policiers n'allaient pas tarder à arriver, et il me fallait une solution, rapidement. Je refermai l'ordinateur portable en vitesse. La source avait été localisée, mais pas identifiée, et ne le serait pas, pour peu que l'engin soit rapidement détruit. Je regardai dans la chambre et la salle de bains: l'eau? Les données seraient récupérables. L'électricité? Trop incertain. Un explosif que j'avais emmené avec moi? Trop incertain, là encore. Je tournai lentement la tête vers la solution.

Par la fenêtre, je voyais les véhicules de police qui arrivaient déjà. Après y avoir mis l'ordinateur et la surprise, je refermai la porte du four à micro-ondes, et le réglai sur la puissance maximale. Je pris le peu d'affaires que j'avais ici, tournai à fond la molette du minuteur, pour foncer vers la sortie. Une fois au rez-de-chaussée, j'entendis une violente explosion, certainement en provenant du four farci de composants électroniques et de nano-thermite. Je me dirigeai vers la seule sortie qui ne serait pas gardée. Enfin, c'est ce que j'espérais.

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il y a 1 an 7 mois - il y a 1 an 5 mois #248838 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
Je m'extirpai péniblement du tas de détritus et autres ordures ménagères en pleine décomposition. Je détestais (et déteste encore) cette odeur, bien pire et plus agressive que les déjections dans lesquelles j'ai séjourné quelques mois auparavant. Cet épisode douloureux me revint en mémoire, ainsi que la terreur, l'angoisse et les regrets qui y étaient rattachés. Mes vêtements étaient foutus, et il me fallait bien plus qu'une douche, pour venir à bout de la pestilence qui émanait de moi. Mais ceci était le cadet de mes soucis. Le cadet, pour ne pas dire que je m'en foutais complètement ; mon premier souci à l'heure actuelle était mon erreur d'appréciation, erreur qui faisait environ 1,5kg et 15cm de long, qui était pointé dans ma direction par un bras lui-même rattaché à un corps, corps qui portait un uniforme aux couleurs de la police du Consilium. La bouche de la tête surplombant cet uniforme me cria : «  Au nom de la loi, pas un geste ! Doucement, levez les mains en l'air et tournez-vous...» Pendant que j'obtempérai, de sa main restée libre, il sortit une paire de menottes de sa ceinture, et, s'approchant de moi, je l'entendis parler dans le communicateur de son casque. « Ici Moreno, je viens d'appréhender le suspect ; c'est un clochard qui cherchait probablement du fric facile. » Je souriais intérieurement. Mon aspect extérieur, ma barbe de trois jours et l'odeur que je dégageais donnaient une image complètement erronée de ma personne. Je pouvais en jouer, aussi je ne m'empressai pas de démentir ses suppositions.

Il s'approcha de moi, n'imaginant pas les ressources dont je disposais pour le neutraliser. Au moment où il attrapa ma main gauche, je me retournai de toute la vitesse que mon corps génétiquement amélioré mettait à ma disposition, pour le neutraliser d'une clef de bras l'instant qui suivit, le forçant à lâcher son arme ; pendant ce temps, mon bras droit lui arracha son casque et brisa son communicateur. Le tout ne dura même pas une seconde. Il n'eut pas le temps de réagir. Quand il comprit qui il avait en face de lui, il ouvrit la bouche, mais un coup de coude violent dans sa carotide le mit instantanément hors service. Je pris son arme, attachai ses pieds avec ses propres menottes, neutralisant son système d'ouverture biométrique, et pris mes jambes à mon cou, avant qu'il ouvre de nouveau les yeux.


L'histoire qui suit n'a que peu d'intérêt. J'ai réussi à me nettoyer, me changer, et à rejoindre mon vaisseau. Je vous épargnerai les détails, mais sachez que j'ai cru à plusieurs reprises être démasqué. Je n'ai heureusement pas eu à faire usage de mon arme ; je n'aurais de toute façon pas réussi à tirer, mes empreintes digitales n'auraient pu en déverrouiller la sécurité. J'ai rejoint Samson. Un clochard surentraîné et surdoué en piratage informatique qui répondait (très) grossièrement à ma description était toujours recherché par la police consulaire de Vénégana. Je me garderai bien d'en parler à mon ami Blaise... Enfin, tout ça pour en venir aux choses importantes, sans me perdre dans des détails futiles.

De retour sur Samson, je commençais à me pencher sur un problème bien plus important. Mes difficultés n'allaient qu'empirer, si ce psychopathe continuait à me manipuler comme un pantin. Je me souvins alors de bruits de couloir, quelques indiscrétions : une autre personne, un de mes amis, aurait à ce jour bénéficié lui aussi de la technologie inventée par Caster et Dupont ; je me dis que cette personne pourrait peut-être m'aider à comprendre. Mon nouvel ordinateur portable m'attendait sur mon bureau.

Après quelques minutes de recherche, l'espoir faillit m'abandonner une fois de plus : un avis de décès à son nom avait été émis pendant mon enquête sur Vénégana : il était donc bel et bien mort ? Pas de résurrection... Les choses auraient pu en rester là, mais quelques détails attirèrent mon attention ; il était mort dans un accident, mais l'enquête semblait avoir été bouclée trop rapidement, totalement bâclée au vu du rang de la victime. Puis, le plus naturellement du monde, quelqu'un d'autre avait pris sa place, et repris son œuvre, comme si de rien n'était. Un doute m'étreignit soudain. Et je voulus en avoir le cœur net. Je partis pour ses appartements, décidé à éclaircir cette histoire.

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il y a 1 an 7 mois - il y a 10 mois 1 semaine #248856 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
La silhouette inconnue me faisait face. Son visage fermé me regardait de ses yeux inquisiteurs. J'étais mal à l'aise, et je décidai de tenter un coup de poker :
« Falco ?
_ Je m'appelle Sahaquielle. Qui es-tu, pour oser venir déranger un Rapture ?
_ Ne fais pas semblant de ne pas me connaître. »
La jeune femme sembla hésiter un instant. Elle me fit signe d'entrer, referma la porte derrière moi, et, sans un mot, alla chercher dans une commode à proximité deux verres à liqueur et une belle bouteille d'UAlcool millésimé. Dans la lumière de l'appartement, je pus la voir plus en détail : habillée d'une robe de chambre, elle semblait jeune, moins de trente ans, elle avait des yeux noisette et des cheveux bruns raides. Elle servit deux verres d'UAlcool, et m'en tendant un, rompit le silence pesant qui s'était installé :
« J'insiste, Dainslef : appelle-moi Sahaquielle. Falco est mort.
_ Que s'est-il passé ?
_ Un tragique accident. Stupide. Imprévisible.
_ Je n'en crois pas un mot.
_ Crois-moi ; moins tu en sauras, mieux ce sera pour nous deux.
_ J'ai bien compris qu'on t'avait donné un nouveau corps. Mais pourquoi... une femme ? »
Elle sembla réfléchir longuement, puis ouvrit la bouche. L'hésitation sembla se poursuivre encore quelques interminables secondes, avant qu'elle réponde sur le ton de la plaisanterie :
« Disons que... j'avais envie de changement. »
Elle but son verre d'un trait. Un vrai Black Bird. À sa façon de boire, je reconnaissais bien Falco. Je ne la crus pas une seconde au sujet de l'accident, mais je la laissai poursuivre. Elle enchaîna :
« Visiblement, tu n'es pas venu juste pour partager des potins avec une vieille amie de beuverie, je me trompe ? Viens-en au fait, j'ai pas toute la nuit.
_ Je dois savoir qui t'a ressuscitée.
_ Rien que ça ! » Elle rit aux éclats, se versa un nouveau verre de courage en bouteille, en avala une gorgée, et me regarda fixement dans les yeux, avant de poursuivre sur un ton des plus graves : « il s'agit-là d'une information confidentielle. Je n'ai pas le droit de te la révéler.
_ Je t'en supplie. C'est vital, pour moi. Je dois savoir certaines choses.
_ Quoi donc ? »
Mais la voix qui poursuivit la conversation n'était plus la même. L'expression de mon visage non plus : « Parce que cet ingrat a peur de ce qu'il pourrait devenir, il veut savoir si les scientifiques minables du Consilium peuvent m'empêcher de me manifester. » Sahaquielle resta d'abord immobile quelques secondes, puis finit son verre d'un trait, avant de répondre :
« Qui es-tu ?
_ Voyons, vous ne devinez pas ?
_ Non, je ne suis pas très psychologue, vois-tu ?
_ William Frederic Caster, pour vous servir !
_ Dainslef, je vais t'aider, alors je te prie de me pardonner. »

J'avais attendu longtemps. Quelques décennies dans la vie réelle sont ressenties comme plusieurs millénaires dans un superordinateur. Mon plan était parfait. Tout était millimétré. J'avais fini par retrouver de la famille, du côté de ma mère : un demi-frère, son père ayant succédé au mien dans le lit de ma mère, quelques années après la mort de ce dernier. Je la haïssais, elle qui m'avait abandonné, après la mort de mon père. Elle avait porté son deuil, et avait trouvé un agriculteur sur sa planète de naissance, la Terre. Un ancien ami d'enfance, un amour retrouvé. Elle avait eu deux enfants, un fils mort dans un tragique accident, et une fille. Celle-ci n'avait eu qu'un fils, qui hérita de l'exploitation agricole. Ce dernier eut lui-même deux fils ; le cadet avait repris l'exploitation, mais c'était l'aîné qui était intéressant : non seulement il avait hérité de la tare familiale qui le prédisposait aux maladies neurodégénératives, mais en plus, il avait renié sa famille pour devenir pilote. Je décidai donc d'en faire l'instrument de ma vengeance, de gré ou de force. Soit il accepterait de me rejoindre et de laver les péchés de son arrière-grand-mère, soit il mourrait. Je mis en branle mon plan machiavélique, et m'arrangeai, par diverses manipulations, pour que son dossier de recrutement soit le seul acceptable, parmi tous ceux qui arriveraient sous les yeux des recruteurs des Black Birds; bref, je le pistonnai en sous-main. Le Consilium allait souffrir d'ici-peu.

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il y a 1 an 7 mois - il y a 10 mois 1 semaine #248863 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
Je me souvenais de la douleur causée par la décharge dans la poitrine. Une décharge de plasma ionisant, sorte de taser moderne à moyenne portée, ça fait mal. En ouvrant les yeux, je me rendis compte que j'étais allongé, attaché dans une sorte de salle d'examen d'un blanc immaculé. Sahaquielle se tenait assise sur un tabouret, à côté de moi. En me voyant essayer de bouger, elle se leva et s'approcha de moi. J'ouvris une bouche pâteuse, me regardant comme je le pus, et prononçant péniblement quelques mots :
« Que s'est-il passé ?
_ Je t'ai neutralisé, je ne savais pas quelle réaction aurait pu avoir notre invité. Disons que j'ai contracté une assurance...
_ Depuis combien de temps suis-je inconscient ? Et où sommes-nous ?
_ Tu sembles bien réveillé. Ça fait trois jours que nous nous occup...
_ Trois jours ? J'aurais dû partir en patrouille hier ! Je vais me faire tuer par le boss !
_ Ne t'inquiète pas, j'ai expliqué que j'avais besoin de ton assistance pour une mission spéciale. Tu as un alibi.
_ Où sommes-nous ? Et pourquoi suis-je attaché ?
_ Le lieu où nous nous trouvons doit rester secret. Et tu es attaché, car... je t'expliquerai plus tard. » conclut-elle, avant d'entrer un code qui déverrouilla instantanément mes contentions. Je m'asseyai en poussant quelques gémissements de douleur. Trois jours alité, ça enraidit. Je sentis quelques vertiges, et une lenteur d'esprit, qui ne me disait rien de bon :
« Je me sens bizarre. Qu'avez-vous fait ?
_ Nous avons mis ces trois jours à profit pour trouver un traitement adapté. Le doc qui s'est occupé de toi a dit qu'il y avait comme deux activités cérébrales distinctes, dans ta tête. L'une d'entre elles était certainement la tienne, et l'autre... tu vois ce que je veux dire.
_ Et ?
_ Et tu as reçu des médicaments qui ont inhibé une des deux personnalités. Nous n'étions pas encore certains de laquelle s'exprimait encore.
_ Donc, vous avez cloué son bec à Caster ?
_ Oui, il ne devrait plus t'embêter. Toutefois... » Je voyais bien son air contrit. Par mes hochements de tête, je l'invitai silencieusement à poursuivre. « Toutefois, ces mêmes médicaments ralentissent le fonctionnement de ton cerveau, et accroissent ton temps de réaction. C'est fini, les super-réflexes surhumains qui ont fait ta célébrité ; tu seras tout juste dans la norme, et encore !
_ C'est un moindre mal. Je ne peux pas laisser ce salaud reprendre le dessus.
_ Par contre, le doc sèche sur la raison de ta double personnalité. Comme si deux personnes avaient été mises dans le même corps.
_ Pour ça, t'inquiète, j'ai ma réponse, pas la peine de fouiller plus avant. » Je ne voulais pas lui dire que Caster m'avait transformé en une sorte de cheval de Troie sur pattes, et évoquer les choses qu'il avait pu faire. Ça n'avait de toute façon plus d'importance, il avait été neutralisé. Et dire que ce salaud était de ma famille ! « Je voudrais vous remercier, toi et le doc, pour ce que vous avez fait.
_ Je lui transmettrai tes remerciements. Comme tu te doutes, il doit garder son identité secrète, mais je lui dirai, je te promets. Et puis, ne t'inquiète pas, ceci restera entre nous trois.
_ Merci, mon amie, tu me sauves la vie.
_ De rien, je te devais bien ça. Et puis... avant de partir, j'ai un petit cadeau pour toi. »


Je fus raccompagné chez moi, la tête dans un sac opaque ; confidentialité oblige. Je tenais dans une main quelques semaines de traitement médicamenteux, et dans l'autre, le cadeau de Sahaquielle, une petite clef de données. Je me dis que j'allai en prendre connaissance, sitôt arrivé chez moi. Mais les événements allaient en décider autrement. C'est là que nous allions entrer dans le vif du sujet, et que tout allait s'accélérer, pour le meilleur et pour le pire.

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il y a 1 an 6 mois - il y a 10 mois 1 semaine #248912 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
En effet, à peine mes affaires posées dans l'entrée de ma chambre, je vis, non pas un message estampillé « urgent », mais deux. L'un venait de ma hiérarchie, et l'autre... de Laura. J'ouvris le message de l'état-major : un nouvel ennemi venait de surgir, et s'attaquait à nos alliés Green Planet, qui faisait appel à l'élite des combattants Black Birds. Je me pencherai plus tard dessus, de nombreux pilotes seront ravis d'aller aider cette bande de fumeurs de drogue psychédélique. J'ouvris le deuxième message. Laura était terrorisée. Son message était confus : elle demandait une évacuation d'urgence. Elle avait joint un nom de système et un identifiant de corps stellaire. Le message avait été envoyé il y a quelques heures à peine. Ma décision était prise, car je lui devais la vie. Mais avant de partir, je fis appel une dernière fois à mon amie Sahaquielle, afin de lui demander une dernière faveur.

A ce moment précis, l'étendue de mon ignorance me fit négliger la menace des Wanderers of Witchspace. Ceci dit, je ne regretterai pas mon choix. Si la situation devait se reproduire, je ferai exactement la même chose, même en sachant ce que je sais maintenant, n'en déplaise à notre Dictateur. Mais je digresse, je reparlerai peut-être des Wanderers plus tard, et j'en reviens donc à mon sauvetage, ainsi qu'aux entorses que j'ai faites à de multiples règles pour arriver à mes fins.

Elle avait envoyé un message de détresse qui m'était spécifiquement destiné, et avait simplement signé « Laura ». Pourquoi pas une identification plus poussée, immatriculation complète et tout le toutim ? Probablement pour la même raison qui l'a faite s'emporter lorsque je lui ai naguère demandé son nom complet... Je ne me formalisai pas. Elle était en plein territoire thargoïde, aussi, avant de nous séparer, je me rappelai une discussion que nous avions eue, alors que nous rassemblions les reste de mon Cobra ; elle pensait que les Thargoïds étaient une espèce pacifique, et que, si on les approchait pacifiquement, ils nous laisseraient tranquilles. J'ai eu beau lui expliquer que cette engeance gangrenait la galaxie, et qu'il fallait les exterminer, elle persistait dans son erreur.

Je bondis aussi vite que possible dans mon Diamondback Explorer de voyage, le « Stargazer », et ouvris l'intercom :
« Ici le commandant Dainslef, du Stargazer ; demande autorisation de décoller.
_ Commandant Dainslef, votre vaisseau n'est pas adapté au combat ; avez-vous bien reçu votre ordre de mission pour Tpheirset ?
_ Mission prioritaire : je pars sauver un Black Bird en perdition dans les Pléiades.
_ Commandant Dainslef, nous n'avons pas été informé d'un sauvetage urgent à effectuer.
_ Vérifiez ; il s'agit du commandant Laura Solo, vaisseau Bonne-Espérance.
_ Pardon, commandant, vous avez raison ; autorisation accordée, et bon sauvetage. »


Pourquoi Laura « Solo », me direz-vous ? Je ne connaissais que son prénom, et commandant Laura me semblait insuffisant. Alors, il a fallu improviser. Par l'intermédiaire de mon amie Sahaquielle, j'ai pu avoir brièvement accès au bureau du grand patron, et j'ai subrepticement glissé un formulaire d'intégration aux Black Birds à ce nom dans la pile de papiers pour signature. Habituellement, les papiers étaient relus avant d'être déposés sur son bureau, aussi lui-même ne vérifiait jamais la légitimité de la pile de formulaires à signer. Bon, je risquerai une sanction pour une telle arnaque une fois le pot aux roses découvert, mais ceci prendrait plus de temps qu'il m'en fallait pour aller secourir la jeune femme. Et en attendant, personne ne m'empêcherait de décoller.

Il ne me fallut pas longtemps pour arriver dans les Pléiades. La luminosité des étoiles bleues environnantes était hypnotique, mais je savais l'espace local infesté de Thargoïds, aussi refusais-je de me laisser distraire. Je localisai la planète à quelques centaines de secondes-lumière de l'étoile, calai mon pilotage automatique dans sa direction, et commençai à observer les signaux environnants : l'espace grouillait de parasites thargoïdes, menaces estimées entre 4 et 9. Je me devais de les éviter comme la peste, mon vaisseau actuel étant vulgairement qualifié de « chips » par les vétérans de l'escadron. En me rapprochant pour la descente finale, j'aperçus une escadrille de vaisseaux. Je lançai une analyse longue portée, tiquant à l'apparition des résultats : un groupe de combat longue portée de la Fédération, composé d'un ASP et trois Diamondbacks. Que venaient-ils faire ici ? Je décidai de mettre de côté la prudence pour le moment, et fonçai droit vers la surface de l'astre cible.

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il y a 1 an 6 mois - il y a 1 an 6 mois #249088 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
J'avançai le plus vite possible vers le signal de détresse. Je pus heureusement trouver une zone d'atterrissage proche de l'épave du Bonne-Espérance. Lors de ma descente en VRS, j'aperçus les dégâts sur la coque : de la corrosion. Elle avait été abattue par les Thargoïds ! Je craignais le pire. Je poussai un soupir de soulagement en voyant la capsule de sauvetage intacte. Aussitôt la capsule récupérée, j’entamai la remontée. Un coup d’œil fébrile me rassura : ses signes vitaux étaient normaux, en dehors d’une tachycardie sur stress probablement psychogène ; je soufflai, et mes mouvements se firent plus fluides sur les commandes de vol. J’avais commencé à avoir des crampes aux mains, tant la tension qui régnait dans le cockpit avait été forte.
Hélas, tout de suite après, le quatuor de sbires de la Fédération achevèrent leur descente de FSD devant moi : « Ici l’escadrille d’intervention longue portée epsilon de la Fédération. Vous êtes soumis à une inspection de routine. » Effectivement, ils lancèrent un scan de cargaison. N’ayant rien à me reprocher, et dans l’espoir que Laura ne soit pas une criminelle recherchée, j’attendis la fin du scan. Enfin la voix de l’officier retentit : « Au nom de la Fédération, je vous somme de nous remettre immédiatement votre passager.  Nous vous laissons quinze secondes pour obtempérer, et ne vous avisez pas de lancer votre FSD, ou nous ferons feu. » La surprise et la crainte me gagnèrent. Que faire ? Ils avaient des lasers à impulsions suralimentés et des multi-canons, certes tous allégés, mais de vraies armes. Quant à moi, je n’avais pas de contre-mesures, et mon bouclier ne tiendrait pas plus que quelques secondes… « Dix secondes ! » entendis-je dans l’intercom.
Pas le temps de consulter Laura, je devais prendre une décision : j’ouvris la carte galactique et ciblai au hasard un système visible de ma position. Je vérifiais rapidement le moteur de saut : il était opérationnel. « Cinq secondes ! »
Je pris une grande inspiration, espérant de tout mon cœur avoir fait le bon choix. Je n‘aurai qu’une seule chance. « Quatre ! »
Je me calai dans mon siège, saisis les commandes, et lançai dans le canal interne au vaisseau : « Accrochez-vous, ça va secouer ». Juste après mon avertissement, j’entendis « Trois ! », et les fédéraux ouvrirent leurs points d’emport d’armes.

J’appuyai sur le bouton de booster, mis les gaz à fond, et lançai mon FSD. J’entendis un cri de colère dans l’intercom : « Feu à volonté ! Au nom de la Fédération, votre vaisseau est à présent recherché ! » Je sentis de multiples impacts sur le bouclier, dont l’intégrité diminuait en flèche. Une fois celle-ci vacillante, je lançai le mode furtif. Quelques impacts supplémentaires sur le fuselage, un cafouillage des propulseurs… Je fermai un instant les yeux, croisant les doigts pour qu’ils ne me lâchent pas. Un autre coup de booster plus tard, l’alarme sonore et visuelle coupa le calme relatif du cockpit ; lumières rouges clignotantes et alertes du COVAS me ramenèrent à la réalité. Avant que la surchauffe me fasse briller comme un phare sur leurs détecteurs, je libérai le condensat de Bose-Einstein d’une cartouche thermique. Enfin, je pus m’aligner pour la phase finale du saut avec un dernier coup de booster. Une fois le compte à rebours lancé et mon vaisseau hors de portée des armes de mes poursuivants, je restaurai la signature thermique de mon vaisseau, et j’entendis une dernière menace : « Vous ne pourrez pas vous échapper indéfiniment. Soyez sûr que nous vous retrouverons. Nul ne défie impunément l’armée fédérale ! ».

Le saut enfin terminé, je planifiai un trajet de ce système vers un autre pris lui aussi au hasard, à quelques 1800 années-lumière, bien au-delà de la nébuleuse de la tête de la sorcière. Je pris garde de choisir un trajet me faisant faire des sauts de 55 à 60 années-lumière chacun, afin de limiter leurs possibilités de me retrouver. Leurs vaisseaux étaient certes de longue portée, pour des vaisseaux de combat, mais celle-ci ne dépassait guère 50 années-lumière, au mieux. Après trois sauts de plus, je m’autorisai à regarder de nouveau les signes vitaux de ma protégée : le stress était à son paroxysme. Je pris donc la décision d’aller la libérer. A l’approche de la capsule, j’entendis effectivement des cris de panique et des coups sur la porte hermétique. Je pris l’intercom : « Laura, je suis là, je vous ouvre. » Ce que je fis ; aussitôt elle bondit hors de la capsule et se jeta dans mes bras en pleurant.

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il y a 1 an 6 mois - il y a 10 mois 1 semaine #249106 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
La pression fut longue à retomber. Elle parlait sans discontinuer, m’expliquant comment elle en était arrivée se faire attaquer par les Thargoïds. Son récit aurait pu paraître naïf de prime abord, mais il révélait des choses sur nos ennemis jurés : elle apportait involontairement une confirmation à ce que la D.A.X. refusait d’admettre, les officiers nous martelant le contraire avant chaque mission.

Je n’ai pas vraiment de raison de m’étendre sur son récit, aussi je résumérai celui-ci en quelques lignes : elle avait eu un premier contact avec un intercepteur thargoïd, qui était resté purement passif et avait examiné son vaisseau, sans agressivité. Toutefois, elle était allée récupérer des artéfacts gardiens et, sur le retour, une hyperdiction s’était mal terminée. Laura suggérait que les Thargoïds n’étaient pas intrinsèquement agressifs. Elle a pu en catastrophe effectuer un dernier saut, avant d’avoir une dysfonction de FSD causée par la corrosion, qui l’avait empêchée de sauter à nouveau. Elle avait ensuite trouvé un astre proche, afin de naufrager relativement proprement son Diamondback Explorer, et de l’évacuer en sécurité.

Elle avait été angoissée par la longue attente et l’incertitude quant à son sauvetage. Les bruits de l’attaque et les sauts répétés avaient accru son sentiment de claustrophobie. Qui pourrait comprendre l’horreur d’un confinement aussi prolongé dans un tel inconfort ?

Finalement, elle se calma. Je lui offris une boisson et un sandwich, qu’elle dévora en un rien de temps. Je repris mon itinéraire de sauts, afin d’éviter que nos poursuivants retrouvassent notre piste. Au bout d’une vingtaine de minutes, alors que j’avais entamé une longue boucle qui finirait par nous ramener dans la bulle, elle vint me voir dans le cockpit. Elle avait pris une douche et s’était changée, ses cheveux légèrement humides retombant de part et d’autre de son visage. Ils avaient pris un ton légèrement plus roux, et faisaient ressortir l'émeraude de ses yeux, sur lesquels elle n’avait pas remis ses lunettes : des yeux magnifiques. Je fis une pause pour l’admirer. Elle avait enfilé une combinaison de rechange, toujours aussi simple, couleur crème, qui soulignait ses formes naturelles, le galbe de ses muscles, la féminité de ses hanches et de sa poitrine. Aucun mot ne put sortir de ma bouche. Elle jeta un œil à la carte galactique, puis se tourna vers moi, me sourit, formant d’adorables fossettes sur ses joues, et après un temps infini, se décida à parler, alors que je restais bouche bée devant elle :
« Merci à toi. Je suis… désolée pour mon comportement de tout à l’heure. » Dit-elle en baissant les yeux. Après un certain délai, et même un délai certain, je répondis :
« Y-a pas de quoi, Laura. Je te devais tellement ! Jamais je n’aurais envisagé de ne pas venir à ton secours : il le fallait. Et pour tout à l’heure, c’est normal, je sais ce que c’est que de paniquer à l’idée de mourir faute de secours. Je serai bien le dernier à te reprocher ta peur. Encore une fois, je m’en serais voulu toute ma vie, si je n’étais pas venu te chercher. »
_ Je… » Le mots avaient visiblement du mal à sortir de sa bouche. Je décidai de parler le premier :
« Je suis désolé. Je t'ai enrôlée dans mon escadron, sans ton accord, en court-circuitant de façon totalement illégale la procédure normale. » Voyant qu'elle ne réagissait pas, je poursuivis rapidement, pour justifier mon acte : « C'est ce qui m'a permis de venir te sauver ; sinon, j'aurais été contraint d'intervenir ailleurs, sur un lieu de conflit. Et accessoirement, j'ai commis plusieurs infraction à notre code, dont la désobéissance à un ordre direct de mon supérieur.
_ Tu as fait ça ? » Elle écarquilla les yeux. Je m'attendais à une explosion de colère pour l'avoir inscrite chez les Black Birds, aussi ce qu'elle me dit me surprit : « Tu as commis un délit, et tu as désobéi à ton supérieur pour venir me sauver ? Pour moi ? »

Le silence retomba dans le cockpit. Nous n’osions plus parler. Je fis le premier pas, levant lentement mon bras tremblant vers son visage, lui caressant la joue. Elle ferma les yeux et avança vers moi. Sa peau était douce, ses cheveux soyeux. Au moment où nos lèvres se rencontrèrent, je pus sentir son doux parfum. Je fermai les yeux à mon tour, coupai les propulseurs du vaisseau, et réduisis la gravité artificielle au minimum. Nos combinaisons tombèrent bien avant que nous arrivions dans ce qui tenait lieu de chambre dans ce vaisseau. Nous vécûmes ensemble des heures extraordinaires, dans la pénombre blafarde de la naine brune autour de laquelle nous dérivions, témoin unique de notre passion intense, brûlante, dévorante.


A ce moment-là, je n’avais pas encore compris la force de mon engagement, la déchéance à laquelle il risquait fort de me mener. J’aurais déplacé des montagnes pour elle. J’avais fait mon choix, pour le meilleur et pour le pire.

Après des heures de repos mérité, de passion déchaînée, d’extase inégalée, je repris les commandes de mon vaisseau, afin de nous ramener tous deux au bercail. L’angoisse anticipée des conséquences de mes actes remontait lentement dans mon esprit. J’avais fait un « vrai-faux » document d’inclusion au sein de Black Birds au nom de Laura, et par la même occasion, refusé d’obtempérer à un ordre direct du Dictateur en temps de guerre. Un plan s’échafauda dans mon esprit vers la fin du trajet retour, alors que Laura dormait tranquillement dans la couchette. Ce plan finit par s’assembler complètement, j’en étais même devenu confiant dans sa réalisation.

Mon optimisme débordant s’effondra comme un soufflé, lors de mon arrivée à Samson : un comité d’accueil fédéral était là, composé d’un Faragut, plusieurs escadrilles de Corvettes, de FAS, de FGS, FDS, de Vultures, de multiples Eagles et d'une nuée de Condors, qui encerclait la station. Une force de frappe probablement capable d’annihiler les forces de défense du Consilium, et certainement mon pauvre vaisseau léger en un clin d’œil. Avant que j’aie pu demander l’appontage, la station ouvrit un canal de communication avec mon vaisseau :
« Ici le Commandant Phoneix, Rapture XXV, Prince Noir et Dictateur suprême du Black Birds Consilium, chef du Black Birds Squadron. Commandant Dainslef, je vous somme de vous poser immédiatement sur la baie 19, c’est un ordre ! »

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il y a 1 an 6 mois - il y a 1 an 6 mois #249107 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
Sans attendre une réponse, il referma le canal. Je vis un groupe de vaisseaux d’attaque fédéraux m’encercler : je n’avais pas vraiment le choix. Tout mon beau plan commençait à prendre l’eau de toute part. Je me posai sur la baie indiquée, la peur au ventre et la mort dans l’âme. Un autre comité d’accueil, d’infanterie lourde cette fois, m’attendait à la sortie. Les soldats consiliens s’écartèrent pour me laisser un passage jusqu’à un Phoneix au visage sombre qui m’attendait, assis dans un bureau à proximité. Je fus fouillé, avant d’être assis sur un siège face à lui. La conversation qui s’engageait était surveillée de près par deux soldats d’élite de la Phalange Noire. Le Dictateur ouvrit les hostilités :
« Commandant Dainslef, savez-vous à combien de chefs d’accusation vous allez devoir répondre ?
_ Monsieur, concernant le sauvetage, il s’agissait d’une mission prioritaire…
_ Non, la personne que vous avez à bord avec vous n’est pas un Black Bird. Votre seule mission était d’aller au front contre les Wanderers of Witchspace. Vous avez désobéi à un ordre direct de votre dirigeant suprême ; savez-vous quelle est la peine encourue pour un tel acte ?
_ Pardon Monsieur, mais sauver un Black Bird prend le pas sur les autres missions. Et Laura est un Black Bird, aussi je vous invite à aller vérifier votre signature sur le document que vous avez signé hier, numéro 3306-04-0057, qui confirme son intégration à l’escadron.
_ Je n’ai jamais validé une telle…
_ Mais vous l’avez signé. » Je commençai à reprendre confiance, mon plan retrouvait de la vigueur, je le vis devenir hésitant, aussi je me risquai à aller plus loin. « À moins d’admettre que vous puissiez signer des documents sans les lire, même en diagonale, ce que vos opposants ne manqueront pas de…
_ Taisez-vous ! » Je l’avais ébranlé dans ses certitudes, mais il revint à l’assaut. « Et concernant votre passagère, que vous avez faite intégrer dans l’escadron, je suppose sans son consentement, savez-vous de qui il s’agit ? » Malgré son calme apparent, je sentais poindre une colère froide. Cette sensation ne m’empêcha pas de tenter un coup de bluff. Je n’avais plus rien à perdre :
« Oui, bien sûr, comme vous le savez, elle s’appelle Laura Solo, et...
_ Non ! Elle s’appelle Laura Dekker ! Ce nom vous dit peut-être quelque chose ? »
Je me liquéfiai sur mon siège, commençant à entrevoir la raison de tout ce déploiement de troupes.
« J’ai connaissance du colonel Bris Dekker. Pourquoi ? Il y aurait un lien ?
_ C’est sa fille, et il veut la récupérer. Nous avons reçu un ultimatum : ils se sont pointés il y a neuf heures, nous sommant de ‘’libérer notre otage’’ avant douze heures. Nous n’avons plus que trois heures pour leur remettre notre ‘’otage’’, comme ils disent, faute de quoi, ils considéreront notre refus d’obtempérer comme une déclaration de guerre à l’encontre de la Fédération. C’est ça que vous voulez, commandant Dainslef ? Une guerre entre la Fédération et le Consilium ? Vous croyez peut-être que nous n’avons pas assez d’ennemis, et que tant qu’à déclarer une guerre, autant que ce soit contre la plus grande puissance militaire de la galaxie ? Peut-être souhaiteriez-vous être envoyé en première ligne, de préférence à la tête de la première mission-suicide que le Consilium organiserait pour retarder la chute inévitable qui s'ensuivrait ? C'est ça que vous voulez, commandant Dainslef ? Mourir en héros ? »

Il était assis posément, la bouche et le menton appuyés sur ses poings fermés, masquant ainsi le bas de son visage, les coudes reposant sur le bureau, le regard vissé sur mon visage blême. Une posture intimidante, celle du prédateur qui a ferré sa proie. J’étais désemparé. Je vis par la fenêtre la jeune femme dont je m’étais épris, être emmenée calmement mais fermement par un groupe de soldats, vers une corvette aux couleurs de l’armée fédérale. Dans un élan de désespoir, je jouai mon dernier atout. Tombant à genoux, je suppliai :
« Monsieur, il s’agit d’une méprise, elle n’était pas dans mon vaisseau sous la contrainte, et je suis sûr qu’elle vous dira qu’elle préfère rester avec moi, ici, que de retourner chez les Fédéraux ! Je suis certain qu’il s’agira d’une excellente recrue !
_ Je ne me souviens pas vous avoir demandé votre avis, ni même celui de mademoiselle Dekker, que je sache. Peu importe votre avis ou le sien : elle rentre sur Iapetus et, quant à vous, je vais réfléchir à une sanction adaptée à votre insubordination, qui commence à devenir un peu trop coutumière. En attendant, vous êtes assigné à résidence sur Samson. »

Sur ce, il se leva, tourna les talons, et partit en claquant bruyamment ces derniers sur le parquet en marbre synthétique du bureau, me laissant entre les mains des gardes, qui me sortirent sans ménagement du spatioport. Désemparé, désœuvré, désespéré, je repartis machinalement vers ma cabine.

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il y a 1 an 6 mois - il y a 9 mois 3 semaines #249109 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
En rentrant dans mes quartiers de la station, qui tenait à présent lieu de prison, mon regard tomba sur la clef de données, négligée la veille. Je pris un temps de réflexion ; non, pas maintenant. J'avais d'abord quelque chose à faire qui, à défaut d'être important, était seulement vital pour mon esprit à la dérive. J'ôtai ma tenue de pilotage, encore imprégnée du parfum de Laura, et le cœur gros, je la jetai sur ma couchette. Je mis une tenue civile, pris une grosse somme en liquide, et partis vers le quartier des distractions, celui qui brillait, récuré, pimpant, pour attirer les touristes. Je me disais, tout au long du trajet : tu as oublié un truc, oui, mais quoi ? Impossible de mettre le doigt dessus...
Ce soir, je dépensais sans compter au casino : près d'un million à la roulette, quatre cent mille crédits à la grosse table de blackjack, plus de six cent mille au poker. Les tournées se poursuivaient sans discontinuer. Jamais auparavant on ne vit ça à Samson. Mais mon âme était toujours en peine. Et toujours cette même question, qui me taraudait : qu'avais-je bien pu oublier ?
L'oiseau continuait de broyer du noir en sortant du casino, tard dans la nuit. Alors que je déambulais sans but, j'entendis une voix éraillée me héler : « Hé, le millionnaire ! T'as deux minutes ? » Je me retournai prestement, pour voir face à moi trois gaillards éméchés, couteau à la main. Ils levaient lentement leurs armes dans ma direction, presque trop négligemment. Ils s'approchèrent de moi, ignorant vers quel sombre destin ils se dirigeaient, la fleur au fusil.

Tout était en place pour la partie d'échec galactique. Les pions mouraient d'envie d'en découdre. J'avais les blancs. Je bougeai ma première première pièce : les EGC attaquaient les intérêts des Oiseaux Noirs sur Nyx. J'attendais avec impatience le coup adverse…

En recouvrant mes sens, j'eus un aperçu rapide de la scène ; j'étais debout, les mains pleines de sang. Je vis trois corps au sol : un cadavre désarticulé au niveau cervical, un égorgé dont le cou gargouillait encore, un air surpris sur le visage, et le dernier qui agonisait, tenant un manche de couteau qui dépassait de sa poitrine. J'imaginais sans difficulté ce qui avait pu se produire durant les quelques secondes de ma transe. Ça y est, je me souvenais le détail que j'avais oublié : avec toutes ces émotions, ça faisait plus de vingt quatre heures que je n'avais pas pris mon traitement ! Cet oubli avait permis de garder des réflexes optimaux malgré l'heure tardive, mais Caster avait également pu pointer le bout de son nez ; il fallait corriger ça, et vite ! Je repartis d'un pas décidé vers mes quartiers, laissant les voyous méditer leurs péchés en rendant leur dernier souffle. Encore une fois, mon attention fut détournée par les lumières criardes du Perséphone, encore une fois, mon chemin se détourna pour aller noyer mon chagrin dans l'eau-de-vie de Thargoïd. Je prendrai mon traitement plus tard, me disais-je…

Caster ne se repointa pas de la nuit, et je rentrai complètement ivre, titubant, dans ma chambre. C'était une cuite mémorable, qui n'avait rien adouci. Je pleurnichai comme un enfant, allongé sur la couchette. Ceux qui vous disent que l'alcool permet d'oublier vous mentent. L'alcool ne fait que ressortir les émotions enfouies au plus profond de vous, les autorisant à s'exprimer librement, et la libre expression de telles émotions négatives n'amène rien de bon. Je sombrai rapidement dans le cauchemar. À quoi devais-je penser avant de me coucher, au juste ?

Il était debout, face à moi, les mains derrière son dos, dans un impeccable costume blanc à la mode du XXXIIIème siècle. Son visage triangulaire était reconnaissable entre mille. Je criai : « Caster ! Espèce de salaud !
_ Tout doux, Harvey, mon ami. Je suis venu en paix.
_ C'est Dainslef ! D-A-…
_ Je sais, je sais. Mais comme je te disais, je suis venu en paix ; je veux t'aider.
_ Comment peux-tu dire ça ? Tu as tout fait pour me détruire.
_ Tu crois ça ? D'après toi, quelle chance y avait-il pour que quelqu'un vienne te sauver, lors de notre précédente confrontation spatiale ?
_ Pardon ? Qu'insinues-tu ?
_ Tu étais en perdition dans un système inhabité, loin de toute voie commerciale, sans aucun site touristique, militaire, ou digne d'intérêt de quelque nature que ce soit à proximité. Quelle chance avais-tu de recevoir un secours, avant de mourir d'asphyxie ? Qui a bien pu t'envoyer ta sauveuse ?
_ Je ne te crois pas. Tu n'as pas pu m'envoyer Laura. Tu me détestes trop, je l'ai vu dans mes réminiscences de ton passé.
_ Oui, mais ça, c'était avant.
_ Avant quoi ?
_ De te connaître. Tu es pugnace, courageux, et malgré ton manque d'anticipation, tu es intelligent, à ta façon. Je me suis… attaché à toi. J'ai changé d'avis sur toi, et décidé de te sauver. Tu es de ma famille, après tout.
_ Viens-en au fait. Dis-moi ce que tu veux, au lieu de tourner autour du pot. Pourquoi aurais-je besoin de ton aide ? Qu'as-tu à m'apporter ?
_ Je peux te permettre de retrouver celle que tu aimes, et que j'ai mise sur ton chemin. Fort jolie, d'ailleurs. Je peux te libérer de tes chaînes, te donner un vaisseau d'une puissance inégalée. Je peux faire de toi le pilote le plus redouté de l'univers connu.
_ Et qu'as-tu à y gagner ?
_ un allié, un vengeur invincible, mon bras armé. Avec mon cerveau et tes capacités de pilotage, nous ne craindrons personne. » Il me tendit la main : « Sois mon allié, Dainslef, et ensemble, nous régnerons sur la galaxie. »

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il y a 1 an 6 mois - il y a 1 an 5 mois #249128 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
"Notre sang coule dans tes veines, pourtant, tu oses encore espérer.
Penses-tu réellement rejoindre ta reine ? Crois-tu pouvoir encore l'aimer ?
Où est passé ton honneur, celui que nous t'avons inculqué ?
Tu seras damné pour cette injure, à jamais renié.
Nous graverons sur ta tombe ce mot illusoire,
Ce mot qui provoquera ta perte : l'espoir."
(Penumbra, « Hope », album « Seclusion », Season of Mist, 2003)


Le regard rivé sur la gélule orange, que je faisais rouler sur la table de nuit avec la pulpe de mon index, je pesai le pour et le contre. Mes pensées avaient du mal à percer ma gueule de bois carabinée. Me libérer de mes chaînes, n'était-ce pas ce que je souhaitais le plus ardemment ? Ce qui impliquait malheureusement de trahir les miens : mes amis, mes frères, ma vraie famille. Caster m'avait si souvent dupé, que je préférais ne pas en tenir le compte. Pourrais-je réellement retrouver Laura ? Aurais-je la force de tout sacrifier pour devenir un paria ? Et surtout : me suivrait-elle, si je prenais une telle décision ? Enfin, dernière question, et non des moindres : franchement, qui aurait pu prévoir qu'un colonel à la retraite avait gardé tant de liens d'amitié dans l'état-major, au point d'être capable de déployer une flotte de guerre entière ?


Comprenez-moi bien, un tel dilemme aurait pu consumer un esprit faible, mais j'avais refusé de m'apitoyer sur mon sort. Pour la deuxième fois de ma vie, et je n'en avais pris conscience qu'après, j'envisageai de trahir les miens, à cause de cet odieux manipulateur. On aurait pu croire à un contrat léonin en faveur de Caster, à signer avec une plume taillée dans l’os d’un pendu, et trempée dans mon propre sang. Mais mon esprit était trop préoccupé par des considérations autres, pour comprendre l’étendue de la machination dont j’étais l’un des multiples rouages.

Jamais auparavant je n'avais ressenti une telle oppression dans ma poitrine. Mon visage tordu par la souffrance morale en était devenu douloureux, et cette torture durait maintenant depuis plusieurs heures. Je vis soudain à travers les larmes une alerte sur mon ordinateur personnel : un message prioritaire. M'essuyant les yeux rougis par le malheur, j'ouvris un message anonyme en provenance de Vénégana, titré ‘’brèche dans la sécurité consilienne’’, qui se résumait à plusieurs vidéos. Je les visionnai l'une après l'autre, et un regard sur la date me fit comprendre l'étendue du désastre : lors de mon escapade à la poursuite de mon Krait téléguidé, une silhouette sortit des locaux de R-Corporation ; le logiciel d'exploitation de l'image reconstruisit sans difficulté un visage triangulaire, encore une fois reconnaissable entre mille…

Lors de l'attaque des Wanderers of Witchspace contre nos alliés, un Cobra se posa brièvement, de nuit, sur le même spatioport d'où j'avais décollé en urgence quelques jours plus tôt. Les forces consiliennes ayant, pour la plupart, été réquisitionnées pour lutter aux côtés des fumeurs d'herbe, ce vaisseau n'avait guère attiré l'attention de la sécurité locale, débordée par ce qui n’aurait dû être que la routine en effectif normal. Officiellement, il se contenta de faire le plein de carburant, son pilote n’en sortit même pas, ainsi personne ne fit attention à cet oiseau de fer. Toutefois, un examen rapide de la vidéo montrait, en dépit de l'obscurité, une silhouette rejoindre furtivement le Cobra ; elle avait exactement la même carrure et la même façon de se déplacer que celle ayant quitté R-Corporation.

La gorge sèche d'avoir trop pleuré, sécheresse aggravée par la montée d'adrénaline qui m'électrisait la peau, je déglutis péniblement ma salive, puis lançai une procédure de reconnaissance du vaisseau : un faux identifiant, encore une impasse. C'est en le voyant décoller que l'idée me vint : je lançai en parallèle plusieurs analyses de la traînée de ses propulseurs, selon différentes longueurs d'onde, afin d'établir la signature spectrale complète de ces derniers, puis je lançai un scan complet des bases de données des forces de sécurité de la galaxie. Les résultats me hérissèrent le poil, me laissant un affreux pressentiment, car tous les systèmes où il avait par ailleurs l'habitude de se ravitailler, les nombreux crimes dont il avait été l'arme, la notoriété de son pilote, absolument tout ce que je trouvai sur ce vaisseau hurlait son allégeance : ce Cobra servait les intérêts d'Archon Delaine, le seigneur pirate.

Je pris le temps de faire ce que je n’avais pas jugé utile naguère : je visionnai l’ensemble des vidéos sur lesquelles j’apparaissais chez R-Corporation. Mes craintes se confirmèrent : lors de mon rêve éveillé, j’avais en effet rejoint une cuve de clonage, puis connecté ma tête à une sorte de série de câbles, dont l’utilité était évidente ; j’avais ressuscité Caster. Je fis une autre vérification, et mon stress retomba légèrement : il n’avait pas pris la peine de disséminer de nouvelles sauvegardes numériques de son esprit, la cuve n’ayant ni connexion réseau, ni mémoire. Cette précaution l’avait rendu indétectable, et elle montrait également la confiance qu’il avait dans son plan machiavélique. Bien des choses s’expliquaient, et le puzzle s’assemblait enfin dans ma tête : Caster avait planifié sa résurrection et son évasion de A à Z, chaque intervenant avait joué un rôle parfaitement défini dans sa tragédie en cinq actes.

Acte premier : je gagnai notre lutte dans le super-ordinateur de sa base secrète (ou peut-être me laissa-t-il gagner ?), dissimulant en moi une sauvegarde de sa personnalité, tel un cheval de Troie, et laissant croire sa défaite aux autres protagonistes.

Acte deuxième : lors d’une nouvelle prise de contrôle, il pirata à distance l’informatique de R-Corporation, seule entreprise aux alentours suffisamment équipée pour produire des clones, et y programma la production clandestine d’une copie de son propre corps ; puis il agita un chiffon rouge à Vénégana, s’arrangeant pour m’y faire envoyer, moi le héros en qui Phoneix avait retrouvé confiance.

Acte troisième : lors d’une brève prise de contrôle, il m’envoya un message, se faisant passer pour son ancien ami, localisé évidemment à R-corporation, me poussant à venir enquêter sur place ; je m’étais laisser appâter, puis ferrer, comme un vulgaire poisson.

Acte quatrième : lors de ma visite à R-Corporation, il prit de nouveau le contrôle de mon corps, téléchargea sa personnalité à partir de mon esprit vers sa nouvelle enveloppe, et détourna mon attention de Vénégana, lui permettant de sortir du complexe, sans éveiller mes soupçons.

Acte cinquième : après une longue période de patience, bien sagement dissimulé dans une ville qui recherchait activement un homme sale, dépenaillé, mais surentraîné, il profita d’un sous-effectif de la sécurité, sous-effectif causé une guerre à laquelle participait les Black Birds, pour fuir à bord d’un vaisseau pirate qui avait eu l’outrecuidance de venir se poser incognito sur un spatioport consilien.

Au vu des antécédents du personnage, malgré l’absence de preuves en ce sens, il était évident que ces coïncidences apparentes étaient liées, que tout était planifié, probablement depuis le début, car que serait venu faire un vaisseau pirate en ces lieux, même lors d’une baisse du niveau de sécurité ? Un plein de carburant aurait pu facilement être effectué dans une station non sécurisée: il s’agissait là de nouveaux éléments du plan d’évasion de Caster, une mécanique aux rouages parfaitement huilés, une immense machination qui, par un enchaînement de causes et d’effet, ne pouvait aboutir qu’à un seul et unique dénouement : la résurrection du Mal et l’ouverture de la boîte de Pandore.

En effet, j’avais beau chercher des failles à son plan, j’échouai à trouver la moindre fissure nanométrique : je collaborai avec lui au lieu de l’affronter dans le super-ordinateur ? Il avait son allié au sein des Black Birds. Un autre que moi aurait été envoyé sur Vénégana ? Il serait resté discret, puis au bon moment, aurait de nouveau fait braquer les projecteurs sur Vénégana, et l’idée d’envoyer celui qui avait vaincu le terrible Caster aurait jailli à un moment ou un autre. Dans le pire des cas, il aurait eu le temps de préparer une alternative matérielle, bien au chaud dans mon crâne. Je trépassais lors d’un des nombreux moments critiques qui ont émaillé mon parcours ? Toute trace de sa sauvegarde en moi aurait disparu. En cas d’aveu à ma hiérarchie concernant mon colocataire, je signai certainement mon arrêt de mort. Et tout le reste était à l’avenant : un plan calculé dans ses moindres détails, chaque réussite ou échec personnels ne modifiant en rien l’issue finale, chaque décision ayant été anticipée, constituant un plan d’une pure perfection, un joyau d’intelligence et de perversion.

Malgré le vertige ressenti à ma découverte et la douleur causée par mes exactions de la veille, un dernier détail titillait toutefois ma curiosité, mais ne dit-on pas que Caster se cache dans les détails ? Qui avait bien pu avoir connaissance de ces vidéos, et envoyé ce message, me révélant ainsi le pot aux roses ? Pouvait-il encore une fois s’agir d’une de ses nombreuses ruses, destinée par je ne sais quel enchevêtrement de causes et d’effets, à aboutir à une conclusion à son avantage ? Que devais-je faire ? Je regardai de nouveau la capsule de la taille d’une cacahouète, contenant un cocktail de produits pharmaceutiques, censé me prémunir contre le cheval de Troie qui partageait mon âme en deux. Je pris une première décision, me levai, et avant de partir, me posai encore une dernière fois la question : que faire de cette gélule orange ? La réponse à cette dernière interrogation sonnait comme une évidence…

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il y a 1 an 5 mois #249133 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
« Monsieur, je vous supplie de m’écouter ! L’heure est grave, et ne l’a jamais autant été ! »
Le commandant Phoneix se redressa sur son siège, croisa les bras, et fronça les sourcils, avant de répondre lentement : « je vous laisse deux minutes de mon précieux temps, puis, si j'estime votre intervention injustifiée, je vous envoie au trou pour le temps qu’il vous restera avant que la cour martiale rende son verdict.
_ Il est de retour, Monsieur, et il a des alliés de taille.
_ Soyez plus précis, commandant Dainslef. Qui est de retour, et quels alliés a-t-il ?
_ Le professeur Caster, et il s’est allié avec la lie de la galaxie : Archon Delaine. » Phoneix soupira, puis décroisa les bras, se leva lentement et vrilla son regard dans le mien, avant de daigner rouvrir la bouche :
« Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer ceci avec autant d’aplomb ?
_ J’ai des preuves, Monsieur, fournies par les quelques contacts que j’ai pus tisser avant de partir.  » Je sortis une clef de données, et lui fis regarder deux passages : un arrêt sur image montrant le visage de Caster lors sa fuite de R-Corporation, ne montrant ni le nom, ni le logo apparaissant sur le bâtiment, puis son embarquement dans le Cobra pirate. Enfin, je lui montrai les résultats de mon enquête sur ce même Cobra. Au fur et mesure que les éléments s’accumulaient, il écarquilla les yeux. Finalement, il soupira de nouveau et me dit :
« Il était censé être mort. Enterré. Fini. Que s’est-il passé ?
_ Mon hypothèse personnelle est qu’il avait créé une sauvegarde dormante de son esprit.
_ Là où Dupont est réapparu ? Il l’aurait ressuscité ?
_ Probablement, Monsieur. » La gorge sèche, je croisai les doigts pour que mon mensonge prenne. J’avais bien intégré les cours de dissimulation, aussi j’avais pris une faible dose de béta-bloquant pour ne pas trop montrer mon stress, pour que ma tension semble simplement en rapport avec la crainte du retour de celui que j’étais sensé avoir tué. Il ne fallait surtout pas que Phoneix doute de ma parole, et qu’il fasse vérifier mes preuves. Je devais enchaîner, pour l’empêcher de réfléchir plus avant : « J’ai honte, Monsieur. Je n’ai pas vu ces éléments lors de mon enquête, et Dupont avait bien brouillé les pistes. Mais je suis sûr de pouvoir retrouver leurs traces.
_ Vous êtes assigné à résidence sur Samson en attendant votre procès en cour martiale, je vous rappelle.
_ Laissez-moi me racheter, s’il-vous-plait : je vous ramènerai leurs têtes.
_ Je vais y réfléchir. Vous pouvez disposer. »
Il salua, se rassit, et fit mine de s’intéresser à un de ses nombreux dossiers estampillés « URGENT » sédimentant sur un coin de son bureau ; le message était clair, il fallait que je sorte, et en vitesse. Ce que je fis, après un bref salut, auquel il ne daigna pas prêter attention.

Plutôt que de tourner en rond, je m’intéressai enfin au cadeau de Sahaquielle : la fameuse clef de données. Je la branchai sur mon ordinateur. Elle ne contenait qu’un seul dossier, intitulé : « le Prédateur ». Je l’ouvris, pour tomber sur des plans et des spécifications techniques autour du Mamba. Je passai l’après-midi à étudier ce que j’arrivai à comprendre, la plupart des fichiers concernant de toute évidence des modifications de module réservés aux plus grands spécialistes de la question. Plus je lisais, plus mon intérêt grandissait. Si j’en croyais les données des tests de performance, il s’agissait d’un Mamba d’une efficacité absolument redoutable : rapide, agile, extrêmement puissant et résistant. À première vue, pas le moindre défaut, aucun talon d’Achille, un prédateur parfait ! Merci, mon amie, me dis-je ; ça, c’est un sacré cadeau ! Et je savais quoi faire de ces fichiers.

En refermant le dossier, je vis qu’un message était arrivé une vingtaine de minutes auparavant sur la messagerie sécurisée : un ordre de mission de Phoneix. Je soufflai, mais mon répit ne fut que de courte durée. En substance, puisque seul Caster s’était enfui de Vénégana, il me confiait la mission de retrouver mes contacts, afin de coincer Dupont, une bonne fois pour toutes. Je me mordis les lèvres car, contrairement à Phoneix, je savais que Xavier Dupont avait été tué, et son corps pulvérisé des décennies auparavant, lors de la dernière bataille ayant opposé Caster au Consilium. A moins de ressusciter un autre mort, j’étais incapable de lui rapporter la tête de ce personnage. Il y avait toutefois une condition supplémentaire : à la demande expresse du colonel Dekker, j'avais interdiction formelle d'approcher à moins d'une année-lumière de sa fille, actuellement dans le système solaire.

Malgré tout, l’occasion de sortir de Samson devait être saisie, aussi je m’empressai d’accepter la mission ; je trouverai bien une excuse à mon échec, mais plus tard. Retrouvant un semblant de confiance en moi, je me dirigeai prestement vers la baie d’appontage ou sommeillait mon bon vieux Shooting Star. Je fis toutefois un détour par le technicien, afin de faire retirer préalablement au décollage tous les systèmes de pilotage automatique, parce que comme on dit, chat échaudé craint l’eau froide : Caster ne me volera pas deux fois mon Krait, « faut quand même pas déconner… »

Avant de partir, je passai une commande : une grosse commande, que je qualifierais même de faramineuse, dilapidant des économies prudemment thésaurisées, avec la solide conviction que le jeu en valait la chandelle.


Avais-je fait les bons choix ? Encore à ce jour, je reste persuadé qu’il n’y avait pas de choix idéal. Avais-je pris la bonne décision concernant le pacte proposé par mon colocataire démoniaque ? Je l’ignore. Concernant les psychotropes ? Je l’ignore encore. Quid de mon aveu, des mensonges et autres omissions à mon supérieur ? Aurais-je dû m’abstenir ? À posteriori, la critique est aisée. Aurais-je pu seulement prévoir l’ensemble des conséquences ? Comme on dit, et l’origine de cette phrase se perd dans la nuit des temps : « les prédictions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir. » Tout ce que je sais, c’est que toutes mes décisions, sur le moment, paraissaient les moins mauvaises.

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il y a 1 an 5 mois - il y a 10 mois 1 semaine #249140 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
Jusqu’à ma chambre d’hôtel de Highland City, je ressassai mon plan, espérant que mon pari soit payant ; pour cela, il fallait que je puisse revoir Caster. J'avais réservé une chambre dans un hôtel au tarif plus raisonnable que la fois précédente, et après avoir posé ma valise, j'allai me reposer : j'étais épuisé, et j'attendais une nouvelle discussion, que j'espérais plus constructive. Je m'endormis rapidement, appelant de toutes mes forces son nom, pour qu'il revienne.

Encore une fois, il apparut devant moi dans cet horrible costume démodé. Encore une fois, il étalait son sourire insolent. Encore une fois, il affichait une fatuité horripilante. En revanche, cette fois, c'est lui qui ouvrit les hostilités : « Ça n'est vraiment pas bien d'oublier de prendre ses médicaments… surtout quand l'oubli est volontaire.
_ Je t'emmerde, Caster !
_ Rhoooo ! Je t'ai déjà dit de m'appeler Will. Bonjour Dainslef, moi aussi ça va, et cætera, et cætera. Assez de simagrées, mon ami, que me veux-tu ?
_ Je veux que tu me dises où tu te planques.
_ Sans blague ? Et comment le saurais-je ? Je te rappelle que je ne suis qu'une copie de la véritable…
_ Arrête d'essayer de me baiser dans les grandes largeurs ! Je sais très bien que tout a été planifié depuis longtemps, que tu es tout autant au courant de ce plan que ne l'est le nouveau Caster fraîchement sorti de la cuve ; par conséquent, tu connais la réponse à ma question. Alors tu vas me dire ce que je veux savoir !
_ Pour quel motif ? Parce que tu me le demandes poliment ? Me croirais-tu assez stupide pour trahir mon propre plan, juste parce que…
_ Parce que j'ai décidé de te rejoindre.
_ Je ne te crois pas ; tu sais très bien que je lis tes pensées. Tu veux me retrouver pour ramener ma tête à ton chef, afin qu'il pardonne tes égarements libidineux.
_ Je t'interdis de parler de Laura de cette façon !
_ J'en parle comme je veux. Je ne fais qu'énoncer un fait, puisque j'ai moi-même pu en profiter : j'étais présent, je te rappelle, et c'était très agréable, merci.
_ Non, tu ne me mettras pas en colère. Et tu vas me dire fissa où tu te planques. J'en ai assez que tu te joues de moi.
_ Au risque de me répéter, il en est hors de question.
_ Il y a une chose que j'ai pu comprendre, lorsque je suis allé me faire traiter mon ''dédoublement de personnalité''. C'est que nous sommes peut-être deux dans ma tête, mais c'est moi la personnalité principale. Un effort de volonté de ma part devrait me permettre de te faire plier.
_ Encore une fois, tu te fourvoies. Tu… » Je le vis soudain se figer, son visage perdant son éternel sourire. Je m'efforçai de pénétrer son esprit, comme lui pouvait pénétrer le mien. Soudain, je commençai à ressentir du doute, de la crainte, de la peur, même, mais ce n'était pas mes propres émotions. Puis un torrent de sentiments contradictoires se déversa ; dans une grimace, il ouvrit la bouche et hurla : « Je suis caché sur Rusalku !
_ Et voilà ; tu vois, ce n'était pas si difficile, n'est-ce pas ? Tu as présumé de tes forces, ou de ma faiblesse, au choix. » En lieu et place de son air fat, il montrait un visage de terreur mêlée de honte. À cet instant, à ma grande satisfaction, je sus que je pouvais rompre le contact de ma propre initiative.


J'étais assis devant mon ordinateur portable, dans ma chambre d'hôtel. Des lignes de code apparaissaient à l'écran, incomplètes; Caster n'avait pas eu le temps de finaliser le processus qu'il avait entamé. Pour la première fois, j'avais réellement gagné une bataille contre lui. Pour la première fois, j'avalai sereinement la gélule orange.

Je me posai tranquillement devant le clavier, et analysai avec un plaisir non dissimulé le paquet-cadeau que me préparait Caster quelques instants auparavant. Si j'en croyais mon logiciel d'analyse, il comprenait un virement de fonds, un compte-rendu de ma situation actuelle, avec mes intentions, y compris celles non-exprimées, et un petit programme inachevé destiné à effacer les traces des actions précédentes. Le professeur Caster ''organique'' aurait eu un avantage énorme sur moi. Je suppose que ce type de message avait déjà été transmis dans d'autres circonstances. À partir de maintenant, je pourrai le prendre par surprise. L'adresse complète où le message aurait dû être envoyé apparaissait, et corroborait l'aveu de son alter ego virtuel. Parfait, vraiment parfait.

J'avais probablement peu de temps, et certainement droit à un seul essai. Je pris un rapide en-cas, sautait à bord du Shooting Star, et partis aussi sec vers Rusalku. Il s'agissait d'un système sous la férule d'une mafia travaillant pour le compte d'Archon Delaine, une vraie plaie pour la galaxie. Je me devais donc de rester prudent, car ils abhorraient les Black Birds et la main de fer bienveillante que nous représentions.

Sous une fausse identité, je pris une chambre dans un hôtel de passe miteux dans la ville, près du spatioport, ma barbe négligée m'aidant à me fondre dans la masse. J'avais mis une alarme silencieuse sur tous mes appareils électroniques, pour ne plus jamais oublier mon traitement. Je ne pouvais plus me permettre de perdre le maigre avantage que j'avais. « Pour une fois, mon coco, c'est moi qui ai un coup d'avance, et je veux le garder. », me dis-je.

Alors que je finalisais l'étude du champ de bataille que j'avais choisi, je reçus un message laconique d'un de mes contacts au QG : « Va lire cet article du journal de la Fédération, tu es concerné. » Je ressentis une intense déchirure dans la poitrine à la lecture du titre : « L'état-major fédéral en deuil. » Des lamentations et des larmes s'échappèrent de mon visage à la lecture des mots qui suivirent, tellement durs qu'ils m'arrachaient le cœur : « La jeune Laura Dekker, fille du colonel à la retraite Bris Dekker, est décédée ce jour, victime d'un tragique accident dans les rues de Néo-Londres, […] ».

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il y a 1 an 5 mois - il y a 1 an 5 mois #249142 par Dainslef
Réponse de Dainslef sur le sujet L'histoire de Dainslef: Split.
''La peur mène à la colère.
La colère mène à la haine.
La haine mène à la souffrance.''
Un (très) vieux sage.


Si elle n'avait été ramenée de force par son père vers Sol, elle serait encore en vie ! Je maudissais ma malchance, je maudissais Bris, et évidemment, je maudissais Caster. Je ne pouvais plus me concentrer sur mon plan : je devais agir. Je me levai, récupérai mon pistolet automatique et mon couteau, tous deux en céramique indétectable, et finalement, me ravisai : j'avais un dernier détail à régler avant ma vendetta.


Voilà, vous savez tout. Je pars. Je vais buter ce salaud une bonne fois pour toutes, et après… et bien je ne sais pas. Peut-être irai-je faire le tour de la Voie Lactée, comme elle le rêvait. Peut-être errerai-je sans but, de station en station, de bar en bar, noyant mon chagrin dans la bouteille, jusqu'à ce que la douleur cesse. Céderai-je alors à contrecœur à l'appel du démon ? Je n'en avais cure. Je ne voyais plus d'avenir pour moi, car je n'avais plus confiance en rien, je n'avais même plus confiance en moi. Ce monstre allait mourir, et peu m'importait ce qui adviendrait par la suite. Je vous dis adieu.

Avant de partir, je me rassis une dernière fois devant mon ordinateur, ouvris une dernière fois ma messagerie, et commençai à écrire un message à Sahaquielle, la seule personne en qui je pouvais avoir confiance pour raconter toute l'histoire et je coupai quelques brefs passages pour envoyer une version ''épurée'' à notre Dictateur, afin de protéger celle qui m'avait permis de me libérer de l'emprise de Caster : « Il s'est passé tellement de choses. Je doute de tout, y compris de moi. Les médicaments altèrent mon jugement, mais au moins, il la boucle… »

Mes larmes avaient séché. La peur qui avait disparu, avait ensuite cédé la place à la colère, puis la haine. Il ne restait plus que souffrance et détermination : avant de le tuer, je prendrai plaisir à lui arracher les lèvres pour effacer définitivement son sourire insolent. J'envoyai le message à ses destinataires, me levai encore, cette fois pour de bon, et partis accomplir mon devoir.

J'optai pour l'attaque frontale. À la lumière crépusculaire du soir, j'entrai dans le bâtiment où il était en réflexion sur quelque plan maléfique. Selon les rapports de sécurité, il y avait quelques gardes, six ou sept, pas plus de dix, en tout cas. Je passai le portique de sécurité : pas de sonnerie. Je me dirigeai vers l'accueil ; un jeune premier me demanda la raison de ma visite. Il avait une photo de lui avec une belle femme accroché à un bras et un beau bébé à l'autre. Le plus naturellement du monde, en lui montrant ce que je cachai, je répondis à voix basse : « je viens tuer William Caster, et je suis armé. Je n'ai rien à perdre, contrairement à vous. » Il se glaça. J'enchaînai, à voix haute cette fois : « Je vous remercie de m'accompagner jusqu'à son bureau. J'aurais bien du mal, sinon. » Il avait compris. Il se leva et me devança, une lame pointue lui piquant légèrement l'échine.

« Son bureau est à gauche, au fond du couloir. S'il-vous-plaît, laissez-moi la vie sauve, j'ai une femme et un enfant.
_ Je sais. Je n'ai plus besoin de toi. » Une bonne pression sur son sinus carotidien le fit chavirer. Je l'enfermai discrètement dans un placard à proximité, me laissant largement assez de temps pour m'approcher du garde, qui m’interpella : « Il s'agit d'un bureau privé, vous n'avez… » J'avais rapidement analysé la porte, qui était dotée d'une serrure simple, dont la clef était à sa ceinture. Il n'eut donc pas le temps de terminer sa phrase, un couteau en travers de la gorge. Je le réceptionnai en douceur avant qu'il ne s'effondre lourdement sur le sol, puis je récupérai ma lame.

J'entrai en trombe dans la vaste pièce richement meublée. Il était seul. « Qui ose ?» En me voyant, il ne finit pas sa question, et se figea, l'air sidéré. L'instant sembla durer une éternité. J'ouvris le bal, en sortant mon pistolet pour en tirer quelques unes. Je n'avais pas prévu de tels réflexes chez un savant fou, mais lui aussi avait un corps génétiquement amélioré, et non ralenti par les médicaments : il me projeta un coupe-papier, qui me prit de court, et se ficha dans mon épaule droite. Hélas, j'étais en train de dégainer mon arme à feu, et la douleur me la fit lâcher : elle tomba plusieurs mètres plus loin.

Il avait également appris plusieurs arts martiaux, lors de son éternité de vie éthérée : tang lang quan, hung-gar et wing chun. Certains profanes osent parler de danse, mais une fois dépouillés des mythes et fioritures qui l'entourent, ils peuvent devenir des armes redoutables. Avec un bras en moins, malgré mon entraînement et mon couteau, qu'il me fit d'ailleurs rapidement lâcher, je n'en menais pas large.

L'affrontement fut étonnamment long, j'eus un bref instant de répit, qui me permit d'arracher le coupe-papier de mon épaule. Je pus lui infliger une estafilade au visage. Il s'enfuit en criant de douleur et de colère. Je ne voyais plus mon pistolet, mais je pus saisir mon couteau en céramique avant de partir à sa poursuite. Il monta sur le toit de l'immeuble. Quand je le pus enfin le rejoindre, il avait sa main gauche ensanglantée qui appuyait sur son visage et ne pouvait me voir ; il était assis à l'arrière d'un hélicoptère, qui allait décoller dans les secondes qui suivaient. Je sprintai alors sans réfléchir, sautant vers l'engin pendant son décollage, m'accrochant à son train d'atterrissage. Je restai ainsi suspendu par la main et les jambes, plusieurs minutes ; visiblement, je n'avais pas été remarqué. Quand enfin, il descendit la nuit tombée, c'était pour atterrir dans le gigantesque jardin d'un manoir en périphérie de la ville. L'endroit idéal pour un dernier assaut.

Il descendit de l'engin, et je me sautai aussitôt sur lui, le jetant à terre et lui plantant ma lame droit dans le cœur, en le regardant dans les yeux. L'espace d'un instant, il comprit qu'il était mort. L'espace d'un instant, je compris que moi aussi, une balle emportant la partie droite de mon visage : il avait un flingue. Il s'éteignit juste avant moi. Mais j'étais gagnant : il avait tout perdu, alors que moi, je n'avais plus rien à perdre.

[…]

La lumière était aveuglante. Une silhouette féminine apparut devant mes yeux :
« Êtes-vous un ange ? Suis-je mort ? »

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il y a 1 an 5 mois #249178 par Dainslef
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