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SUJET : [RP] Un bon début.

[RP] Un bon début. il y a 9 mois 3 semaines #162617

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I-1 Prémices
Coudes sur le comptoir, gobelet de vodka à la main, épaules voutées et regard lourd d'avoir déjà enfiler quelques verres... Voici la position fétiche du baroudeur qui roule sa bosse dans la voie lactée depuis maintenant quelques années.

De déconvenue en bonne fortune, de coups de pouces merveilleux du destin en coups du sort désastreux de la fatalité, Valaris Korvos, dit "Cmdr Valarios" pour le commun des mortels, finissait toujours par atterrir dans ces lieux de perdition qu'étaient les bouges et autres tripots des stations orbitales. Que ce fut pour noyer le bourdon ou fêter une solde particulièrement grasse, il finissait toujours par se retrouver dans cette position, l’œil hagard et les pensées fugaces. Quelques fois, sont esprit embué par les vapeurs alcoolisées en venait à retracer, bien difficilement certes, le court de sa vie pas franchement rose. Et pour ce soir en particulier, il se perdit dans la contemplation de son plus lointain passé...


Gamin perdu originaire du système Sol, orphelin, rat des bas-quartiers, il avait fait ce qu'il fallait pour survivre au monde hostile et se hisser légèrement plus haut que sa condition de moins-que-rien dans cette société. Dès qu'il avait été en âge et qu'il avait pu se le permettre financièrement, il avait passé son brevet de pilote. Il était alors entré au service du seul genre de personne qui n'hésite pas à embaucher un gars comme lui, issu de rien et promis à rien : un individu en marge de la loi, au bras long et au porte-feuille suffisamment garni. Adrian Pit. Il s'agissait d'un contrebandier qui bossait à son compte, possédant un vaste réseaux de clients et d'associés et qui disposait d'un flaire quasi-infaillible pour les coups lucratifs. Bref, le genre d'engeance honni par les forces de sécurité de la fédération.

Au début, Valarios ne lui servit que de coursier, délivrant des messages, livrant de petits pots-de-vin et transmettant des directives. A bord de son Sidi, Valarios mit beaucoup de cœur à l'ouvrage, sans jamais faillir à sa tâche, aspirant plus que jamais à se sortir de la fange qui l'avait vu naitre et qui ne le verrait certainement pas mourir. Enfin vint le jour tant attendu où son protecteur décida que son jeunot devait lui coller le train pour apprendre les ficelles du métier. Après tout, il avait le potentiel et sortait du moule parfait pour ce genre de profession. Au fur et à mesure que le temps passa et que les affaires se succédèrent, avec plus ou moins de succès (les aléas du métiers faisant) le jeunot montra de plus en plus de talent dans l'art du recèle juteux au marché noir et du convoyage de contrebande aussi discret et rapide qu'illégale. Bientôt, lui et son mentor devinrent un tandem parfaitement huilé, si bien qu'il en vinrent à commettre la pire erreur que l'on puisse faire dans ce genre d'activité, qui demande de faire le plus souvent profile bas : il attirèrent l'attention de la mauvaise personne.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le pire n'est pas forcément d'être confronté aux forces de l'ordre... Quand on évolue dans un domaine qui transige avec la loi, on en vient à très bien la connaitre - parfois même mieux que ceux qui doivent en faire leur métier! - tant et si bien que l'on joue, on flirte, on danse avec elle et ses représentants, dans un ballet aussi bien jubilatoire que comique. Si l'on est un tant soit peu habile avec un manche pour le pilotage, dégourdit avec se langue pour l'embobinage, ou que l'on possède de suffisamment de fond pour graisser des pattes, on réussit toujours tant bien que mal à se tirer des mauvais pas "légaux". Non, décidément, ceux qui sont considérés comme les ennemis des pratiquants d'une activité illégale ne sont pas les pires. Les pires viennent justement de ce monde marginal, de ces pairs que l'on côtoie et qui partagent le même goût pour le non-droit.

La pègre est un panier de crabe. Des crabes munis de pinces coupantes comme des cutter à plasma. La loi du plus fort prédomine, même si souvent, de prétendus accords qui garantissent la sécurité des affaires de chacun sont conclus entre les plus grands. Ce ne sont, en réalité, que des écrans de fumée douceâtre qui dissimulent à peine la guerre froide qui se livre en derrière. Et lorsqu'un nouveau prétendant vient à sortir du lot des vauriens, on a deux solutions : soit on le prend en charge et on le fait rentrer dans sa "famille", soit on se débarrasse du problème avant qu'il n'en représente vraiment un. Et lorsque le dit prétendant présente d'emblée des velléités d'indépendance, un appétit débordant pour le gain mal acquis et un je-m’en-foutisme totale vis-à-vis des "gros entrepreneurs" déjà en place, il se sape lui-même la possibilité de s'en sortir à bon compte en rejoignant tel ou tel clan et se colle lui-même une cible dans le dos. Une grosse cible... Avec le mille qui clignote...

Manque de bol, c'était le cas de nos deux larrons dont la bonne fortune n'allait pas tarder à chanceler. Leur Némésis devait s'incarner en la personne de Giuseppe Mondorli, alias "Il Principe", trafiquant d'art, parrain d'une mafia présente notamment dans le système Sol. Il les prit en grippe le jour ou les deux comparses réussirent leur plus gros coup (et leur dernier ensemble) : acheminer des antiquités terrestres extrêmement coûteuses dérobées dans un musée, datant de plusieurs milliers d'années, à un acheteur anonyme et, surtout, fortuné. Pour couronner le tout, au sein même du territoire du " Principe", à la station Daedalus. Non content de marcher ouvertement sur ses plates-bandes, ils le faisaient en affichant une désinvolture qui sonnait comme une insulte aux oreilles du trafiquant, et la sentence pour une telle insolence ne serait pas longue à tomber.

A peine sorti de la station et passé en super-cruise, le cobra MK III des deux compères se fit filer le train par un furtif petit Sidi. Le tandem, trop obnubilé par le gain conséquent nouvellement encaissé, ne se rendit compte de rien et filait tout droit vers le système anarchique le plus proche disposant d'un outpost où il avait des contacts qui lui permettrait de jouir, dans un discrétion toute relative, de sa nouvelle fortune " fort bien mal acquise". Et c'est toujours aussi inconscients du danger qu'il se firent accueillir en "grande pompe" . Il débarquèrent dans la station et, abordant le dédale des couloirs d'accès aux niveaux inférieurs où se réunissaient la pire lie de la bulle humaine dans des bouges miteux, un contingent d'hommes de mains leur tomba dessus à bras raccourcis. Sans leur laisser le temps de comprendre leur situation, ils les maitrisèrent, leur injectèrent une forte dose de drogue anesthésiante et les trainèrent à demi-inconscients à bord d'un T-9 à la carlingue noire comme le vide. Là, ils furent confinés dans la soute, spécialement aménagée pour accueillir des hôtes requérant un traitement des plus rudes. Durant ce qui parut une éternité à Valarios, il sautèrent de système en système, le voyage étant rythmé par le bruit des moteurs changeants au gré des sauts hyper-espace et le changement de pression que subissait le corps à chaque nouvelle étape. Finalement, il finirent par arrêter de jouer à saute-mouton avec les étoiles et, après quelques minutes de voyage en super-cruise, Valarios entendit le bruit typique des moteurs qui poussent et chevrotent lorsque l'on entame une descente douce vers la surface d'une planète. Après quelques minutes, le Type-9 se posa dans un ersatz de base planétaire, à peine aussi grand en apparence qu'un relais de communication et disposant d'un Pad d'atterrissage à peine suffisamment grand pour l'imposant vaisseaux de commerce. La réalité fut tout autre lorsque la plate-forme s'enfonça à presque une centaine de mettre sous le sol pour révéler un hangar aux proportions démesurés, pourvu de nombreux accès vers d'autres souterrains, le tout parfaitement éclairé, étanche, oxygéné et maintenu à température viable. Une installation coûteuse s'il en était, digne d'un avant-poste militaire secret de grande envergure. A ceci près que ce n'était pas un générale qui le dirigeait, mais bel et bien un hôte dont l'accueil chaleureux embraserait sous peu les chairs de ses deux invités...
" Le verre n'est ni à moitié rempli, ni à moitié vide... Il demande juste à être vidé puis resservi à ras-bord! "
Dernière édition: il y a 6 mois 2 semaines par Valarios.
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[RP] Un bon début. il y a 9 mois 2 semaines #164010

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I-2 Baptême du Feu
Lorsque Valarios reprit pleinement conscience, il se trouvait dans une petite pièce glauque, pendu à un crocher fiché dans le plafond bas par une chaine qui lui meurtrissait les poignets, les pieds touchant à peine terre. Le sol et les murs métalliques étaient d'une uniformité seulement troublée par une bouche d'aération et une évacuation d'eau. D'ailleurs, une gouttière débutait juste sous ces pieds et menait à la dite évacuation. Pas bon signe ça...

Il ne tergiversa pas longtemps sur son sort. Une porte s'ouvrit dans son dos, dans un chuintement de piston à air comprimé. Cela révélait un système d'ouverture automatique. Ce qui signifiait très certainement qu'on ne pouvait pas l'ouvrir de l'intérieur, ou du moins, pas sans le passe magnétique adéquat. Encore un autre détails que Valarios nota et qui ne fut pas pour le réjouir. Des pas lourds résonnèrent dans la pièce métallique, entrainant un échos étrangement tonnant aux oreilles du jeune contrebandier. La voix au fort accent chantant et roulant qui résonna derrière lui n'était pas pour apaiser ses nerfs déjà très malmenés. "Il Principe" était là en personne et Valarios connaissait fort bien sa réputation. Il ne se déplaçait jamais pour rien, surtout pas quand il s'agissait de régler un problème de concurrence et le jeune contrebandier se rendait maintenant bien compte que ce n'était pas pour un autre motif qu'il se retrouvait dans cette posture, pour le moins indélicate.


-Alors comme ça, petit merdeux, tu penses pouvoir passer chez moi, me voler MES clients, sur MON territoire, en me prenant MON travaille sans qu'il ne t'arrive aucun problème? Mais tu es fou ou quoi? Allô? Y'a pas la lumière à tous les étages? Est-ce que je m'adresse à un demeuré?

Il ponctua ses questions en tapotant de façon volontairement appuyée la tempe de son prisonnier. Valarios grimaça en sentant des vrilles de douleur lui traverser le crâne. Décidément, la drogue lui laisserait des céphalées à s'en exploser la tête contre un mur pendant encore quelques temps. Encore un autre point qui n'était pas pour arranger sa situation déjà très précaire...

-Dis moi mon gars, à quel moment tu t'es dis que c'était une bonne idée? Hein? Qu'est-ce qui t'es passé par la tête pour croire que tu pouvais te permettre une telle folie?
-Pour dire vrai, m'sieur Mondorli, avec mon collègue, on pensait pas que cette affaire vous intéresserait... Après tout, on a livré que quelques babioles.
-Quelques babioles? Te fous pas de moi gamin ! Depuis quand on empoche 5.000.000 Cr pour quelques babioles? Tu veux que je m'énerve?

Et un poing qui part directement dans la mâchoire. La lèvre inférieure se fend comme un fruit trop mûre et projette quelques gouttes de sang. Le tonnerre se met à gronder dans son crâne, lançant ses éclairs de douleurs à travers la matière grise. Un léger filet de sang coule sur son menton et, avec une grimace, il passe machinalement la langue sur ses dents pour sonder s'il ne va pas lui en tomber une sous peu. Ce serait con, au prix que ça lui a coûter pour combler les trous qu'il y avait dans sa dentition... Parce qu'il ne faut pas se leurrer. Quand on vient de la rue, on en sort rarement indemne, que ce soit mentalement ou physiquement. D'ailleurs, tiens, en voilà une qui se déchausse...

Et là, ça y est, les plombs sautent, il craque et brûle sans doute sa dernière chance d’apaiser le colérique baron de la pègre : il lui sourit, simplement, affichant un air moqueur, provoquant la fureur de Mondorli.


-Petite crevure... Je vais te montrer qu'on ne se fout pas de la gueule de Giuseppe Mondorli.
-Pour ça mon gros, faudrait que t'apprennes à cogner. Franchement, j'ai croisé une vieille une fois qui m'avait ...

Pas le temps de finir sa phrase, il s'en mange une autre, puis encore une. Le trafiquant enchaine avec un coup de genoux bien senti dans l'entre-jambe qui arrache un long gémissement à la gorge du supplicié. Le yeux exorbités, il réussi à courber son corps vers l'avant malgré sa position inconfortable tant la douleur qui le traverse de part en part est terrible de puissance. Finalement, au bout de quelques instants de contorsions elles aussi douloureuses, la respiration hachée, il se met à hoqueter, puis se force à transformer cela en rire.


-Je disais, une vieille qui m'avait fait plus d'impression avec un regard que tes coups de fillettes... Oh, mais attends...

Il baisse la tête, ricane et lance un regard oblique à Mondorli avant d'ajouter:

-C'était pas ta mère par hasard?

L'enfer sur terre, vous connaissez? En tout cas, Valarios en subit un aperçu lorsque Giuseppe Mondorli fit amener la bassine d'eau et les électrodes à haut voltage. Il le travailla au corps pendant près d'une heure, prenant son temps pour le faire souffrir. Une fois satisfait, il lâcha dans un gloussement :

-Je suis très loin d'en avoir finit avec toi. Je vais te la jouer à la flamme bien moyenâgeuse...

Et effectivement, on apporta un chalumeaux. Valarios ne tint guère longtemps et s'évanouit dans un océan de douleur...
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[RP] Un bon début. il y a 9 mois 3 jours #166481

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HRP: désolé pour le pavé indigeste, mais j'avais 6 h à tuer au moment de l'écriture, alors j'ai tout sorti d'une traite :P

I-3 Miracle au Féminin.

Il vide son godet une nouvelle fois et l'agite vaguement en direction du barman. Ce dernier comprend la demande implicite et sert l'énième petite sœur, non sans une grimace bien visible pour exprimer son dégout à voir un poivrot de plus infester son bar. Valarios a conscience du mépris qui lui est jeté en pleine poire mais n'en a cure. Il est tout à ses souvenirs du bon vieux temps, celui de la torture et du désespoir. Ce bref moment dans sa vie où il pensait sincèrement qu'il n'allait pas s'en tirer et où il avait toutes les raisons de le croire. Mais c'était sans compter sur un revirement du destin qui lui ferait, par la suite, toujours dire qu'il a "le cul bordé de nouilles!"



La douleur, dans tout son corps... C'est la première sensation qu'il ressentit en se réveillant. Il n'avait aucun os casser, aucune déchirure musculaire, mais ses chaires avaient goûté au feu et il n'y a que peu de choses qui dépassent les brûlures en ce qui concerne la souffrance. Il voulut mentalement détailler les endroits de son corps qui étaient touchés et se rendit vite compte qu'il serait plus rapide de déterminer ceux qui étaient intactes: ses yeux, sa bouche, son nez et ses oreilles. Tout le reste, absolument tout le reste, avait subit l'affront dévastateur d e la flamme.

Il était étendu au sol, sur le dos, nu, totalement libre de ses mouvements. Pour ce que cela lui apportait... Il ne pouvait de toutes manières pas bouger, le moindre mouvement lui arrachant un gémissement de douleur. Pourtant, il tenta de se mouvoir, de se retourner. Il y arriva au prix d'efforts colossaux, tant la souffrance puisait dans ses forces. Au terme de ce geste, il avait la respiration hachée et des larmes coulaient douloureusement sur ses joues calcinées. Des humeurs malignes exsudaient de ses blessures, souillant le sol autour de lui. Au moins, il ne souffrirait pas si longtemps. L'infection aurait tôt fait de lui apporter une fièvre délirante et de l'achever.

Il resta un long moment ainsi étendu, sans autre bruit que celui de sa respiration sifflante. Il se résignait peu à peu à son sort, acceptant le fait qu'il n'avait pas pu échapper au destin des moins-que-rien : une disparition anonyme, douloureuse et pitoyable. Lui qui voulait devenir quelqu'un n'avait finalement réussi qu'à se précipiter dans la fin qu'il voulait fuir à tout prix. Après la résignation vint donc le dégoût de lui-même. Oui, il était écœuré. Écœuré de s'être montré trop faible, trop con, trop aveugle et se laisser prendre de la sorte. Rageusement et en dépit de la douleur que cela lui causa, il leva son poing et l’abattit dans un choc sourd sur le sol. Les larmes continuaient de couler, mais elles étaient chargées de colère cette fois. Envers lui-même mais aussi envers Adrian Pit, son mentor et coéquipier, qui l'avait entrainé dans ce coup-là ; envers Giuseppe Mondorli, son tortionnaire qui lui avait fait subir mille souffrances ; envers ses parents inconnus qui l'avaient fait naitre dans cet univers cruel ; envers le monde entier, pour l'avoir laisser rêver d'une vie meilleure et le jeter aujourd'hui aussi bas.

Alors, il hurla sa rage et sa frustration qui déformèrent son visage meurtri en une grimace horrible et y creusant de nouvelles crevasses sanglantes.

Ensuite...

Ensuite vint l'apathie. Il resta ainsi jusqu'à ce que deux hommes vienne le chercher, le soulevant sans ménagement et le trainant par les bras. Il ne prêta aucune attention aux cris de son corps devant ce nouveau traitement, pas plus qu'il ne remarqua le T9 vers lequel on l'emmenait, ni même Mondorli qu'il l'attendait et dont un sourire sadique étiraient ses lèvres hideusement grasses. Néanmoins, lorsque ce dernier s'adressa à lui, les paroles qu'il lui adressa parvinrent à percer la brume qui entourait son esprit moribond :


-Maintenant, tu vas faire ton dernier voyage, petite raclure. Tu vas découvrir le vide, là où est ta véritable place. Parce que tu n'est rien, tu m'entends ? Rien du tout !

Il cracha les derniers mots hargneusement, son visage presque collé à celui de son supplicié. Puis il se redressa et ajouta :

-Ah, et tu seras seul pour ce voyage. Malheureusement, ton ami n'a pas tenu le choc. Il a calanché pendant l'électrocution. Il ne devait pas avoir le cœur solide. Décevant...

Valarios ne réagit pas plus à cette déclaration qu'à la précédente. Il entendait, comprenait les mots, les phrases et leur sens mais aucun sentiment n'arrivait en réponse à ceux-ci. Adrian était mort... Mais peu lui importait maintenant. Il se contenta de lever un regard vague vers Mondorli puis de le baisser. Cela parut satisfaire l’intéressé puisque qu'il tourna les talons et pénétra dans le vaisseau. Valarios y fut trainé à sa suite et conduit dans la soute. Là, on plaça sans douceur sa pauvre carcasse dans un container de marchandises totalement étanche, suffisamment grand pour qu'il y tint debout et on scella celui-ci. A travers l'épaisse parois, il entendit Mondorli lui crier :

-Là-dedans, tu devrais avoir suffisamment d'air pour tenir 30 minutes lorsqu’on t'aura largué dans l'espace. Prends ça comme une récompense de ma part pour avoir survécu à mes "petits amusements". Ça te laissera le temps pour prier, regretter, pleurer ou ce que tu veux d'autre. Je serais toi, j'invoquerai la "Fortuna". Qui sait ? Un miracle pourrait se produire !

Là dessus, il partit d'un grand rire et s'éloigna, sans doute vers la cabine de pilotage.

Toujours aussi amorphe, Valarios écouta l'appareil prendre vie, au fur et à mesure que ces systèmes s'initialisaient les uns après les autres. Ensuite, la plate-forme de lancement fut tractée vers la surface, puis ce fut au tour des moteurs de déclamer leur litanie lorsque la poussée ascensionnelle fut enclenchée pour le décollage. Après un moment qui lui parut interminable, pendant lequel ils passèrent en super-cruise pour quitter la planète puis revinrent en vol classique une fois assez éloignés, le bruit sifflant de la dépressurisation puis celui en sourdine de l'écoutille de la soute qui s'ouvre, se firent enfin entendre. La libération n'était plus très loin...

Tout à coup, alors qu'il s'apprêtait à ressentir le tremblement annonciateur du treuille qui allait tracter le container qui lui servait de sarcophage vers le grand saut, un choc terrible ébranla le T-9 et plaqua Valarios contre la parois face à lui. Son esprit sorti lentement de son engourdissement. C'était anormale... Qu'est-ce qui avait bien pu causer cela?

Avant qu'il ne puisse formuler une hypothèse cohérente, un second choc encore plus puissant ébranla l'appareil, lui arrachant une plainte d'acier déchiré. Valarios comprit alors : le T-9 subissait une attaque surprise. L'assaillant avait du se tenir en embuscade non loin de la planète et attendre le moment opportun pour fondre sur le T-9. Vu la violence de l'assaut, le vaisseau marchand ne devait pas disposer de bouclier et on avait du lui tirer dessus à coup de Railgun. Vu les bruits que le vaisseau avait produit lors du deuxième tir, il devait maintenant y avoir un gros trous dans la coque... Et si ça continuait à se rythme-là, Valarios ne bénéficierait même pas de ses 30 minutes offertes par Mondorli. Il serait vaporisé avec le reste du vaisseau.

Alors qu'il était plongé dans ses réflexions, il sentit le bras mécanique du treuille saisir son container et le tracter à travers la soute. Une faible lueur d'espoir naquit alors. Encore quelques instants et il-

Troisième choc. Le plus terrible de tous. Le tir avait directement traversé le générateur et les réservoirs de carburant. S'ensuivit alors une réaction en chaine entrainant chaos et confusion. Valarios fut violemment secoué en tout sens dans son container, manquant de peu de perdre une énième fois connaissance. Il sentit son bras gauche se fracturer, puis ce fut le tour de plusieurs de ses côtes et pour finir ce furent sa clavicule droite et son tibias gauche qui se brisèrent en simultané. Enfin, le container cessa de le balloter en tout sens et plaqua son corps brisé contre l'une de ses parois. Celui-ci souffrait à un point qu'il ne pensait pas possible d'atteindre et, pourtant, il réussit l'exploit de rester conscient et maître de sa pensée. Malgré tout, il ne se faisait pas vraiment d'illusion : au vu des blessures subis, il ne survivrait pas longtemps. Cette pensée le réconforta alors que son container dérivait inexorablement. D'ailleurs, c'était un miracle que celui-ci ne fut pas détruit en même temps que le T-9. Peut-être avait-il atteint l'écoutille suffisamment rapidement et que l'explosion n'avait fait que le propulser dans l'espace au moment où le bras mécanique le libérait, tel un boulet de canon.

Bah... Quelle importance maintenant? Il était condamné à souffrir le martyre pendant une trentaine de minutes, puis à mourir asphyxié, s'il fallait en croire Mondorli...

Il réalisa soudain que son tortionnaire venait de se faire littéralement exploser la tronche et il se prit à sourire à cette idée. A rire même, bien que cela le tortura un peu plus. Ce fait, plus que tout autre chose dans l'univers, lui procura une joie extrême et une sensation d'accomplissement. Au moins, il pourrait partir avec la satisfaction qu'il ne serait pas le seul à aller en enfer en ce jour.

Et c'est lorsqu'il allait enfin sombrer dans le doux abandon de l'inconscience qu'une chose inattendu se produisit. Le container cogna contre quelque chose qui arrêta sa course, projetant Valarios sur la parois opposée en lui arrachant un grognement, plus de dépit que de douleur : il avait atteint un stade où la souffrance n'était plus qu'une sensation gênante parmi d'autres, le raccrochant aux basses considérations physiques alors qu'il n'aspirait plus qu'à la tranquillité que lui procurerait la mort. Le container fut alors saisi, tracté, puis déposé sur un surface plane. Une écoutille se ferma puis l'endroit où se trouvait dorénavant le caisson étanche fut pressurisé. Valarios se sentait glisser lentement vers les limbes et ne prêtait plus qu'une attention distraite à ce qui lui arrivait. Il entendit des bruits sourds environnant son container. Enfin, au travers des parois lui parvint une discussion entre deux voix, l'une au timbre féminin bien distinct et l'autre à la sonorité synthétique, étouffée par l'épaisseur du caisson:


- Liza, sois une I.A efficace pour une fois et fais moi une analyse du container. Tu m'as dit qu'il était anormal, alors arrête de faire ta mijaurée et scanne moi ce truc fissa ! Je veux savoir ce qu'il contient.
- Analyse en cours... Forme de vie organique détectée... Animal vertébré... Mammifère de l'ordre des primates... Famille des hominidés... Genre homo... espèce homo sapiens...
-Quoi ?!
-Commandant, c'est un humain, de sexe masculin.
-J'avais compris que c'était un humain, merci ! Prends moi pour une débile ! Mais qu'est-ce que ce type fout dans un container ?
-Je ne peux répondre à cette question commandant.
-Je m'en doute... Bon, il est vivant au moins ?
-Affirmatif commandant. Cependant, son organisme a subi de graves dommages : multiples brûlures au troisième degré, sur 90% de son épiderme ; multiples contusions ; multiples fractures. Bilan : le pronostic vital est engagé. Chances de survie, si prise en charge médicale d'urgence, estimées à 15%. Sans prise en charge médicale d'urgence, 2%.
-J'ai l'air d'un médecin qui pilote une vaisseau de secours peut-être ? Bordel de merde ! Ouvre moi ce machin !
-Commandant, cela risque de diminuer ses chances de survie de...
-Rien à battre de tes chiffres ! Ouvre ! Je vais décider moi-même si on peut faire quelque chose pour ce mec ou si je dois l'achever.

Valarios entendit alors son container se déverrouiller, puis s'ouvrir. Étant placer à la verticale et n'ayant pas la force de se soutenir lui-même, il s'écroula au sol, provoquant un hoquet de surprise de la part de l'inconnue. Cette dernière hésita quelques instants devant le spectacle effroyable qu'offrait le corps ravagé qui venait des s'étendre devant elle sur le sol.

-Bon sang... Et tu dis que ce gars est encore en vie?
-Affirmatif, commandant.
-J'ai du mal à imaginer qu'il ait réussi à survivre à ça... On dirait qu'il passé tour à tour dans une broyeuse puis un rôtissoire.
-Négatif commandant. Je détecte des traces infimes de propane dans ses tissus, ce qui concorde plus avec des brûlures par une utilisation accidentelle de matériel de soudure industriel.
- "Accidentelle"... Tu m'en diras tant. En tout cas, il s'est fait salement cuisiner. Pauvre gars. Je me demande si il sait seulement quel enfer il a traversé pour arriver jusqu'ici.
-Commandant, malgré son état critique, cet homme a une activité cérébrale normale. Il est pleinement conscient.
-Oh bordel de merde de bordel de merde... Mais il a même pas bronché lorsqu'il s'est cassé la gueule, quand t'as ouvert sa boite de conserve ! T'es certaine qu'il est réveillé là ?
-Affirmatif commandant.

L'inconnue s'accroupit à coté de Valarios et baissa son visage en face du sien, à une dizaine de centimètres à peine. Celui-ci sentit sa présence proche, mais ne fit aucun effort pour le montrer et n'ouvrit même pas les yeux.


-Hey, le cramé... Je suis pas du genre à faire la charité, mais vu ce que tu sembles avoir traversé, je considère que tu mérites d'avoir une chance de survivre. Vu ton état, je vais pas te forcer à me répondre de vive voix. Alors je te laisse le choix : ou tu considères pouvoir tenir le coups le temps que je te trouve un médecin qui te remettras sur pieds et tu ouvres les yeux ; ou tu les gardes fermés parce que tu penses que tu vas pas t'en tirer et je te finis rapidement, histoire que tu ne souffre pas plus.

Valarios était tenté de garder les yeux fermés pour que son calvaire cesse enfin. Il n'en pouvait plus, il était au bout du rouleau. Il ne voulait qu'une seule chose : la paix. Que ça finisse, qu'il n'ait plus mal nul part et qu'il puisse sombrer dans la douce inconscience.

Mais non. Il tenait là la seule chance de prendre sa revanche sur le destin. Il ne devait pas la laisser filer et donner raison à Mondorli. Il n'était pas "rien". Loin de là. Il valait mieux que ça, il valait même mieux que Mondorli. Après tout, il avait survécu, lui, tandis que son tortionnaire était mort. Or la Chance ne gratifiait de son attention que ceux qui en valaient la peine. Et c'était son cas, sinon, il ne serait pas face à cette inconnue et elle ne lui proposerait pas de le sauver.

Doucement, lentement, il souleva ses paupières et découvrit d'abord une image floue. Tout aussi lentement, ses yeux se mirent à faire le point et les contours harmonieux d'un visage se dessinèrent face à lui. L'inconnue avait les yeux verts et les cheveux auburn, coupés en un carré plongeant. Des tâches de rousseurs constellaient son nez droit et ses pommettes hautes. Ses sourcils fins étaient froncés et sa bouche aux lèvres fines avait prit un plis déterminé. Son casque de pilotage reposait sur le sol, à coté d'elle. Le tableau qui se présentait face à lui le stupéfia pour un premier temps. Il ne s'attendait pas à tomber sur une jolie fille. A vrai dire, il ne s'attendait à rien du tout. Mais il ne se laissa pas démonter pour autant et lui rendit son regard, décidé à survivre. Elle hocha lentement la tête, sonda encore quelques instants le fond des yeux de Valarios, comme si elle pouvait y découvrir quelque secret, puis rompit le contact et se remis debout, son casque sous le bras.


-Liza, prépare l'itinéraire le plus court vers le système HK Aquarii. Cap Dunn Laboratory. Et prépare aussi ma cabine pour les premiers soins.
-Bien commandant. Cependant, le transport du patient jusqu'à la cabine va lui être pénible.
-Je sais, je sais... mais pas le choix. Après tout ce qui lui est tombé sur le coin de la gueule, il devrait pouvoir supporter ça.

Elle enfila son casque et se pencha à nouveau vers Valarios.
-Allez mon coco. T'as entendu la dame, ça va faire mal, alors sers les dents. Et surtout, tu me claques pas entre les doigts, hein...

Puis elle le souleva doucement mais sans délicatesse, faisant passer passer le bras de Valarios par dessus ses épaules et passant le sien autour de la taille du pauvre bougre.


-C'est que tu pèses ton poids ! T'aurais pu demandé au gars qui t'as rôti la carcasse d'insister un peu sur ta graisse.

Valarios se mit à sourire bien malgré lui. Se faire tailler un costard dans des conditions pareilles avait quelque chose de cocasse. Il se fit trainer par sa sauveuse inespérée jusqu'à une cabine sommaire mais confortable. Elle disposait d'une couchette, d'une interface informatique digitale encastrée dans le mur et d'un espace restreint donnant accès à une cabine de douche. L'inconnue allongea Valarios sur la couchette puis activa une commande sur l'interface pour initier les premiers soins.

-Bouge pas mon gars. Ça va te soulager un peu.

Un bras mécanique terminé par une seringue apparu de derrière un panneau coulissant. La seringue se planta avec précision dans l'un des vaisseaux sanguin encore intact de Valarios. Il sentit peu à peu la douleur refluer. Deux autres bras mécaniques apparurent alors, munis d'instruments de chirurgie que Valarios avait maintenant du mal à identifier, à cause du sédatif. Il tourna son regard vers l'inconnue au moment ou celle-ci ôtait de nouveaux son casque. Elle le regarda d'abord sérieusement, sondant encore les tréfonds de l'individu singulier qu'elle avait en face d'elle, puis se relâcha un peu et lui adressa un sourire en coin. Elle n'avait pas l'habitude de sourire, ça se voyait et s'était donc un privilège pour lui d'assister à pareil spectacle.

-Au fait, je m'appelle Irina. Garde ce nom en tête, t'as une dette envers moi maintenant.

Valarios lui retourna un ersatz de sourire. Le résultat que produisait son visage détruit devait être particulièrement moche à voire, mais Irina ne sembla pas s'effaroucher pas pour autant. D'une voix caverneuse, il lui répondit:

- Valaris Korvos... 'pelle moi Valarios... 'quiète pas... m'souviendrai...

Et il sombra enfin...
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I-4 Un Bon Début
Il se réveille dans un sursaut brusque, faisant vaciller les quelques godets vides qui l'entourent. La tête dans le giron de ses bras croisés sur le comptoir, il s'était endormi comme une souche, ronflant sans doute comme un propulseur mal calibré. C'est cette antipathique barman qui vient de le réveiller, lui donnant du coude par "inadvertance", voulant certainement voir son dernier client du soir déguerpir au plus vite vers un coin sombre et oublié de la station, où il pourrait alors cuver comme bon lui semblerait. Malchance pour lui, à peine Valarios finit-il de se frotter la figure d'une main pataude et lourde qu'il se saisit de l'un des godets et l'agite en l'air. Avec un soupir bruyant suivi d'un grognement m^lant mécontentement et résignation, le barman se penche vers l'un de ses frigos et sors une bouteille neuve de vodka. Il la dépose violemment devant le soudard et lui annonce sans ambages qu'il la lui facture d'avance et la laisse à sa disposition pleine et entière pour le reste de la nuit. Sur ce, le barman termine le ménage tout relatif qu'il avait entamé durant le sommeil agité de Valarios, actionne le verrouillage magnétique des frigos et placards, éteint les lumières du bar à l'exception de celles du comptoir, verrouille l'entrée de la salle, souhaite sur un ton bourru la bonne nuit à Valarios et se rend dans ses appartements se situant juste au dessus.

Question d'habitude... Ce n'est pas la première fois que Valarios joue le planton dans ce lieu, accompagnée de sa chère et tendre boisson. Il dévisse le bouchon de la bouteille neuve d'un geste étonnamment sûr et vif vu son état. Il ne prend même pas la peine de se servir dans un récipient et boit directement au goulot. L'alcool brûlant réveille son organisme apathique, libérant ses langues de feu à partir de son œsophage jusqu'au bout de ses membres, l'agitant d'un léger frisson. Puis il repose la bouteille avec un grognement de contentement. A tâtons, il fouille les poches de sa veste et en extirpe un petit cube noir, recouvert de mousse avec un petit écran tactile au centre de l'une des faces. Il l'active et sélectionne un titre. Le cube émet alors de la musique en sourdine, un air de jazz sorti d'un autre temps. Le nom de "Duke Ellington" défile sur le petit écran. Pendant un moment, Valarios ne fait qu'écouter, les yeux fermés, en battant la mesure contre le comptoir avec son pied. Puis il se souvient qu'il doit les ouvrir, ces yeux... Toujours les garder ouverts pour faire comprendre à quiconque l'observant qu'il ne se laissera plus marcher dessus.

Son regard trouble se porte alors sur ses mains, suivant le tracé de ses veines, les marques et sillons de ses cicatrices qui courent jusqu'à ses avant-bras et disparaissent sous les manches retroussés de sa combinaison. Invisibles actuellement, il les sait recouvrant son corps entier, preuves du traitement qu'il avait subi entre les mains de Mondorli, puis entre celles des chirurgiens qui l'avaient ramener à la vie... Dingue d'ailleurs ce que la microchirurgie peut rendre comme service quand il s'agit de reconstruire un corps détruit. Il avait passé des jours entiers entre la vie et la mort, alternant entre un état d'inconscience tourmenté par des cauchemars et un enfer éveillé de douleur, à la merci des outils de soins le charcutant à l'échelle microscopique. En tout, il avait vogué en continue sur un océan démonté de sensations toutes plus désagréables les unes que les autres durant huit jours. Les médecins, qui ne le donnaient pas gagnant à cent contre un au départ, s'étaient enorgueillis devant lui de la prouesse qu'ils avaient réalisés, sans considérations particulières pour l'état d'esprit de leur patient. Foutus dégénérés qui se prennent pour des dieux face au commun des mortels, alors qu'eux-même n'apprennent à connaitre l'insignifiance de leur propre vie que lorsqu'ils sont confrontés à une mort imminente et laissés au bons soins de leurs paires, qui ne les considèrent alors plus que comme de la chaire à travailler quelconque.

Valarios goûta la saveur aigre de ce constat, qu'il avait fait des années plus tôt, et y mêla ensuite l'arôme de la vodka, se laissant emporter une nouvelle fois par les souvenirs jusqu'à ce jour où il quitta l'hôpital de Dunn Laboratory, accompagné d'un certain Docteur Everett, certainement le seul représentant de cette profession qu'il respectait ...




Ils franchirent les portes automatisées de l'hôpital ensemble, comme s'ils étaient deux vieux amis de longue date alors que cela ne faisait que trois semaines qu'ils se côtoyaient. Le Docteur Everett marchait nonchalamment, une main bienfaisante posée sur l'épaule de son patient. Il affichait une mine radieuse tout en continuant de noyer son protégé sous pléthore de conseils et mises en garde quant à sa santé et à sa période de convalescence. Le concerné, loin d'avoir l'air réjouit, arborait une expression peu commode.

-... Et surtout n'oubliez pas de vous hydrater régulièrement. Votre organisme a besoin de compenser les pertes et de se renouveler, aussi il lui faut une bonne hydratation. Mais pas seulement ! Vous aurez aussi besoin de vous alimenter comme si vous étiez un adolescent en pleine croissance. Et pas d'alcool, de drogues ou autres substances néfastes pendant cette période ! Vous avez subi une série d'interventions très lourdes qui vous ont autant affaibli que guéri, alors soyez au petits soins avec votre corps et ne le soumettez pas aux abus. Aussi, ménagez-vous au maximum. Votre système nerveux, dans sa globalité, à été mis à rude épreuve. C'est déjà beau que vous n'ayez pas eu recours à de la rééducation, alors ne poussez pas trop loin la chance et fais attention à ne pas faire trop d'efforts...
-Doc, je sais pas si on vous l'a déjà dit mais, s'il vous plait, fermez-la...

Ce dernier regarda son patient avec surprise d'abord, puis l'amusement et la condescendance peignirent ses traits.

-Je comprends... Vous êtes un grand garçon qui n'a pas besoin qu'on lui fasse la leçon.
-Exactement doc. En plus, si vous aviez continué, vous auriez été obligé de me prescrire du bon vieil aspirine pour me faire passer le mal de crâne.

Le docteur gloussa à la remarque puis reprit son sérieux. Il lâcha l'épaule de son patient et se dirigea vers la baie vitrée qui bordait le long couloir d'accès à l'hôpital. Il s'appuya des deux mains sur la rambarde et se perdit dans la contemplation du ciel étoilé.

-Plus sérieusement commandant, fais attention à vous. Vous avez besoin de repos, que vous vouliez le reconnaitre ou non. On ne se remet pas en à peine 3 semaines de ce que vous avez subit, même avec un suivi médicale de pointe comme celui dont vous avez bénéficié. Et je ne parle pas que des dommages physiques... Votre mental aussi en a sûrement pris un coup.
-Si quelque chose a pu entamer mon mental, c'est bien le tarif que vous pratiquez ici ! Faites gaffe, c'est dangereux d'afficher des factures avec autant de zéro après le chiffre. Sans parler de la bouffe... Comme quoi, la qualité de la nourriture à l'hôpital, c'est pas qu'une légende !

En effet, Valarios avez dépensé une petite fortune pour la prise en charge médical qu'il avait reçu. Mais, contrairement à ce qu'il voulait faire croire, il estimait que le résultat en valait largement le coût. Ils avaient réussi à le "ressusciter" et les cicatrices qu'il arborait maintenant sur son corps n'étaient qu'un faible tribut pour ce qu'il avait subit. Il avaient poussé le bouchon jusqu'aux détails tenant plus de la commodité que de la nécessité : dentition neuve, implants pileux pour les zones brûlés, greffes de peau, implants nerveux et même un réajustement de ses taux sanguins par utilisation de nanorobots médicaux... Bref, mis à part les cicatrices, il ne gardait que peu de traces physiques. Mais niveau psychologique... Il ne savait pas lui-même où il en était. Certes, il y avait les cauchemars qui le faisaient se réveiller en hurlant avec l'impression que tout son être s'embrasait. Mais à part ça, rien d'autre. Pas de crise de panique, pas d'anxiété, pas de symptômes de trouble psychosomatique... Rien. Heureusement...

Il rejoignit le médecin à la baie vitrée et s'accouda à la rambarde. Il jeta quant à lui son dévolu sur l'observation méticuleuse de la base planétaire qui s'étendait tout autour d'eux. Des vaisseaux appontaient et décollaient sans cesse, dans un balais ininterrompu de lumière et de fumée. S'il avait demandé au docteur Everett de l'accompagner pour sa sortie, ce n'était pour l'entendre lui prodiguer des conseils sur la gestion de sa période de convalescence. Irina et lui se connaissaient bien, visiblement, puisque c'est sans hésitations qu'elle l'avait laissé à ses soins avant de s'en aller.


-Doc... Vous la connaissez mieux que moi. Qu'est-ce qui lui a pris de me sauver la vie ? Enfin, je veux dire par là que ce n'est pas le premier venu qui aurait agit de la sorte. La plupart m'aurait relargué dans le vide en voyant ma carcasse cuite jusqu'à l'os.

Everett parut un peu gêné et pris quelques instants pour peser sa réponse.

-Honnêtement, je ne sais pas... D'ordinaire, elle est très solitaire et n'a que peu de considération pour le malheur d'autrui. Mais ce n'est pas une mauvaise fille non plus. Même si elle est un peu asociale sur les bords, elle ne m'a jamais refusé son aide lorsque je la lui demandais. Je dirais même qu'elle répondait présent sans hésiter. Donc je suppose qu'elle a du remarquer quelque chose en vous qui l'a poussé à vous venir en aide.
-Vous pensez à de la pitié ?
-Non... Autre chose. Enfin, la pitié à peu être été l'élément déclencheur de son geste, mais ce n'était clairement plus ce sentiment qui la motivait quand elle a débarqué à l'hôpital avec vous sur son épaule. On aurait dit qu'il était impératif pour elle que vous surviviez, comme si vous déteniez une information dont elle avait besoin à tout prix.

Le docteur lui jetait un regard en biais et sondait ses réactions, s'attendant sans doute à le voir s'émouvoir. Mais au contraire, Valarios resta de marbre, digérant l'information automatiquement sans rien laisser paraitre.

Elle s'attendait donc à ce qu'il lui livre une information, selon Everett. Mais laquelle? Très franchement, il ne voyait pas ce qu'il pouvait savoir qui l'intéresserait. Et si ce n'était pas une information mais un bien matériel, et bah ! Elle avait parié sur le mauvais cheval. Il venait de claquer presque toutes ses économies pour payer ses frais médicaux exorbitants et ne possédait quasiment plus rien. Il était même obligé de repartir en Sidi ! Son vaisseau avait été vendu puis démanteler juste après sa capture... Adieux le Cobra flamboyant, bonjour la petite pastille métallique.

Non, définitivement, il n'arrivait pas à voir ce qui pouvait intéresser sa sauveuse...

A moins que...


-Doc, elle ne vous a pas dit ce qu'elle faisait lorsqu'elle m'a trouvé?
-Non... Je suppose qu'elle devait faire un peu de récupération. Après tout, elle vous a repêché dans un container, nan?
-Mouais, je ne suis pas vraiment sûr que ce soit ça... Vous voyez, les personnes qui m'ont mis dans cette état s'apprêtait à me bazarder dans le vide pour se débarrasser de moi. Mais juste avant que je ne sois jeté dans l'espace, leur vaisseau s'est fait attaquer et méchamment pour le coup : en à peine quelques secondes, il s'est fait trouer dans tous les sens. C'est par miracle d'ailleurs que je ne me sois pas fait vaporiser par l'explosion qui a suivi. Et coïncidence étrange, je me fait récupérer quelques minutes après par un Asp sorti de nul part. C'est un peu gros, nan ?

Le docteur lâcha la rambarde et se tint le menton entre le pouce et l'index, signe qu'il réfléchissait à la question. Puis après quelques instants de débat interne avec lui-même, à jeter des regards calculateurs à Valarios, il poussa un long soupir résigné, se pencha vers son interlocuteur et lui dit sur le ton de la confidence :


-Ce que je vais vous dire reste entre nous, d'accord? Et d'avance, ne m'en voulez pas.
-Ok doc... Crachez le morceau.
-La personne qui vous a fait... ça, ce n'était pas un certain "El Principe", Giuseppe Mondorli?

Valarios sursauta à la mention de son tortionnaire et tourna vivement son regard vers Everett. Celui-ci n'affichait plus son air paisible mais portait maintenant un masque de sérieux que rien n'aurait plus ébranler.

-Si... et?
-Je pense que vous n'étiez pas au courant mais... Archon Delaine avait une dent contre Mondorli.
-Delaine... Le jeune chef du Kumo Crew.
-Tout juste. Et sans doute le future "roi" de la pègre s'il continue à ce rythme. Bref, Archon a mandaté des hommes de confiance pour s'occuper de Mondorli. Ils devaient l'écarter des affaires, définitivement. Mais Mondorli n'était ni fous ni aveugle et il savait qu'on en voulait à sa peau. Aussi, il ne s'exposait que rarement et seulement quand cela lui semblait nécessaire. Alors les hommes d'Archon ont imaginé un plan assez retord. L'un d'eux s'est fait passé pour un collectionneur d'antiquités terriennes. Et plutôt que de passer par le réseau de Mondorli pour lui soumettre le contrat, il a cherché à recruter des jeunes Free-lance, avec une récompense juteuse à la clé. Cette récompense permettait à la fois de s'assurer que les appâts qu'il recrutait ne lâcheraient pas le contrat facilement et de faire sortir Mondorli de ses gonds. Et il se trouve que c'est un certain Adrian Pit qui a été choisi...

Ça y était, les pièces se mettaient en place. Lui et Adrian avaient été des appâts de choix pour les hommes d'Archon, ceux destinés à faire enrager Mondorli. Grâce à eux deux, ils avaient pu remonter jusqu'à l'installation secrète où se terrait Mondorli et attendre bien sagement que celui-ci en sorte pour lui tendre une embuscade. Il était de notoriété publique que Mondorli réglait les affaires de concurrence personnellement, alors quoi de mieux que deux nouveaux parvenus un peu trop gourmands pour attiser sa colère et lui faire commettre une imprudence...

Valarios sentait une colère froide monter en lui à mesure qu'il se rendait compte de la supercherie dont il avait été victime. Pire, lui et Adrian n'étaient qu'un dégât collatérale, une perte sans importance et nécessaire. Mais une chose n'allait pas.


-Attendez... Comment est-ce que vous savez tout ça? Et que vient faire Irina dans t...

Il s'interrompit avant de terminer sa question et se figea. Une sueur froide lui coula dans le dos, sapant totalement ses velléités d'emportement. Le docteur lui adressa un regard compatissant en hochant lentement la tête. A cette instant, Valarios aurait voulu lui faire ravaler sa compassion à coup de poings dans la face. Mais il se retint, Everett n'y était pour rien dans l'histoire et il lui devait d'être encore en vie aujourd'hui. Il le laissa donc confirmer ce qu'il venait de deviner :

-Oui, Irina était impliquée dans l'affaire. Elle faisait parti des hommes d'Archon... Et, pour pousser l'ironie plus loin, c'est elle qui s'est faite passé pour le commanditaire anonyme et qui vous a recruté.

Valarios tourna un regard plus sombre que le vide spatiale vers la baie vitrée. Il ne regardait rien, mais le visage d'Irina vint s'imprimer sur sa rétine. Qu'il était haïssable et ironique que ce fut justement elle qui était à l'origine de sa déchéance et de sa résurrection. Il lui en voulait autant qu'il lui était reconnaissant. C'était étrange de ressentir un tel mélange de sentiments antagonistes à l'égard de quelqu'un. Une personne qu'il connaissait à peine d'ailleurs. Il en avait envie de hurler. Cette sensation aussi étrange que désagréable le mettait au bord de l'explosion.

Everett observait Valarios foudroyer du regard la vacuité devant lui et le laissa quelques instant digérer la nouvelle. Puis, sur un ton gêné, il déclara :


-Vous savez... Ce n'est pas dans ses habitudes de disposer d'autrui comme de pions sacrifiables. Je n'ai pas vraiment pu en parler avec elle, mais je sais qu'elle avait du remord à vous avoir infliger tout ça. Cela se voyait dans ses yeux lorsqu'elle vous a amené ici. Ce n'est peut-être qu'une maigre consolation, mais elle regrettait...
-Doc, je sais que je vous l'ai déjà dit mais, s'il vous plait, fermez-la...

Everett se tut alors. Il se mit lui-même à observe l'extérieur d'un air songeur. Après quelques minutes de silence pesant, Valarios se redressa et se tourna vers Everett.


-Dites... Vous savez où elle est en ce moment ?
-Écoutez, je comprends que vous lui en vouliez, mais je vous en pris, n'allez pas...
-La ferme ! Primo, vous n'êtes pas dans ma tête, alors n'allez pas prétendre comprendre quoi que ce soit sur moi. Secundo, vu ce que je viens d'apprendre, ce n'est pas le moment d'essayer de me prendre avec des pincettes parce que je risque de vous les enfoncer dans les yeux, les pincettes. Tertio, je viens de vous poser une question, alors j'attends une réponse !
-D'accord, d'accord, j'ai compris... Après vous avoir laissé ici, elle m'a dit qu'elle avait rendez-vous avec un contact, dans le secteur Pegasi, pour rapporter le succès de sa... mission. Et aussi qu'elle arrêtait.
-Qu'elle arrêtait quoi?
-De travailler pour le Kumo Crew...

Valarios tourna lentement la tête vers l'extérieur

-Si elle fait ça...
-Oui... Ils vont la pourchasser, du moins pour quelques temps. On ne quitte pas le Kumo Crew comme ça. Elle m'a dit qu'il comptait faire profile bas et quitter la bulle humaine pendant quelques temps. Mais elle ne m'a pas dit vers où.

Le silence retomba aussi lourdement qu'une tonne de plomb chutant sur une planète affichant une gravité de 10 G. Valarios garda son regard braqué la baie vitrée et les bâtiments à l'extérieur. Il observait toujours les vaisseaux apponter et décoller à la chaine, telle une gigantesque machinerie sans âme, réglée comme sur du papier à musique. Qu'il était étrange de voir à quel point la perception d'une chose change selon l'humeur dans laquelle on se trouve...

Finalement, il donna une claque sur la rambarde et commença à remonter le couloir d'un pas vif. Everett fit mine de le suivre avec un temps de retard.


-Mais... où allez-vous?
-Il faut que je la retrouve... Pour la remercier, pour la tuer, j'en sais rien. Mais il le faut.
-Mais vous ne savez pas où elle est ! Si ça se trouve, elle est déjà à plusieurs milliers d'années lumières de la bulle.
-Je sais, mais m'en fout. J'ai encore quelques crédits et un vaisseau. Il saute aussi loin qu'une puce cul-de-jatte, mais c'est un vaisseau tout de même. C'est un début... Un bon début...

Everett ralentit alors le pas et s'arrêta, regardant Valarios s'éloigner sans ralentir. Avant que celui-ci ne disparaisse à un tournant, il lui cria:

-Ramenez-la en vie ! Je lui dois un dîner ! J'avais parié avec elle que vous ne vous en tireriez pas!
-M'étonnes pas, j'aurais parié sur la même issue que vous... Putain de cul bordé de nouilles...

Et c'est ainsi que Valarios débuta sa recherche, sa traque, son enquête. Sur les traces de celle qu'il ne connaissait pas mais à qui il devait sa vie, sa mort. Il la trouverait, coûte que coûte. Il lui ferait payer, il la rembourserait... Peu importait. Ce qui comptait, c'était qu'il la trouve.
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Seconde Partie
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II-1 "Purity's Defiler"
La bouteille est vide... Le regard qu'il lui porte l'est tout autant. La musique émise par le cube-enceinte continue de le bercer tandis qu'il explore une nouvelle fois ses souvenirs. Mais soudain, une bouffée de chaleur le prend lorsqu'il se rappelle la période la plus sombre de sa vie. Celle où pour poursuivre une quête presque insensée, il s'est tourné en prédateur.

Il ouvre alors le haut de sa combinaison et se retrouve torse nu. De nouveau, le spectacle qu'offre ses cicatrices blafardes parcourant son buste ne manque pas de lui égratigner la rétine. Puis le tatouage de l'araignée qui marque son pectoral lui arrache un rictus mauvais. Ce tatouage qui est un clair rappel de cette époque sombre et tâchée de sang... De tant de sang...




Après son départ de Dunn Laboratory, il avait enchainé pendant quelques semaines des petits boulots pour les différentes factions du système et accumuler suffisamment de fonds pour passer à autre chose que le Sidewinder. Préférant ne plus attirer l'attention, il délaissa son ancien réseaux de contre-bande et coupa les ponts avec ses anciens contacts. De toutes manières, le mot avait circulé dans le milieux que lui et Adrian Pit étaient tombés entre les mains expertes de Mondorli et qu'ils n'en avaient pas réchappés. Chose malheureusement vrai pour l'un d'entre eux.

Durant cette période de recouvrement de fonds, il se mit à réfléchir sur comment retrouver Irina. Il en vint à penser que le seul véritable moyen d'y parvenir serait d'essayer de remonter sa piste à partir du seul point de départ qu'il connaissait. Cela signifiait se frotter au pire de ce qui se faisait dans la bulle humaine : le kumo crew. Et s'il voulait enquêter autant efficacement que discrètement, sans éveiller de soupçons quant à ce qui le motivait - il n'avait aucun intérêt à ce que le kumo crew sache qu'il cherchait à retrouver une traitresse à leurs rangs - il allait devoir s'en rapprocher, aussi désagréable que cette idée lui parut. Aussi, lorsqu'il fit l'acquisition de son nouveau Cobra, qu'il nomma sombrement le "Purity's Defiler", il mit le cap sur le secteur Pegasi. Il prévoya un détour dans son itinéraire vers un système anarchique qui ne lui était pas inconnu, l'ayant visité plus d'une fois en compagnie de feu son coéquipier Adrian. Une fois sur place, il resta en super-cruise, ralentit à 30 km/s et patienta, scannant les vaisseaux qui passaient à portée de radar.

Durant cette attente, sa tension monta peu à peu. Il était pleinement conscient de ce qu'il s'apprêtait à faire, même s'il n'avait alors jamais imaginé se livrer à pareille expérience. Certes, il était versé dans la planification de coups risqués et l'illégalité lui collait à la peau depuis sa plus tendre enfance. Mais cette fois-ci, il s'apprêtait à franchir un pallier dans la criminalité et la violence. Quand enfin, sa cible se présenta, c'est les mains crispées sur ses commandes et le souffle court qu'il amorça sa manœuvre de poursuite. Une fois aligné et à portée, il enclencha l'intercepteur FSD. Avec des gestes nerveux, il maintint difficilement le cercle de sa cible au niveau de son réticule de visée. Lentement, la jauge de l'indicateur visuel se remplit, poussant un peu plus ses nerfs vers un point de tension critique. Et soudain, l'interception opéra.

La sortie du super-cruise fut violente et eu le bon ton de le secouer suffisamment pour le remettre d'aplomb. Une fois le vaisseau stabilisé, il chercha sa cible des yeux. Ne la trouvant de suite, il jeta un regard anxieux à son radar. Là! Le petit point jaune brillait en arrière de sa position. Il enclencha le verrouillage et retourna le Purity's Defiler pour faire face à sa proie : un T6, complètement désorienté. Désemparé. Presque désarmé... Vulnérable.

Il reçut alors une courte transmission de la part du T6:

Au commandant Valarios du Cobra "Purity's Defiler"!
Qu'est-ce que ça signifie? Que me voulez-vous? Pourquoi cette interception?

Pour seule réponse, il déploya ses points d'emports et fit feu sans sommation, sans réfléchir. La sueur lui coulait par tous les pores de la peau, la nervosité grignotait ses muscles, mais il ne pouvait pas décoller ses doigts des commandes. Le T6 enclencha une manœuvre d'esquive et de décrochage, mais Valarios réagit instinctivement à cette tentative et le Purity's Defiler ne lâcha pas sa proie. Le Cobra crachait son venin brûlant sur sa victime sans défense.

Les deux canons laser à rafale eurent tôt fait de neutraliser le bouclier du T6 et Valarios bascula alors la configuration d'armement sur ses deux Railgun. Il verrouilla les propulseurs de sa cible, ajusta son tir, enclencha la mise à feu... Et BOUM! La voix de l'ordinateur de bord résonna pour annoncer la mise en charge du FSD du T6. Valarios ne voulait pas laisser sa cible s'en tirer à si bon compte, aussi chargea-t-il un nouveau tir qui fit mouche lui aussi. Les propulseurs du Lakon étaient salement amochés mais ce n'était pas encore suffisant et, bien que la température du cobra grimpait en flèche, Valarios fit feu une ultime fois. A cause de la tension qui l'habitait, il manqua de précision et vit l'un de ses deux tirs simultanés passer à coté. Il jura hargneusement , s'attendant à voir sa cible s'échapper d'un instant à l'autre. Mais au lieu de ça, c'est une explosion de débris étincelant qui apparu devant ses yeux. Le second des deux tirs avait taper dans le mille et l'un des propulseurs visés venait de se faire littéralement broyer. Cependant, la frustration ne fut pas remplacer par de la jubilation, mais plutôt par du soulagement, un exécrable soulagement. Il prit le temps d'inspirer profondément et de souffler longuement...

Là dessus, il transmit un message au T6:

Ta cargaison, entière, ou ce sera ta vie.

Il était étrange comment un simple message écrit pouvait masquer l’ébullition des sensations qui l'habitaient alors. Cependant se disputait bien en lui des émotions de toutes sortes : excitation, plaisir bestiale, honte, dégout, tristesse, joie... Il était submergé, à tel point que ses mains tremblaient et qu'il claquait des dents.

La réponse ne fut pas longue à venir.

Très bien, je te donne ce que j'ai. Après ça, va en enfer et laisse moi tranquille.

Le Purity's Defiler ne possédant pas autant de capacité de soute que le T6, Valarios opéra une sélection méticuleuse des marchandises qu'il pillait tandis que le pauvre marchand s'éloignait le plus vite possible. Une fois ses soutes pleines et son écoutille verrouillée, il délaissa le reste des biens éparpillés dans le vide et tourna son vaisseau vers le point fumant qui s'éloignait lentement. Il lui évoquait un animal blessé et agonisant qui, mue par la volonté qu'ont toutes les proies à s'accrocher à leur misérable vie, continue de fuir son inexorable destin.

A nouveau, il prit un grande inspiration, la retint quelques secondes, puis souffla lentement par la bouche. Une lumière bestiale alluma soudainement son regard, reflet d'une folie enfouie qui l'habitait depuis son passage dans la base secrète de Mondorli. Enfin, enclenchant un boost pour rejoindre le T6, il déclara fièvreusement pour lui-même:


-Je vais justement en enfer... Et tu es le premier pavé du chemin qui m'y emmène...
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II-2 Baptême du Sang
Le barman se pointe hors de ses appartements, découvrant avec désœuvrement que l'alcoolique de service est toujours là. Seule différence notable avec le moment où il l'a laissé pour aller se coucher, c'est que ce dernier est torse nu... Et que, non pas une, mais trois bouteille de vodka l'entourent. Vides.

Le barman se rapproche de son client indésirable et l'observe de près. Se dernier est prostré, un regard vide se perdant dans le néant. Une barbe de trois jours orne le faciès inexpressif. Il frémit lorsque son regard passe sur les innombrable entrelacs que forment les cicatrices. Un œil novice penserait à de la scarification, mais lui sait qu'il n'en ai rien.

Il se penche à quelques centimètres de son visage, lui adressant un regard dur. Il le hèle, l'insulte, lui claque des doigts en face des yeux : rien n'y fait. Dans ce genre de cas... Le barman se redresse et balance un aller-retour sur ces flasques.

Valarios sort alors de sa transe, groggy et cligne frénétiquement les paupière, ne sachant plus où il se trouve.


-Tu m'as descendu deux autres bouteilles sans demander, ça te sera facturé...
-Je sais, le triple, comme d'hab'... Tu sais Maurice, depuis que je te connais, tu m'as toujours paru aussi antipathique. Même si j'veux bien reconnaitre qu'au fond, t'es pas si méchant que tu veux bien le montrer
-Et toi mon salaud, t'as toujours paru aussi alcoolique et dégénéré. Je sais même pas pourquoi je te laisse encore crécher ici.
-Peut-être bien parce que je suis ton meilleur client et que c'est en parti grâce à moi que tu fais tourner la boutique.
-Ouais... quand tu dézingues pas mes autres habitués.

Valarios laisse s'épanouir un sourire amère sur ses traits livides.


-Arrête... C'est arrivé qu'une fois et ça remonte à loin maintenant. Y'a prescription.
-Hum, mouais. N'empêche, pourquoi tu me l'avais dessoudé le p'tit Wally, hein? Rappelle moi.
-Tu sais très bien pourquoi et tu sais aussi que je me fous totalement que tu approuves ou non mon geste.
-Ah! T'es irrécupérable...

Sur ces derniers mots, Maurice retourna à son bar, préparant l'ouverture. Il fit aussi chauffer de l'eau que Valarios récupéra pour se préparer un thé noir particulièrement amère qui avait le don de le réveiller. En revanche, pour le mal de crâne...

Il se plongea ensuite dans la contemplation de sa tasse fumante et se remémora l'épisode qu'il venait d'évoquer avec Maurice. Un autre des jalons qui avait marqué un tournant dans sa vie mouvementée...





Il continua ses actes de piraterie durant tout son voyage vers le secteur Pegasi, ne se préoccupant plus d'être dans un système anarchique ou non, commençant à cumuler des primes conséquentes sur sa tête et à attirer les chasseurs avides. Cinq fois il se fit intercepter, trois fois il dut fuir la queue entre les jambes face à plus fort que lui. Les deux autres fois, il asséna une raclée bien méritée à ses poursuivants. A la fin de l'une d'elles, la raclée s'est soldée par la mort de son opposant... Après tout, c'était eux qui venaient le trouver pour en découdre, pleinement conscients des risques qu'ils encouraient. Alors il ne ferait pas grand cas auprès de sa conscience de ceux qu'il serait obligé d'envoyer manger les pissenlits par la racine.

Cela dura 2 mois et il rencontra du succès dans son entreprise, si bien qu'il en vint à acquérir une certaine notoriété, même s'il était loin de rivaliser avec les pires bouchers de la bulle humaine. Les rares fois où il entendit parler de lui, on en vint même à le nommer par le nom de son vaisseau. Bizarrement, il en tira une fierté qu'il reconnaissait comme étant malsaine. Passés les premiers temps d'anxiété et de dégoût, il devint peu à peu insensible vis-à-vis du sort de ses proies, qui ne s'en tiraient pas à si mauvais compte selon lui. Il laissait la plupart s'en sortir vivants, si bien qu'au bout des deux premiers mois, il n'avait abattu que deux de ses victimes. Et à chaque fois, une fièvre meurtrière s'était emparée de lui sans qu'il ait pu la réprimer.

Autant le fait de tuer des chasseurs qui l'acculaient ne l'émouvait pas plus que ça, autant le fait de se laisser aller à ses élans meurtriers contre des innocents lui inspiraient à chaque fois du dégoût pour lui-même et ce qu'il devenait. Mais ils étaient des dégâts collatéraux qu'il jugeait nécessaire... Comme lui et Adrian l'avaient été.

Après ces deux mois de crimes commis en toute impunité, un chasseur de primes lui tomba dessus, plus coriace et plus tenace que ceux auxquels il avait été confronté jusque là, pilotant un Vulture à la coque blanche. Lors de la première interception, Valarios ne chercha pas plus loin et décrocha du mieux qu'il le put. Il sauta vers un système voisin. Mais à peine arrivé, ses capteurs repérèrent la signature du chasseur de primes. Les yeux de Valarios s'arrêtèrent un instant sur le nom du pilote : Wallace. Puis de nouveau, manœuvre d'interception. Valarios eut à peine le temps de redresser son appareil pour l'aligner avec le vecteur d'évitement qu'il était violemment arraché au Super-cruise. La colère l'emporta sur la raison et, le juron aux lèvres après avoir été secoué en tout sens par son brutal passage en vitesse conventionnelle, il fit face au vulture blanc. Celui-ci passa à toute berzingue, à quelques mètres du Purity's Defiler, comme pour le provoquer.


-Il est complètement fou ce mec... Mais moi les dingues, je les soigne. Je vais lui faire une ordonnance... et une sévère!

Il sortit ses points d'emports et en avant pour la valse!

Le combat fut long et ardu. Le Vulture opposait à l'armement lourd du Cobra une vélocité et une réactivité sans pareille. Et ses tires de canon à fragmentation étaient autant de coups de boutoir en combat rapproché que le bouclier et le blindage du Purity's Defiler eurent du mal à encaisser. Valarios se prit à amèrement regretter son emportement lorsque l'intégrité de sa coque passa sous la barre des 25%. Par chance, aucun des modules de son vaisseau n'avait encore lâcher et son bouclier se réinitialisa. Son bon sens prit enfin le dessus sur sa fierté et il redirigea toute l'énergie sur les systèmes internes et les moteurs. Coup de boost, FA Off, on pivote à 180°, FA On en mettant plein gaz sur les thrusters avant et on ajuste la cible. Valarios ne put effectuer qu'un tir de railgun avant que le chasseur comprenne qu'il était une cible de choix en continuant de poursuivre sa cible en ligne droite. Après ça, il évita aisément les tirs suivants, d'autant que la distance augmentant entre le Vulture et le Cobra, Valarios avait de plus en plus de mal à distinguer sa cible.

Une fois certain qu'il avait suffisamment gêné le Vulture dans sa poursuite, il fit de nouveau pivoter son vaisseau en FA off et fila à toute vitesse le plus loin possible, veillant à se mettre hors de portée des capteurs du chasseur de prime. Par prudence, il resta en vol conventionnel pendant une vingtaine de minutes, changeant régulièrement de direction et malmenant ses réacteurs à coups de boost répétés. Puis il sauta dans un autre système.

Là encore, il écouta la prudence et sortit presque immédiatement du super-cruise pour effectuer un nouveau passage en vol conventionnel pendant quelques temps, avant de sauter à nouveau vers un autre système. Il répéta l'opération plusieurs fois avant de s'arrêter dans un système anarchique possédant les installations nécessaires pour les réparations qu'il devrait effectuer. Il se posa anonymement dans une station et passa commande auprès des équipes de mécanos du spatioport. C'est tout aussi anonymement qu'il traina ses guêtres vers le bar le plus miteux que la station pouvait proposer. C'est à peu près à cette époque qu'il a développé son goût pour ce genre d'établissement dans lequel se réunissaient discrétion, ambiance douteuse et contacts profitables. Pour le moment, il ne chercha que le réconfort d'une période de beuverie, le temps que son vaisseau soit retapé. D'un ton sec, il commanda une bouteille de vodka au tenancier. Celui-ci se fit une joie de la lui apporter, surtout lorsque Valarios lui précisa qu'il réglerait toutes ses consommations au triple s'il était sûr que personne ne vint le déranger le temps qu'il serait présent de ce bar.

Sur ce, le barman lui dégota une alcôve sombre et vira les quelques habitués des places proches de celle-ci. Ces derniers jetèrent des regards noirs à l'étranger qui s’immisçait ainsi dans leur lieu de perdition. Valarios, quant à lui, ne leur prêta aucune attention et se concentra plutôt sur la tâche d'importance qui l'attendait : ruminer sa frustration et sa colère tout en se noyant dans l'alcool. Un exercice Ô combien pratiqué et maitrisé depuis des années, même avant ses derniers déboires.

Il s'exerça donc durant une bonne demi-heure, dérivant peu à peu vers un doux état d'ébriété, avant qu'un nouvel arrivant ne vienne perturber sa quiétude. Un type grand et bien bâti, cheveux blonds coupés court, un regard bleu arrogant et fier, une démarche sûre et franche. Celui-ci se dirigea droit vers le comptoir, sans un regard pour le reste du bar. Il tomba lourdement sur l'un des tabourets, l'air mécontent et ce fut d'une voix morose qu'il s'adressa au barman. Quelque chose dans l'attitude de cet homme attira l'attention de Valarios et il décida de lâcher sa bouteille quelques instants pour tendre l'oreille...


-Hey, Maurice... Sers-moi une brune s'il-te-plait. Et une vrai, pas de ta saloperie coupée à l'eau.
-Ouhla, t'as pas l'air joyeux. Qu'est-ce qui t'arrive gamin pour que tu me tire la gueule comme ça aujourd'hui?
-Soucis professionnel...
-Oh, j'aime pas quand tu dis ça.
-T'inquiète pas pour ton porte-feuille, espèce de rapace. J'ai toujours payé rubis sur l'ongle et ça ne changera pas.
-Mouais... Ok. Alors quoi? C'est tes employeurs qui ne veulent pas te payer? Ou alors les gars du Kumo qui sont encore venu t'asticoter?

Valarios tiqua à l'évocation du Kumo Crew. Il continua d'écouter avec toute l'attention du monde, surmontant la légère euphorie que l'alcool lui procurait.

-Nan, aucun des deux. Tu sais très bien que le service de sécurité de la station est réglo et le Kumo ne me cherche plus des poux depuis un moment. Je suis pas fou non plus, j'ai dézingué une seul fois un de leur gars, je recommencerai plus ce genre de bourde. C'est un coup à se prendre tous ces zinzins sur le dos pour de bon. Déjà que je suis pas en odeur de sainteté alors je ne veux pas qu'ils se souviennent que j'existe...
-Bah alors, qu'est-ce qui te chiffone?
-Juste un gars qui m'a échappé... Pas si grave que ça, mais c'est chiant quand même. Je le tenais, c'était du tout cuit, mais il me l'a joué poule mouillée au dernier moment et a filé comme un rat apeuré. Pas moyen de remettre la main dessus ensuite.
-C'est pas commun d'ta part ça. D'habitude, tu lâches pas facilement.
-Je sais, mais là, il a pris trop de précautions, pas moyen de le ferré.

Valarios se redressa soudainement. Il garda son calme, conserva son attitude acariâtre et se dirigea vers le comptoir. Il arriva juste à coté de l'inconnu blond mais ne lui jeta pas un regard, rivant ses yeux dans ceux du dénommé Maurice.


-Je viens pour régler... Et servez donc une tournée générale de ma part, je la paie au tarif dont on a convenu. Pour le dérangement que j'ai causé...

La déclaration fut suivi de plusieurs remarques approbatrice et il passa rapidement aux yeux des pochtrons environnants de l'étranger casse-pied au chic type qu'on ne regrette pas d'avoir croiser. Sur ce, il tourna les talons et se dirigea à grand pas vers la sortie. Avant de franchir la porte, un échange entre le barman et l'inconnu lui parvint, confirmant ses soupçons.

-Tu vois Wallace, la journée n'est pas si mauvaise pour toi, tu viens de gagner un tournée gratis.
-Ouais, c'est pas si mal. Mais n'empêche, j'aurais aimé l'avoir ce gars. Il trainait une sacré prime sur sa tête...

A peine Valarios fut-il sorti du bar, il se coula dans un renfoncement obscur du couloir d'accès, sorti son couteau de combat et en vérifia l'affûtage. Ensuite, il désactiva la sécurité de son arme de poing et il patienta, attendant son heure.

Il resta ainsi durant pas moins d'une heure, voyant défiler les clients qui sortaient, rongeant son frein. Finalement, sa proie se décida à quitter les lieux. Un plis amère déforma la bouche de Valarios, qui retint son souffle quelques instants avant d'emboiter furtivement le pas à sa cible. Il le suivit jusqu'à ses quartier privées. Forte heureusement, ceux-ci se situaient dans une partie isolé de la station, visiblement réservée pour la lie de la population peuplant l'installation. Les pires activités devaient se livrer dans ce coin-ci. Parfait.

Valarios rattrapa discrètement le blond et, au moment ou celui-ci pénétrait dans son appartement, il se précipita sur lui, le projetant violemment à l'intérieur. D'un geste rapide, il enclencha le verrouillage de la porte d'entrée et tira son couteau de combat. Mais avant qu'il n'ait pu se lancer à l'assaut, Wallace s'était déjà relevé et avait saisi le premier objet qui lui était tomber sous la main pour le jeter sur son agresseur. Valarios réceptionna donc un grille-pain volant qu'il tenta de dévié avec son avant-bras. Wallace profita de cette opportunité pour se jeter à son tour sur son opposant et le saisir à bars le corps. Il le souleva de terre le plaqua violemment contre un mur. Il recula et répéta son geste, faisant voir trente-six chandelle à Valarios. Il lui saisit alors le poignet et le lui tordit pour lui faire lâcher son arme.

Valarios eu beau se débattre, il était trop sonné pour opposer une quelconque résistance. Il lâcha donc son couteau, fut ensuite saisit à la gorge et envoyé valdinguer à travers la pièce pour s'écrouler contre une table. Les étoiles dansaient autour de lui, mais il reprit le dessus et vit que son adversaire allait renversé la tendance en attrapant le couteau. Celui-ci eut le temps de faire un pas. Un pas pesant, lourd d'une intention meurtrière. Valarios ne lui laissa pas l'occasion d'en faire un deuxième. Il dégaina son pistolet en un éclair et tira trois fois. Wallace s'écroula en arrière dans un gémissement et s'étala de tout son long.

Valarios se redressa tant bien que mal et s'approcha de sa victime qui hoquetait, le sang lui coulant à la commissure des lèvres.


-Désolé... J'aimerais te dire que ce n'est pas personnel, mais ce n'est pas vrai. Enfin, en partie. Faut croire que le destin t'as mis sur ma route exprès pour qu'on en arrive là. Désolé...


Il ne trouva rien d'autre à lui dire. De toute manière, il était déjà trop tard, vu le regard vitreux que lui lançait sa victime. Valarios resta quelques instants ainsi, à contempler son macabre ouvrage, puis réalisa ce qu'il venait de faire. Il eu un haut le cœur qu'il retint in extremis. Ses mains tremblèrent, puis cela se propagea à ses membres et il eu du mal à empêcher les larmes de lui monter aux yeux. Il inspira et souffla lentement pour tenter de se calmer. Il frôlait la crise.

Détruire un vaisseau ennemi lors d'un combat et tuer froidement quelqu'un, physiquement, sont deux choses bien différentes et il le réalisait maintenant. Après avoir pris le temps de se calmer, il laissa la part pragmatique et détachée de son être prendre les commandes. Il alla coller son oreille à la porte d'entrée et contre les murs attenant aux appartements voisin. Calme plat... Parfait, personne n'avait entendu, ou alors, on s'en fichait bien dans le coin.Il se concentra sur sa victime et avec une petite caméra, il prit un cliché du corps, puis il le fouilla pour trouver un objet qui permettrait de l'identifier. Il finit par dénicher une carte d'identification avec photo. Il la frotta sur l'une des blessures pour y déposer un peu de sang et la fourra dans sa poche. Enfin, il se coula furtivement hors de l'appartement et rejoignit au pas de course son vaisseau. Il quitta rapidement la station sans demander son reste et sauta en hyper-espace vers un système voisin. Ensuite, il programma son prochain itinéraire : cap sur le système Harma...
" Le verre n'est ni à moitié rempli, ni à moitié vide... Il demande juste à être vidé puis resservi à ras-bord! "
Dernière édition: il y a 6 mois 2 semaines par Valarios.
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[RP] Un bon début. il y a 6 mois 2 semaines #181968

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II-3 Cathy Cat, Première Partie
Maurice zieute d'un œil réprobateur son pilier de bar, comme à l'accoutumé. Soudain, il décide de donner vie au cliché type en se saisissant d'un torchon et en essuyant machinalement un gobelet, pour passer le temps - la fréquentation laissant à désirer, il ne trouve rien de mieux pour faire défiler les heures. Au bout d'un moment de silence seulement coupé par le grincement du chiffon sur le gobelet sec depuis longtemps, Maurice soupire bruyamment et pose le tout dans un geste d'agacement.

-T'as vraiment rien de mieux à foutre que d'user mon tabouret? T'y as le cul vissé depuis trois jours déjà, va te dégourdir les jambes un peu, balade toi dans la station, j'sais pas moi.
-Nan... J'aime trop te regarder glander toute la journée. Ça me rappelle que je suis pas le seul déchet avide d'oisiveté dans le coin.

Un sourire en coin étire la bouche de Valarios, un sourire chargé de cynisme, tandis qu'il vide un nouveau verre de vodka.

-Déchet, bah ! Parle pour toi ! Moi au moins, j'ai un boulot respectable, tu vois, une affaire qui roule.
-Ouais, elle roule tellement bien que toute la station se bouscule pour venir ici ! C'est dingue cette affluence... Dis, tu n'as jamais pensé qu'il fallait te montrer un peu plus courtois avec ta clientèle? Nan, j'dis ça, c'est juste que "dégage", c'est un mot d'amour un peu rude pour ton plus fidèle consommateur.

Pour toute réponse, Maurice émet un grognement d'ours mal léché et pose ses poings sur ses hanches. Mais il ne se laisse pas démonter et tente un nouvel angle d'attaque :
-Et les gagneuses de Brad? Ça ne te dis pas? D'ordinaire, tu ne dis pas non à un peu de bon temps et ça te changerait les idées.
-Ne joue pas à celui qui se sent concerné par mon état d'esprit sous couvert de me voir déguerpir. J'bougerai mon cul de ce tabouret quand je l'aurai décidé et tu le sais. En attendant, serre-moi donc un truc à grailler. J'ai besoin d'éponger un peu...

Maurice abandonne la partie et se dirige vers sa cuisine. Mais sans le savoir, il vient de mettre le doigt sur un sujet épineux auquel devait souvent faire face Valarios. Les femmes.

Il en avait poursuivit une en particulier pendant un long moment, sans d'autres velléités que de la confronter aux conséquences de ses actes : lui. Elle avait représenté un but insensé, une borne absolue à atteindre, mais aussi une chimère qu'il croyait ne jamais pouvoir toucher sans se douter qu'à chaque instants de sa recherche le destin le poussait de plus en plus dans la bonne direction.

Ensuite, il y avait eu les autres. Celles qui ne comptaient pas, ou si peu... Celles qui n'étaient que des exutoires pour sa frustration aussi bien physique que mentale. On les appelait catins, filles de joie, prostituées. Lui les appelait ses anges. Sans elles, il aurait sans doute sombrer dans la folie. Contre une poignée de crédits, elles lui offraient le luxe de lâcher du leste, de s'épancher. Même s'il savait pertinemment qu'il n'y a pas pire confident qu'une fille qui se vend, il ne pouvait s'empêcher de s'en remettre à elles pour se laisser aller. Peut-être était-ce cette fameuse fibre maternelle, sensément présente en chaque femme, qu'il ressentait à chaque qu'il s'abandonnait dans ces bras à la peau douce et qui le poussait à parler. Ou était-ce le simple fait qu'une fois payées, elles étaient à lui, certes temporairement, mais du moins pleinement et entièrement. Cela lui avait valu quelques fois d'être balancé à des chasseurs de primes ou aux autorités locales par des filles sans considérations pour la notion de secret professionnel, mais il ne leur en tenait jamais rigueur : aurait-il fait autre chose à leur place? L'argent qu'il leur donnait était en rémunération d'un service. Au delà de ça, elles ne lui devaient rien. Et surtout pas une quelconque fidélité.

Enfin, il y avait eu Cathy Cat, de son vrai nom Catherine Castel. Elle aussi était l'un de ses anges, mais elle occupait une place spéciale. C'était une femme aux multiples facettes, à la personnalité forte et à l'esprit vif. Mais avant tout, elle était d'un éclectisme surprenant : elle se passionnait de tout. Elle pouvait aussi bien parler de mécanique que de mathématique, de philosophie, d'astrophysique, de politique ou encore de chiffons. Rien n'était inintéressant et elle adorait mettre en pratique ce qu'elle savait. Mais le plus surprenant encore était le fait qu'elle était et demeurait une prostituée. C'était son truc.

Elle se savait belle et désirable, avec son physique parfait, sa chevelure de feu et ses yeux de jade. Et par dessus tout, elle adorait en jouer. Bien qu'elle ai la quarantaine passée, elle avait cette aura particulière qui mettait à bas tout les petites imperfections dû à l'âge pour ne laisser que la femme telle qu'elle était : l'objet de tous les désires.

Valarios l'avait effectivement désiré. Mais ça n'avait été qu'un court passage dans leur relation, une initiation, un préambule à quelque chose de plus intime. Elle avait été une amante, puis s'était muée en sœur, en mère, en amie sincère et en ange-gardien.

Un ange gardien qui lui avait permis de poursuivre sa quête...




Harma. Enfin... La première étape de son périple se terminait. Le plus dur restait encore à venir.

Valarios dirigea son Purity's Defiler vers Gabriel Enterprise. Arrivé aux abords de la station et ayant obtenu son autorisation d'amarrage, il ne prêta aucune attention au trafic ambiant ni aux éventuelles forces de sécurité et se précipita dans la boite aux lettres, glissant entre les mastodontes d'acier avec souplesse et rapidité, frôlant Anacondas et transports Lakon T9. Quitte à se jeter dans la gueule du loup...


-... autant le faire avec panache.

Amarrage au Pad indiqué par l'opérateur, verrouillage du train, descente de la plateforme au hangars... Bref, un mouvement cent fois vu et revu pour le pilote qui s'apprête à quitter son précieux vaisseaux pour rejoindre temporairement la masse des rampants peuplant n'importe quelle station. Valarios éteignit manuellement tous les systèmes, ne laissant actif que le strict minimum pour le cas d'un départ précipité. Sait-on jamais... Pendant qu'il effectua cette manœuvre, il se prit à peser l'éventualité de se payer une I.A pour l'assister dans la gestion du vaisseaux. Certes, il avait toujours été du genre à tout faire lui-même, mais cela dépendait plus du fait qu'autrefois il n'avait pas les moyens de faire autrement, plutôt que d'une quelconque manie à vouloir tout gérer. En plus, il avait entendu parler d'Intelligences Artificielles tellement bien conçues qu'elles pouvaient interagir de façon vraiment intelligente, quasi humaine, avec leur propriétaires. Avoir un interlocuteur ne pourrait pas lui faire de mal, surtout durant les phases de vol un peu barbantes... Et puis, il s'était toujours demandé s'il pouvait réussir à poser une colle à une I.A, dont les connaissances reposaient sur une base de savoir encyclopédique universelle, par des questions bêtes ou qui l'étaient en apparence. Un de ses "défis à la con" qu'il aurait adoré relever...

Il remisa cette question à plus tard cependant qu'il quittait le Purity's Defiler et qu'il se dirigeait vers les secteurs mal-famés de la station. A la vérité, il fut étrangement surpris : il s'attendait presque, sachant qu'un gang de criminels notoires chaperonnait les environs, à ce que la station entière soit une gigantesque zone de non-droit ou seul la loi du plus fort prévalait. Bien au contraire, tout paraissait "normal" : une sous-faction dominante, très certainement en bon termes avec le gang précédemment cité, qui imposait sa vision du monde à la multitude ; regardant de façon hautaine les autres groupes de moindre importance, qui tentent de rallier suffisamment de partisans pour survivre dans cette univers politique ; portant un regard inquiet et méfiant sur les formations politiques suffisamment importantes pour être considérées comme des concurrentes directes. Car, du point de vu de Valarios, la gymnastique politique, ce n'était que ça : des groupes différents qui se tirent dans les pattes parce qu'ils sont justement différents et ne cherchant jamais à trouver chez l'autre ce qu'il y a de bien dans sa différence pour en tirer profit au nom du bien commun. Ce n'est pas la discussion, la réflexion, la conciliation, l'échange, non... C'est le conflit, le conflit et encore le conflit, sous des airs d'hypocrisie tellement travaillée, maitrisée, portée à sa quintessence qu'elle en est à le fois le moyen et le but. Le conflit... L'expression de l'essence humaine dans ce qu'elle avait de plus brutale et stupide, mais habillé sous un manteau d'intelligence maligne et corruptrice. Bref, la politique, c'était pas son truc quoi...

Après quelques temps de recherches, il réussit tant bien que mal à dégoter une bonne adresse : un bar minable, mal fréquenté, où il s'envoya quelques verres avec un soudards qui, une fois bien arrosé, lui indiqua où trouver un contact pour avoir accès au marché noir de la station. Il se rendit alors auprès du dit contact en catimini et commença à discuter tarifs. Le plus ardu, c'était de savoir si le gars qu'il avait en face de lui était franc du collier ou si c'était un drôle qui essayait de l'entourlouper pour se faire un peu de crédits sur son dos avant de disparaitre. Heureusement pour lui, Valarios avait l'expérience du milieu et savait comment se constituer un réseaux fiable en évitant les arnaqueurs à la petite semelle. Coup de chance, il avait tirer le bon numéros du premier coup, le gars était réglo. Il lui présenta un receleur à la mine grincheuse qui ne rechigna cependant pas sur les marchandises que Valarios lui proposait. Il ne devait pas se faire d'illusions sur leurs origines non plus, les pirates devaient être monnaie courante dans le coin. Il écoula donc les métaux précieux et les armes qu'il avait réussit à "emprunter" à ses dernières victimes en date. Puis il voulu avancer autres chose sur le tapis.


-Dis, j'ai autre chose à vendre, mais à mon avis, c'est pas à toi que je dois m'adresser pour ce genre de... Marchandise.
-Grmbl... Dépends, j'peux toujours t'délester si ça vaut quelqu'chose.
-Je suis pas sûr que tu fasses dans la viande froide... Si tu vois ce que je veux dire.

Les yeux du receleur s'étrécirent sous le coup de la suspicion.

-J'vois... Et s'lon toi, ça intéress'rait qui ta "viande froide"?
-Le Crew...

Cette fois-ci, le receleur ouvrit grand les yeux, frappé de stupeur. Puis c'est nerveusement qu'il répondit :

-Désolé mon gars, mais tu d'mandes pas à la bonne personne. D'vrais oublier c't'histoire s'tu veux mon avis. T'as pas l'envergure pour discuter 'vec les mec du Kumo. Tu vas qu't'attirer les emmerdes, c'est tout.

Puis sans autre forme de procès, il planta là Valarios. Ce dernier resta quelques instants perplexe, ne sachant pas s'il devait rire ou pleurer devant le manque de tripes dont il venait d'être spectateur. C'était pathétique, cliché, ridicule...

Tant pis, il trouverait ailleurs les renseignements qu'il cherchait. En attendant, il était bien décidé à gaspiller son argent en futilités qui rendaient sa vie un peu plus douce. Après un repas un peu moins édulcoré qu'à l'ordinaire, mais surtout plus onéreux, il décida d'élire domicile pour quelques heures dans une maison de passe. Quelques heures de détente, à baigner entre l'euphorie des rares drogues douces qu'il s'autorisait parfois et les langueurs provoqués par une consommation excessive de plaisirs charnels. C'était, paradoxalement, la partie de sa vie qu'il considérait la plus honnête et innocente. Il ne se cachait pas, laissait libre cours à ses envies, ne faisait aucunement montre de méchanceté ou de brutalité. Simplement, il goûtait certains plaisirs primaires et s'en délectait.

Il porta son choix sur un établissement visiblement réputé et bien vu puisqu'il se situait dans un secteur plutôt favorisé de la station et qu'il jouissait du privilège d'être un commerce reconnu et non dissimulé. Lorsque Valarios se présenta devant l'entrée, deux grands malabars tout en muscles lui adressèrent un regard mauvais, plein d'une menace bien visible. S'arrêta devant eux et leur adressa un sourire chaleureux.


-Messieurs, voyons. Je ne suis qu'un respectable client venu quérir en toute honnêteté les services que propose votre établissement.
-Mouais, répondit l'un d'eux, peu impressionné par le babillage de ce nouvel arrivant. T'as intérêt à te tenir à carreau, sinon, mon frère et moi on...
-Je sais, vous me ferez sans doute découvrir une nouvelle facette de la notion de "flexibilité" corporelle. Rassurez-vous, vous n'entendrez pas parler de moi. Promis.

Après quelques instants de réflexion intense au vu des regards que les deux videurs s'échangeaient, celui qui avait pris la paroles émis un grognement d'assentiment et indiqua la porte d'entrée d'un mouvement de tête. Valarios accueilli l'invite avec un nouveau sourire et entra.

Les lieux offraient un charme inédit pour lui. Le décors était dans un style rétro-terrien baroque. Les lumières tamisées aux teintes jaunes, rouges, roses et mauves, les bougies parfumées et les encens qui brulaient, la musique de fond énigmatique tirée d'une époque lointaine, tout cela plongeait l'endroit dans une atmosphère hypnotique propre à l'oubli. Valarios aima l'établissement presque immédiatement. C'était nouveau, étrange et pourtant enivrant, comme un alcool raffiné dont les saveurs vous subjuguent. Il entra donc dans le vestibule et se vit accueillir par deux jeunes femmes, l'une brune aux yeux noirs, l'autre blonde aux yeux bleus. Elles étaient de même taille, de même corpulence, de physionomie semblable et pourtant, elles étaient les opposées l'une de l'autre. Tandis que la blonde avais une mise stricte et sombre, la brune se pavanait dans un ensemble léger et frivole.

Valarios leur adressa un sourire qu'il voulait enjôleur. Malheureusement pour lui, son visage marqué par les stigmates de la torture ne produisait pas un résultat à la hauteur de ce qu'il aurait voulu montrer. Mais cela importait peu. Il était en face de femmes qui avaient vu des êtres plus hideux que lui, autant extérieurement qu'intérieurement et qui avaient appris avec le temps à surmonter, sinon à masquer leur dégoût. Il n'en demandait pas plus, voire, si l'une d'elle avait eu un mouvement de surprise ou de répugnance, il ne s'en serait pas formalisé. Lui-même ne supportait que très difficilement son reflet dans le miroir.

-Bien le bonjour mon chou... Bienvenu au "Nid de Roses". Mon nom est Astrid, déclara la brune.
-Je me nomme Kimberley pour ma part, déclara à son tour la blonde. Si vous voulez bien nous suivre, monsieur, nous devons vous présenter à Mamma K., la gérante de cet établissement.
-Bien sûr, je vous suis mesdemoiselles.

Il leur emboita le pas, remonta petit couloir pour pénétrer dans un gigantesque salon. Il était encadré sur trois coté par des mezzanines sur deux étages, donnant accès à une vingtaine de pièces qui devaient sûrement être des chambres. Seul un des murs possédait un troisième étage donnant accès à une seule pièce. Sans doute un bureau privée, peut-être même celui de la mère maquerelle. L'ameublement, tout en canapés et fauteuils capitonnés, en coussins, en plaids, en dentelles et teintures épaisses donnait une impression de confort. La clientèle déjà présente jouissait des bienfaits de l'endroit et des services proposés sans prêter attention au nouveau venu. Alcools, drogues et bonnes chères étaient également proposés pour agrémenté les festivités.

Valarios fût conduit à un fauteuil où il s'installa avec un soupir d'aise. Astrid et Kimberley lui proposèrent tour à tour de quoi se rafraichir ou se restaurer, mais il leur opposa des refus polis. Il connaissait le piège de se genre d'établissement : tout ce que l'on vous proposait était un met hors de prix et si l'on faisait mine de l'accepter, il s'ajoutait sans faute à la note finale, si bien que le porte-feuille se vidait plus vite qu'initialement prévu. Et de toutes manières, il n'était pas la pour ce genre de "mets".

C'est lorsque Kimberley se détourna, un semblant dépitée par le refus que venait de lui opposé son nouvel hôte à l'une de ses propositions, que Valarios la vit. Une silhouette élancée, à la chevelure rousse en cascade. Elle sortait de l'unique chambre du troisième étage. Il la fixa tandis qu'elle dévalait les escaliers menant à l'étage inférieur et disparaissait par une porte. Astrid capta son regard et sourit malicieusement.


-C'est Cathy Cat, l’égérie du "Nid de Roses" mon chou... Ne rêve pas trop, tout le monde la veut, mais c'est elle qui choisit. C'est son privilège en tant que numéros une. Mais ne t'en fais pas, tu pourras choisir entre Kimberley et moi...

Valarios détourna les yeux de la divine apparition et adressa un sourire à Astrid, sans pour autant caché le trouble qui venait de le cueillir.

C'est alors qu'une femme bien en chaire, élégamment vêtu et maquillé, s'approcha de Valarios. Elle affichait un air chaleureux, affable, presque mielleux. Elle devait avoir la cinquantaine passée et ne plus guère pratiquer. Elle agitait un éventail en dentelle devant elle et Valarios eut du mal à cacher son étonnement devant ce geste inconnu issu d'un autre temps.


-Bienvenu dans mon modeste établissement, très cher monsieur. Je suis Mamma K. Je suis enchanté, que dis-je, charmée de vous rencontrer.
-Je suis pareillement enchanté, Madame. Je suis le Cmdr Valarios. Tout le plaisir est pour moi.

Valarios ne savait pas où il avait vu ça, mais il lui pris de faire un baise-main à la patronne. Elle gloussa et agita plus vivement son éventail, ravie.

-Hé bien, hé bien... Vous avez la cultures des bonnes manières mon chères. Sachez que j'apprécie que mes hôtes fassent montre d'une telle prévoyance, que ce soit envers moi ou envers mes petites.
-Je vous l'assure madame, je suis un homme à accorder la première place à la... comment dit-on... bienséance?
-Hi hi hi, gloussa de nouveau Mamma K. de derrière son éventail. C'est bien le mot, mon chère. Mais je ne vais pas vous embarrasser plus longtemps en simagrée d'une autre époque, bien qu'elles soient distrayantes. Vous êtes ici pour profiter des plaisirs qu'offrent notre nid. Comme vous êtes un nouveau venu, vous ne connaissez pas mes petites, bien que vous ayez déjà rencontrer Astrid et Kimberley. A moins que l'une d'elles vous convienne, je peux faire appeler mes autres filles qui ne sont pas déjà occupées...
-Je vous remercie pour cette solicitude, mais ce ne sera pas nécessaire. Je sais déjà avec laquelle j'aimerai passer quelques temps.

Mamma K. parut surprise sur le moment, puis jeta un regard interloqué à Astrid et Kimberley. La première afficha une moue aguicheuse et tandis que la seconde conservait son air grave tout en secouant la tête, l'air de dire "ce n'est pas moi". Gérante replia son éventail dans un claquement un en sourire étira ses lèvres rouges.

-Bien, si vous le désirez, nous pouvons vous préparer une chambre avec toutes les commodités que vous jugerez nécessaires et Astrid peut se changer, pour porter une tenu plus à votre...
-Pardonnez-moi de vous interrompre madame, mais mon choix ne s'est pas porté sur Astrid. C'est une jeune femme pleine de charme et d'attraits, je le reconnais, mais ce n'est pas vers elle que se porte mes attentions.

Pour la seconde fois, la mère maquerelle parut étonnée. Astrid parut quant à elle se renfrogner.

-Mais... Alors, qui?
-Cathy Cat.

Un tic fit trembler les lèvres de Mamma K., puis elle ne put s'empêcher de glousser de nouveau, déployant son éventail pour cacher sa légère hilarité. Astrid, quant à elle, parut franchement bougonne tandis que Kimberley dardait sur elle un regard railleur. Dès que son hilarité fut retomber, Mamma K. racla la gorge et retrouva un semblant de sérieux.

-Veuillez me pardonner mon cher, mais votre choix est pour le peu... anodin. Je doute pouvoir satisfaire votre demande.
-Je le sais parfaitement, madame, mais soyez assurée que j'ai les moyens de mes prétentions... Et que je saurais me montrer généreux.
-Il n'est pas seulement question de votre générosité, mon cher et soyez quant à vous assuré que je ne vous juge pas par rapport à une quelconque apparence physique. Mais vous devez bien comprendre que peu peuvent se prétendre les bienfaiteurs de ma Cathy. Elle ne choisit pas n'importe qui : que des gens à son goût et jamais des inconnus. Elle n'est pas femme qui accepte que l'on s'impose à elle et porte peu d'intérêt aux richesses d'autrui.
-Je ne compte pas lui forcer la main, madame, ce n'est pas mon intention. Si elle ne souhaite pas me côtoyer, je n'insisterai pas. Mais avant de m'opposer de nouveau un refus, soyez avertis que je suis prêt à rémunérer une simple entrevue avec elle, aussi brève soit elle et peu importe sa finalité. Et votre prix sera le mien.

Mamma K. arrêta de battre son éventail et porta un regard scrutateur à son vis-a-vis. Ses sourcils froncés par la réflexion révélèrent une ride du lion particulièrement marquée que même le fond de teint qu'elle revêtait avait du mal à cacher. Au bout d'un moment, elle ferma d'un claquement son accessoire et retrouva son sourire d’apparat avant de s'adresser à ses filles.


-Kim', Astrid, menez donc notre hôte au Boudoir. Vous verrez, mon cher, c'est un lieu confortable. Je vais tâcher de convaincre ma petite Cathy de vous y rejoindre. Je vous saurai gré de bien vouloir remettre la petite compensation dont vous avez fait mention à ses demoiselles. Disons que trente mille crédits seront un don généreux et fort apprécié de votre part.


Valarios failli déglutir en entendant le montant annoncé. C'était dix fois plus que ce qu'il dépensait habituellement pour ces occasions. Et il n'allait peut-être même pas en profiter comme il le souhaitait. Mais il se garda bien d'émettre un commentaire ou de laisser transparaitre quoi que ce soit. Après tout, sans pour autant pouvoir prétendre rouler sur l'or, il était dans une situation financière confortable. Il pouvait se permettre de jeter un peu d'argent par les fenêtre sans trop le regretter. Cela dit, ça n'atténuerai pas sa frustration s'il n'obtenait pas ce qu'il désirait...

Il suivit donc les deux jeunes femmes jusqu'au "Boudoir". C'était une pièce rectangulaire, aux murs recouverts de moquette prune, avec un sol en parquet et où cinq divans avaient été disposés autour d'une table basse. Le seul éclairage provenait d'une cheminée factice en marbre rose, où crépitait un hologramme de feu de bois. Une fine senteur de pin émanait du faux feu et une carafe de vin avec plusieurs verres en cristal avaient été laissés à disposition sur la table basse.

Après avoir effectué son paiement, Valarios s'installa dans l'un des divans, en face de la cheminée. Comme les deux courtisanes ne faisaient pas mine de vouloir sortir, il les remercia de l'avoir accompagné jusque dans la pièce. Astrid, l'air contrariée et les bras croisés sous la poitrine, dévisagea effrontément le mufle qui se prélassait en face d'elle. Puis, ne tenant plus, elle tourna les talons et sorti d'un pas rageur sous le regard amusé de sa consœur.


-Susceptible, votre amie...
-Vous avez touché à son égo, monsieur et il est surdimensionné. Elle n'accepte pas le fait que quelqu'un lui soit préféré, même s'il s'agit de Cathy Cat. Elle va vous en vouloir. Pendant un long moment.
-Bah, pas grave... Elle n'est de toute façon pas celle que je veux.
-Si je puis me permettre, monsieur, n'attendez pas trop de votre entrevue avec Cathy. Elle ne voudra pas la prolonger au de-là de ce qui lui plaira. Et, ne le prenez pas mal, mais je ne crois pas que vous êtes son genre d'homme, monsieur. Je vous dis ça pour que vous ne soyez pas trop déçu. Elle a brisé plus d'un espoir.
-Merci pour votre considération Kimberley. Ne vous en faites pas, j'ai la peau dure, je m'en remettrai si jamais j'essuie un refus.

Il lui adressa un sourire qu'elle lui retourna. Puis, de sa démarche stricte, elle se dirigea vers la porte. A son seuil, elle s'arrêta et tourna la tête une dernière fois. Une lueur électrique dansait dans son regard cobalt.


-Si jamais... chambre 3.

Puis elle sorti.
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II-3 Cathy Cat, Deuxième Partie

Et Valarios attendit... Longtemps...

La patience n'était pas vraiment son fort et il n'avait aucune tendance à l'introspection. Aussi, ce fut un calvaire pour lui de rester là. Durant une heure, il se tourna les pouces. Il se servit une verre de vin qu'il s'enfila d'une traite. Il piqua même du nez pendant un moment. Mais à aucun instant il ne pensa qu'elle ne viendrait pas.

Il se servit un deuxième verre, mais cette fois-ci, plutôt que de le siffler comme un mal-propre, il le dégusta comme Adrian lui avait appris à le faire. D'abords il le huma, tentant d'apprécier son bouquet. Puis il tendit le verre en direction de la cheminée aux lueurs synthétiques et tremblotantes, admirant la teinte rubis de la robe. Enfin, il prit une légère gorgée et la fit rouler dans sa bouche, jouant de sa langue et de son palais pour déceler les subtilités de ses arômes. Il n'était qu'un novice, bien plus habitué à la brûlure de la vodka bon marché, mais il put au moins reconnaitre que ce n'était pas de la piquette. Son regard se perdit dans les flammes tandis qu'il se remémorait son ancien mentor et partenaire en savourant le vin.

Adrian Pit, filou de premier ordre, flaireur de bons coups, contrebandier aventureux, coureur de jupons invétéré et, enfin, "enfant de salaud parmi tant d'autres" comme il avait aimé se désigner lui-même de son vivant. Mais avant tout, un père de substitution pour le jeune Valaris Korvos. Il avait eu la bonté de le prendre sous son aile alors que rien ne l'y obligeait. Il l'avait formé, éduqué et en avait même fait son partenaire en affaires, son bras droit et son frère de truanderie. Valarios lui devait tout. Et pourtant, il n'avait même pas pleurer sa disparition. Il n'y avait pas seulement songer jusqu'à cet instant. Depuis des mois, son cadavre devait pourrir au sein d'une installation planétaire secrète, sûrement désertée depuis la mort de Mondorli, au milieu d'un système perdu dieu seul savait où... Et lui était là à se prélasser et à goûter du bon vin, jouissant des plaisirs de la vie. Pire encore, il était à la recherche de celle qui était responsable de sa mort et ce n'était même pas pour le venger. Enfin, peut-être pas... Il n'était lui-même pas fixé sur ses propres motivations.

Une légère bouffée de regrets le prit à la gorge, mais il étouffa promptement cette culpabilité tardive. Adrian était mort, point final. C'était désormais un cadavre et un cadavre se fiche bien qu'on lui rende hommage ou même que l'on pense à lui. Tout ce qui le concernait à l'heure actuelle, c'était l'avancement de son état de décomposition. Adrian lui-même avait eu l'habitude de déclarer que les regrets n'étaient que des poids trop encombrants pour l'esprit d'un homme et que s'il venait à mourir, il se ficherait comme d'une guigne qu'on le pleure. Il avait été un solitaire dans l'âme durant tout sa vie et était mort seul, comme il l'avait toujours prévu.

C'est sur cette observation bien morose, alors que Valarios était perdu dans la contemplation des flammes factices, qu'elle fit son apparition. Elle revêtait une ample robe de chambre couleur bordeaux, en velours de soie frappé de motifs baroques, sa chevelure flamboyante ondulant librement dans son dos. Elle porta son regard vert pâle sur Valarios. Il y braqua le sien, sans gêne, à la recherche de quelque chose dans ses deux écrins de jade. Une vieille habitude qu'il avait prise avec sa profession et dont il ne se départait jamais : lors d'une première rencontre, le regard pouvait parfois en dire plus long sur les intentions ou l'attitude de son interlocuteur que n'importe quelle analyse psychologique. Bien entendu, cela ne fonctionnait pas sur une personne qui avait l'habitude de dissimuler ce qu'elle pensait et ressentait. Par exemple, les comédiens et les menteurs professionnels ne se laissaient quasiment jamais prendre à ce petit jeux... Et le prostituées, évidemment, faisaient aussi parti du lot.

Mais ce coup-ci, Valarios fut surpris de pourvoir lire quelque chose dans ce regard. Il y décela un agacement de façade qui tentait vainement de masquer une certaine curiosité. Visiblement, il l'intriguait, même si elle voudrait sûrement lui faire croire qu'il n'était pour elle rien de plus qu'un importun et qu'elle se ferait une joie de l'éconduire au plus vite. Ou bien n'était-ce tout simplement que son visage couturé de cicatrices, cet aspect de bête de foire qui avait suscité en elle un intérêt pour le moins malsain et qui retomberai comme un soufflet aussitôt qu'il aurait ouvert la bouche?

En tout cas, elle était là à le détailler du regard, tandis que lui-même se livrait à ses propres questionnements internes. Cela dura bien une dizaine de secondes, chacun se jaugeant de son coté, décidés qu'ils étaient de percer l'autre à jour avant même que leur échange verbale ne débute. Elle prit finalement un air résolu et se dirigea vers le divan opposer à celui de Valarios, faisait en sorte que la table basse les sépare. Elle s'y assit raidement, n'étant visiblement pas décidée à se détendre, croisant les bras sur sa poitrine et dardant un regard hautain sur son vis-à-vis. Valarios était quant à lui affalé sur son divan, un bras pendant de l'autre coté du dossier, ne la quittant pas des yeux, faisant machinalement tourner son vin dans son verre, qu'il tenait par le pied. Il laissa volontairement le silence s'instaurer. Il voulait qu'elle prenne l'initiative, qu'elle débute la conversation. Il préférait réagir et non prendre les devants de façon maladroite. Il en profita donc pour continuer de la scruter, faisant l'inventaire des détails physiques qui la caractérisait.

Elle était de taille moyenne, pas plus d'un mètre soixante-quinze. Ses yeux verts étaient cernés de mascara et d'un très léger trait de crayon noir. Il ne portait ni fards, ni fond de teint, ni rouge à lèvre... De toute manière, elle n'en avait pas besoin : ses lèvres roses, parfaitement proportionnées, naturellement en forme de cœur, étaient à elles seules une invite irrésistible ; son teint pâle, que l'on eu dit nacré, n'aurait pu souffrir la présence d'aucun fond de teint sans que son unité harmonieuse ne soit brisé ; ses sourcils arrondis et parfaitement dessinés n'avait nullement besoin d'être rectifiés...

Bref, plus il la détaillait, plus elle lui apparaissait comme un modèle de perfection féminine.

Attention mon gars, se dit-il, encore un peu plus et tu pourrais te laisser prendre au piège. C'est simplement une apparence physique. Tu en as connu, des jolies minois, et tu sais ce que ça fait se laisser berner par l'un d'eux.

Néanmoins, il continua de la regarder sans mot dire, attendant qu'elle fasse le premier pas.

Et elle ne se fit pas prier plus longtemps. N'y tenant plus, elle demanda d'un voix franchement agacée :


-Alors?
-Alors? Comment ça alors?
-Vous m'avez fait venir, non? C'est bien pour une raison précise, n'est-ce pas? Mamma K. ne m'aurait certainement pas supplier de venir vous voir si ce n'était pas pour une bonne raison.
-Hé bien... Je suis désolé de vous décevoir, mais je voulais juste vous rencontrer, faire votre connaissance.

Une colère sourde se peignit alors sur les traits de la rousse.

-Quoi, c'est tout?
-Oui, c'est tout...
-C'est juste pour ça?
-Hin hin...
-Rien d'autre?

Valarios fit non de la tête avec un sourire amusé.

Cathy fulmina intérieurement tandis que Valarios se délectait de la tournure des évènements. Apparemment, la mère maquerelle bien plus concernée par le gain que par le bien-être de sa chouchoute. Elle reprit néanmoins contenance, ne laissant pas démonter et pausa un regard scrutateur sur Valarios. Un très léger sourire étira ses lèvres et sa tête se pencha de coté tout en relevant légèrement le menton.

Valarios du faire un effort titanesque pour ne pas lâcher son verre et se mettre à baver. Au de-là de sa présence physique même, c'était une aura de séduction qui accompagnait cette femme. En un regard, elle pouvait déployer un arsenal complet de charmes dévastateur. Un peu comme un anaconda surarmé pourrait vaporiser un Sidi sans le moindre effort.

Elle le prit au dépourvu en lui demandant d'une voix posée et grave, presque aguicheuse :


-Et bien? Vous êtes là pour faire ma connaissance. Qu'attendez-vous?

Elle transpirait d'assurance, certaine d'avoir le dessus sur lui. Et il du bien s'avouer à lui même qu'elle avait bel et bien un sacré talent. Il comprenait mieux pourquoi elle pouvait se payer le luxe de choisir ses clients : personne ou presque ne devait lui résister. Il avait lui-même beaucoup de mal à le faire... Mais il faisait parti de cette engeance qui n'aime pas être dominé et qui n'avoue jamais sa faiblesse face à qui que ce soit. Il arrêta de faire tourner son vin, le porta lentement à ses lèvres et le but cul-sec. Puis il se leva, contourna la table et se campa devant Cathy. Elle ne l'avait pas lâcher des yeux et, la tête levée, lui jetait un regard de défis. "Vas-y, ose et tu verras ce qui t'arrivera crevure" lui crièrent secrètement ses yeux. Valarios en sourit et s'accroupit devant elle. Il leva lentement une main vers se visage aux lignes parfaites. Elle le détourna au moment où il allait la toucher et celui-ci suspendit son geste. Il la fusilla du regard, lui adressant un reproche silencieux qu'il accueillit avec dédain sans toutefois réellement s'en offusquer. Il reprit alors son geste et caressa du bout des doigts sa joue. Il descendit le long de l'arête de sa mâchoire, puis remonta lentement vers son oreille pour finalement passer sa main derrière sa nuque et plonger ses doigts dans la chevelure.

Un frisson la parcouru et sa respiration s'accéléra sensiblement. Il ne s'étaient pas lâcher du regard, elle le défiant, lui la scrutant.

Sans crier gare, brusquement, il attira le visage de Cathy près du sien, jusqu'à ce que leur front se touche presque. Elle eu un hoquet de surprise mais ne cria pas, cependant qu'une étincelle de peur traversa son regard. Valarios la décela instantanément et il en fut à la fois soulagé et profondément meurtri. Certes, il avait tout fait pour provoqué cette peur, mais il avait espéré autre chose. Il ne savait pas quoi lui-même.

En tout cas, cela du se lire sur son visage car, au moment où il relâcha la pression et où il se releva, Cathy sembla bouleversée. Il rompit le contact visuelle, fuyant désormais les yeux de jade et se dirigea vers la sortie. Il s'arrêta juste avant de franchir le seuil mais ne se retourna pas vers elle.


-Excusez-moi. Je vous ai fais perdre votre temps et je me suis montré... grossier. Vous ne me reverrez plus. Dites aussi à Mamma K. qu'elle n'a pas à craindre de me revoir dans son établissement.


Il revint au Purity's Defiler en se disant qu'il aurait peut-être mieux valu accepter l'invitation de cette Kimberley. Cela lui aurait éviter de replonger dans le gouffre de ses tourments intérieurs. Il pénétra dans sa cabine à coucher, se dévêtit et se jeta sur sa couchette, désirant pour une fois sombrer dans le sommeil plutôt que dans l'alcool. Étonnamment, il y arriva sans trop de mal : à croire qu'il était plus exténué qu'il ne le pensait.

Cela ne l’empêcha pas d'être réveillé en sursaut par son instinct, sentant sans la voir une présence étrangère à l'intérieur de son vaisseau. Il sortit de son lit sans bruit, attrapant son couteau de combat et se plaqua sur la parois du sas d'entrée de la cabine, parfaitement alerte. Lorsque celui-ci s'ouvrit, il n'attendit pas que l'intrus s'avance et, d'un geste rapide, il l'attrapa, le fit pivoter pour finalement le plaquer rudement contre la parois sur laquelle il se tenait la seconde d'avant, menaçant au passage l'inconnu de sa lame pointée sur sa gorge. Une goutte de sang perla, rappelant vaguement la couleur de la chevelure de cet intrus... Ou plutôt intruse. Valarios réalisa alors qui il s'apprêtait à faire passer de vie à trépas et retira sa lame. Sans ménagement, il retourna Cathy avant de lui hurler dessus.


-Mais vous êtes folle ou quoi? Vous vous rendez compte que j'allais vous trucider? Qu'est-ce que vous foutez ici?

Pour toute réponse, il n'eut le droit qu'à un regard hargneux suivi d'une gifle monumentale. L'adrénaline, la peur, la colère cédèrent la place à l'effarement. Mais il n'eut pas le temps de l'exprimer. Elle était blotti contre lui et l'embrassait. Pendant la longue minute que dura ce baisé passionné, tout se chamboula dans sa tête. Il ne pouvait pas assembler une seule pensée cohérente et se laissait guider par l'émotion et le ressentie pur. Sa main lâcha le couteau, qui tomba au sol, et glissa dans la cascade des boucles rousses. Puis soudain, elle rompit le contact, s'écarta et lui administra une seconde gifle.

-La première, c'était pour votre accueil, et celle-là, c'était pour votre comportement de tout à l'heure.

Valarios se frotta la joue désormais brûlante et passa sa langue sur l'intérieur de celle-ci. Le goût métallique du sang et la plaie qu'il découvrit lui démontrèrent qu'elle avait un sacré punch. Il plongea son regard dans celui, brûlant, de Cathy. Elle le voyait parfaitement, quasiment nu, le corps entier recouvert de cicatrices. Pourtant, il ne lisait aucune répugnance en elle, bien au contraire. Il l'attira à lui sans ménagement et l'embrassa à son tour. Elle s'abandonna au baiser sans résistance...

Il ne parlèrent plus par la suite, bien trop occupés à autre chose... Ce soir là, Cathy Cat ne rentra pas au Nid de Roses. Ce soir là, on servit à ses clients habituels qu'elle était indisposée. Ce soir là, Valarios se rappela enfin qu'il était autre chose qu'un homme brisé.
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[RP] Un bon début. il y a 1 mois 3 jours #210130

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II-4 "D.B.E Sauterelle"

Comme d'habitude, la nourriture que Maurice propose dans son établissement est d'un raffinement douteux. Mais, passé l'insipidité de la cuisine, on apprécie assez relativement la sensation de satiété que cela procure. Mine de rien, s'il est regardant sur la qualité, le Maurice est assez large sur la quantité et c'est bien une des seules choses appréciable chez lui.

Une fois sa gamelle expédiée, Valarios se lève sans un mot, récupère ses quelques effets personnels, disséminés ça et là dans l'établissement et règle ce qu'il doit, selon les termes de l'accord qu'il a passé avec le tenancier : toutes les consommations comptées au triple de leur valeur, en échange d'une tranquillité comparable à celle d'un tombeau... Ou tout du moins, un tombeau habité par un gardien de cimetière râleur comme pas deux.

Sans desserré la mâchoire, Valarios sort du bouge sous le regard mi-figue, mi-raisin de Maurice. Malgré son caractère exécrable, le barman sait pertinemment que ce ramassis de sarcasmes et d'aigreur est et restera son meilleur client. Aussi, à chaque fois qu'il le voit quitter son bar de la sorte, une petite pointe d'appréhension vient lui chatouiller la conscience... "Et si c'était cette fois-ci? Et si c'était aujourd'hui qu'il le voyait disparaitre pour de bon, englouti par les méandres de sa vie tortueuse? S'il ne revenait pas?"
Puis, comme à chaque fois, il attrape un nouveau godet à essuyer en haussant les épaules et passe à autre chose.

Valarios remonte les couloirs et les embranchements menant à la baie d'amarrage. Arrivé au poste de gestion du spatioport, il fait remonter son "Sept Lieues" sur le Pad de lancement n°45. Pendant que le processus suit son cours et que les agents préposés à la gestion des hangars s'occupent de valider le départ, il fait défiler sur l'écran la liste des noms des vaisseaux qu'il possède. Devant son regard éteint s'affichent le "Purity's Defiler", son cobra mk. III qui fut tristement célèbre par le passé pour la pagaille qu'il sema ; le "Sept Lieues", son vaisseau "couteau-suisse" favoris, un ASP Explorer qui lui a servit pour de multiples tâches comme le commerce, la prospection, le transport touristique et, bien entendu, l'exploration ; le "Glaive", ce petit Viper Mk. III avec lequel il a réussi un jour l'exploit d'abattre un anaconda, dans un duel acharné durant lequel il joua au chat et à la souris avec le mastodonte et où son lourd armement, composé de canons laser fixes et de lance-plasmas, ne lui aurait pardonné aucune erreur ; le "Mange-Ombre", un python à la coque sombre qui lui sert à exécuter les basses œuvres de quelques factions, peu scrupuleuses d'employer l'assassinat et la persécution violente de leur opposant comme méthode de" progression" politique ; le "Pointe d'Argent", un Fer-de-lance qui lui sert à chasser les primes mises sur la tête de ses anciens comparses, quand il est prit par un élan de volonté de rédemption.

Enfin, il arrive sur le dernier de la liste, celui dans lequel il n'est pas monté depuis longtemps, un gage du passé et de cette sombre époque.
Le "D.B.E Sauterelle"...





Quand Valarios se réveilla, Cathy n'était plus là. Elle lui avait laissé un mot, noté à la va-vite sur un écran de contrôle
"On se revoit vite... Tu m'intrigues et je tiens à ce qu'on fasse vraiment connaissance. Alors tache de ne pas quitter la station trop rapidement.
Cat.
P.S: Tu es plutôt doué pour te faire pardonner, mais ne crois pas que nos comptes soient réglés. Il faudra que tu donnes encore du tien, je penses..."

Un sourire étira ses traits. Cathy Cat...
Un sacré morceau de femme. Il ne la connaissait, pour ainsi dire, pas du tout, mais il pressentait que leur relation allait se renforcé et qu'il découvrirait une personne enrichissante. Pour une fois...

Plus tard, il prit les commandes du Purity's Defiler et alla se livrer à l'activité qui lui collait le plus à la peau depuis quelques temps : la piraterie. Bizarrement, il se montra plus magnanime qu'à l'accoutumée. Il laissa même une proie s'enfuir avec sa cargaison quand celle-ci le supplia de faire preuve de clémence, évoquant femme et enfants à nourrir, pour l'attendrir. Mais, quoi qu'il en soit, ce fut une session de piraterie assez faste et il n’eut à déplorer aucune rencontre malheureuse avec un quelconque chasseur de prime. Bref, le modèle type de la journée qui se passe bien. Valarios en vint à se demander s'il n'avait pas enfin retrouvé sa propension à avoir le "cul bordé de nouilles".

Cela se poursuivit lorsqu'il retrouva le même receleur que la dernière fois et que celui-ci décida de se montrer généreux envers son tout nouveau fournisseur de marchandises. Mais lorsqu'il essaya de l'interroger une fois de plus sur le Kumo Crew, celui-ci se montra aussi réticent que la fois précédente.


-Franchement mon gars, t'as l'air d'être le genre réglo. Va pas essayer de t'acoquiner avec des types pareilles. Eux, c'est d'la racaille d'une autre envergure, du genre à n'pas connaitre le sens du mot éthique. Des chiens d'la pire espèce, prêts à égorger père et mère pour une poignée d'crédits. Nan, vraiment, c'est pas des chics types, ça non...

Il médita ce second avertissement avec plus d'attention cette fois-ci, tout en se dirigeant vers un marché clandestin dont il avait obtenu l'adresse. Il en fit rapidement le tour, étant donné que les marchands étaient aussi discrets que peu nombreux. Néanmoins, il y fit l'acquisition d'une boite de quatre authentiques cigares terriens. Leur production n'avait jamais vraiment cessé, même si elle avait fortement diminué au cours des siècles. Rares étaient ceux qui pouvaient faire main basse sur un tel produit. Valarios en sortit un et, comme il l'avait vu faire sur de vieux holo-films retro-terrien, il se le passa sous le nez pour en sentir le parfum tout en souriant. Cependant, il ne le prépara pas et le rangea dans sa boite, préférant reporter à plus tard le moment où il le fumerait. Peut être cela serait pour une occasion spéciale. La boite contenant quatre cigares, il disposait donc potentiellement de quatre occasions à célébrer.

Lorsqu'il revint dans son Cobra, un nouveau message brillait sur le panneau de commande de sa cabine à coucher.

Je suis passé quand tu n'étais pas là, comme tu peux le voir... Retrouve moi au hangar de stockage AX-29, section Rouge. Je t'y attendrai.

Cat

Visiblement, Cathy avait un don pour le piratage : Valarios avait entièrement verrouillé le Purity's Defiler avant d'aller faire ses emplettes et il était presque certain de l'avoir fait aussi le soir où elle l'avait surpris dans sa cabine. Cette femme était de plus en plus surprenante...

Il suivit les instructions et se rendit sur le lieu du rendez-vous. Il pénétra dans un vaste hangar où se côtoyaient des amoncellements de détritus, de gigantesques containers vides et des épaves de vaisseaux pourrissantes. La distance séparant l'entrée au mur du fond devait avoisiner les trois cent mètres, pour une largeur d'une centaine de mètres. Quant à la hauteur sur plafond, on atteignait facilement les vingt mètres. Bref, une bien belle béance à l'intérieur de la station Gabriel Enterprise, qui servait visiblement de décharge publique. Valarios en vint à se demander s'il ne s'était pas trompé de hangar...

En tout cas, ça grouillait de vie dans le coin. Une poignée de personnes passaient l'endroit au crible à le recherche du trésor de leur vie, persuadées qu'elles étaient de le trouver dans les rebus d'autrui. D'autres encore ne faisaient que chercher des pièces de rechange pour leur bécane, ou tout simplement quelque chose ayant un tant soit peu de valeur pour pouvoir mettre du beurre dans les épinards . Deux plantons, membres des forces de sécurité de la station, malchanceux dans leur affectation, veillaient avec plus ou moins d'assiduité à ce que tout ce beau monde respecte un certain degré de calme et de civisme, tout se passant à tour de rôle un fiasque de gnôle.

L'éclairage jaunâtre, inégal, défaillant à certains endroits et bien loin de donner suffisamment de lumière pour un tel espace, achevait de sublimer le coté miteux du lieu. C'était vraiment un dépotoir mal-famé où les bonnes gens ne mettaient jamais les pieds.


-Bon sang, mais où est-ce qu'elle m'a amené là?


Valarios fit quelques pas incertains, tournant la tête de droite et de gauche à la recherche de Cathy. Il était presque sûr de s'être planté de lieu de rendez-vous...
Mais il remarqua enfin un détails qui lui assura ne pas s'être tromper. La couleur typique de cette tignasse rousse.

Il s'approcha alors d'elle d'un pas pressé, serpentant entre les immondices, et ce qui s'offrit à son regard lorsqu'il arriva lui coupa la chique : Cathy était bel et bien là, mais ce n'était pas la coutumière et sensuelle courtisane qu'il avait sous les yeux, mais une bricoleuse, vêtue d'une combinaison de mécanique et chaussée de grosse bottes coquées. Une casquette lui enserrait le crâne, laissant s'échapper une queue de cheval par l'arrière et une loupe de précision ajustable, relevé vers le plafond, était fixée à la visière. Elle avait retroussé ses manches et des traces noires de salissures noires maculaient ses bras et son visage.

Elle était en train de manipuler un fer à souder et un fil d'étain au dessus d'un circuit imprimé, les yeux étrécis par la concentration et la langue pointant du coin de sa bouche. Elle travaillait avec une minutie extrême, comme pouvait en témoigner l'absence de brûlures sur ses bras, ses mains ou sa combinaison. Des gouttes de sueur perlaient sur son front et s'écoulaient le long de son visage, traçant des sillons de pureté au travers de la crasse, mais ne la déstabilisant pas le moins du monde. De temps en temps, entre deux assemblages, elle s'essuyait négligemment le visage et rajoutait une nouvelle trainée noire sur sa peau.

Valarios resta là à l'observer silencieusement pendant qu'elle travaillait, fasciné. Il n'aurait jamais cru que la femme qu'il avait rencontré la veille dans le plus prestigieux bordel de la station put cultiver une telle passion pour le bidouillage. Encore un facette surprenante qui venait s'ajouter à un tableau déjà bien chamarré.

Lorsqu'elle releva enfin la tête, reposant le fer à souder dans son poste de travaille et s'essuyant le front de l'avant-bras en soufflant, Valarios ne put s'empêcher de manifester sa présence par un raclement de gorge. Il avait les bras croisés et était appuyé contre une sorte de grosse suspension mécanique. Elle se tourna vivement vers lui, surprise, puis un large sourire rayonnant vint illuminé son visage quand elle le reconnu. Même s'il était couvert d'un mélange de poussière, de sueur et de cambouis, se visage irradiait d'une beauté inaltérable.


-Alors, il paraitrait qu'on avait rendez-vous. J'avoue que je ne m'attendais pas à te voir patauger dans un tel foutoir pour bricoler des babioles.

Elle émit un léger gloussement amusé.

-Oui, je sais, les mains d'une prostituée manipulant une clé de 12, c'est pas la chose qu'on voit à chaque couloir. Mais je tenais vraiment à te montrer mon petit projet personnel, histoire que tu commences à appréhender la personne que je suis vraiment. Tu voulais apprendre à me connaitre, non?
-C'est vrai... Bien, alors, c'est quoi ton "petit projet personnel" ? Un gadget révolutionnaire? Surprend moi encore.
--Et bien, je pense que tu vas l'être, oui. Tu es justement appuyé dessus.

Valarios ne compris pas de suite. Il resta figé quelques secondes, dans le flou, puis tourna la tête vers la suspension sur laquelle il s'appuyait. Son regard chercha alors à quoi celle-ci était fixé...

-Nan... ne m'dis pas que...

Il recula de trois pas en arrière, histoire d'embrasser du regard l'engin sous lequel ( et sur lequel) bossait Cathy.


-Hé hé! Et oui! Comme tu le vois, je retape entièrement ce petit bijoux.
-Bijoux? Cette épave?
-Oui bon... Pour le moment, il ne paye pas de mine, mais une fois finis, il pourra de nouveau explorer les tréfonds de l'espace. Et j'en serai le capitaine. Enfin... LA capitaine.

Bijoux sus-nommé était, ou plutôt, avait été un Diamondback Explorer. A première vu, il ne restait rien de potable dans la carcasse, si ce n'était peut-être le châssis et les éléments extérieur d'habillage. Tout le reste semblait bon pour la casse... C'était d'ailleurs la raison de sa présence ici.

-Pour le moment, j'ai réparé la moitié du système d'alimentation, changé le générateur, reconstruit - littéralement - le répartiteur de puissance et soudé tous les petits trous dans la coque. Là, j'en suis à monté un nouvel ordinateur de bord. Il faudra ensuite que je fasse quelques batteries de tests, que je le programme et que j'y intègre une I.A sommaire qui m'assistera pour le reste des réparations.

Valarios en resta comme deux ronds de flan.

-Ah ouais... Et tu fais ça toute seule, bien sûre.
-Oui, pendant mon temps libre.
-Hinhin...Et tu vas me sortir qu'après l'avoir refais à neuf, tu iras te balader dans la galaxie, jusqu'à Sagittarius A* et que tu iras piquer une tête dans le super-massif qui se trouve au milieu.
-Oui et tout ça en jouant de la trompette.

Le balafré leva les yeux au ciel et Cathy éclata de rire.

-Plus sérieusement, ça fait combien de temps que tu bosses là-dessus?
-Hum... à peu près trois mois.
-Bordel ! En trois mois, t'as déjà fais tout ça?
- Et encore, je travaille avec les moyens du bord... Je n'achète pas de pièce neuve, tout vient de la récup' sur les épaves et le déchets que tu vois là. C'est une véritable mine d'or quand on fouille bien et ce n'est pas le seul hangar/poubelle de la station. Il y en a un autre comme celui-ci, tout aussi plein.

Il s’assirent autour du poste de travaille, sous le DB Explorer et discutèrent des aspects techniques et de l'avancement du projet de Cathy, tout en partageant une tasse de café tiède issu d'un vieux thermos archaïque. Cathy était enthousiaste, parlant avec passion et Valarios écoutait, agréablement surpris de découvrir cette facette inattendue chez cette femme. Elle lui parla des voyages qu'elle souhaitait entreprendre, du système Maia jusqu'à Beagle Point, en passant par Sagittarius A* et VY Canis Majoris . Il se prit à son tour à lui donner des conseils quant à l'entretien et à la gestion d'un vaisseau, se basant sur son expérience de pilote chevronner et Cathy accueilli ceux-ci d'une oreille attentive. Il évoqua par ce biais sa carrière de contrebandier et de pirate, ne cachant nullement le fait qu'il pratiquait encore ces activités à ce jour. Cathy ne fut nullement surprise ou choqué : il faut dire qu'on ne récoltait pas des cicatrices sur tout le corps en pratiquant une honnête profession. Cependant, elle n'adressa aucun jugement à l'encontre de son comparse. Chacun survivait comme il l'entendait dans cet univers et elle avait rencontrer des personnes pires que Valarios, qui était du genre à afficher une figure honnête au monde et, en dessous, cacher un monstre d'égoïsme et d'immoralité. Bien au contraire, il lui faisait l'effet inverse : un homme qui revêt volontairement une carapace épineuse, se donnant l'image d'un monstre froid et sans états d'âmes, mais qui au fond de lui cache des déchirures qui ne guérissent pas et qui le torturent. Mais elle se garda bien de le lui dire... Pour le moment.

Toujours est-il que, l'air de rien, Valarios s'impliquait dans ce projet farfelu.

Tout en terminant leur café, Valarios posa un regard amusé sur la rousse.


-Alors, tu penses pouvoir le piloter dans combien de temps ton joujou.
-Je pense en avoir terminer dans cinq ou six mois, si tout se passe bien. J'ai déjà mis la main sur un générateur FSD en parfait état et les pièces qui me manque pour les moteurs ne sont pas trop dur à trouver. Tout le reste, ce n'est que du "y'a plus qu'à". Par contre, d'ici à ce que je le pilote...
-Comment ça? Attends... tu ne sais pas piloter?

Cathy perdit le sourire et secoua la tête négativement, penaude. Valarios partit alors dans un fou rire. C'était la meilleure! Cette femme, qui était capable de monter un engin spatiale de A à Z n'avait aucun moyen de s'en servir. L'ironie était telle qu'il en ria aux larmes. Il retrouva cependant son sérieux lorsque Cathy lui jeta un regard noire, lui signifiant que la plaisanterie ne la faisait pas vraiment rire, elle. Il se sécha les yeux, luttant contre l'hilarité que le secouait encore et s'excusa.

-Tu sais, j'ai beau avoir passé tout mon temps à étudier tout ce qui touche de près ou de loin à la mécanique, l'informatique, l'ingénierie spatiale, l'astrophysique et etc, il y a des choses que je ne peux pas étudier seulement par la théorie.
-Il y a des simulateurs, tu sais, et aussi de très bons programmes d'apprentissage, encadrer par des pro, qui utilisent ce biais pour enseigner le pilotage.
-Oui, mais je ne veux pas de simulation... Je veux apprendre par l'expérience grandeur nature, sur le tas, aux commandes de mon vaisseau. Lorsque j'ai appris à réparer mon tout premier thruster, je l'ai fais avec le manuel d'apprentissage dans une main ET le thruster défectueux dans l'autre. Il n'y a pas mieux que la mise en application directe pour intégrer un concept.
-Ouais, je suis plutôt d'accord... Mais tu sais, dans la plupart des cas, un bon prof, ça peux pas mal aider aussi.
-Bah, d'ailleurs, à ce sujet, si tu pouvais...

Elle ne termina pas sa phrase, lui lançant un regard implorant accompagné d'une moue coquine. Valarios sourit en coin et soupira, vaincu avant même de combattre.

-OK, je t'apprendrai ...
-Merciiiii!

Elle sauta de sa chaise et vint lui déposer un gros smack sur la joue.

-Cela dit, je le fais à une seule condition.
-Ah? Laquelle?
-Que tu me permettes d'utiliser ton vaisseau pour voyager hors de la bulle durant ton apprentissage. J'ai toujours voulu faire de l'explo...
-D'accord!
-Ah, et JE serais le capitaine jusqu'à ce que tu sois capable de te débrouiller seule, compris.
-Oui Chef! Bien Chef!

Elle se fit raide et lui adressa un salut militaire qui les firent rire tous deux. Il se leva alors de son tabouret et tendit la main en face d'elle. Elle la lui attrapa et ils échangèrent une poigne énergique.

-Marché conclu!
-Oui, marché conclu. Je t'apprendrai à piloté ta "Sauterelle".
-Ma quoi?
-Ta Sauterelle. En fait, c'est un truc que j'ai avec les Diamondback. Je trouve qu'ils ressemblent à ces insectes. Le cockpit à la même forme que la tête et la coque rappelle les ailes.

Le visage de Cathy s'illumina d'un sourire radieux, comme si une révélation venait de lui apparaitre.
-Tu sais, je cherchais justement le nom que j'allais lui donner... Alors, marché conclu, tu seras mon Capitaine-instructeur à bord du "D.B.E Sauterelle".

***

Plus tard, après avoir rapidement visiter le vaisseau ( s'attardant une bonne demi-heure dans la cabine à coucher, récemment remise à neuf, pour "tester" la literie avec Cathy), Valarios quitta la courtisane pour retourner au Purity's Defiler. Celle-ci devait elle-même rejoindre le "Nid de roses". Certains de ses clients la réclamaient et elle ne pouvait pas deux fois de suite les éconduire sans les froisser.

Sur le chemin du retour, Valarios pensa à ce qu'il venait de vivre et aux implications que cela aurait sur son futur...
Son futur. A dire vrai, il ne l'avait pas évoqué autrement, depuis sa guérison, que comme une quête déraisonnable de réponses à des questions qu'il avait lui-même du mal à formuler. Mais il savait que c'était primordial, qu'il ne pourrait pas y couper. Tout dans son être avait besoin de mener à terme cette affaire. Il ne pourrait pas envisager sérieusement quoi que ce soit d'autre tant qu'il n'aurait pas mis un point finale à cette histoire. Pour cela, il devait retrouver Irina, quoi qu'il en coûte. C'était une obsession malsaine, il le savait pertinemment, et elle le pousserait à des extrémités dangereuses. Mais il ne pouvait tout simplement pas faire autrement, même si cela devait finalement lui coûter la vie.

Une bouffée de regret monta alors en lui lorsqu'il réalisa qu'il avait peut-être fait à Cathy une promesse qu'il ne pourrait pas tenir. S'il mourrait durant son entreprise, il ne la formerait jamais au pilotage. Elle ne voyagerait jamais à travers la galaxie en sa compagnie... Valarios réprima soudain cette sensation avec une assurance nouvelle. Il ne mourrait pas. Tout simplement. Il mènerait à bien son affaire et en sortirait vivant. Étrangement, il en avait maintenant la certitude.

Mais la vie peut parfois faire preuve d'une ironie et d'une cruauté mortelle. Il faillit en être de nouveau la victime lorsqu'un choc lourd à l'arrière de son crâne le fit sombrer dans l'inconscience.
" Le verre n'est ni à moitié rempli, ni à moitié vide... Il demande juste à être vidé puis resservi à ras-bord! "
Dernière édition: il y a 1 semaine 4 heures par Valarios.
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[RP] Un bon début. il y a 1 semaine 4 heures #212561

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II-5 La Mort


Réveil brutale, à coups de gifles. Vu comment ses joues lui cuisaient, il devait en avoir reçu une sacrée volée. Heureusement, il n'avait pas encore perdu de dent, malgré la violence des coups. Pour une fois...

Il cracha un peu de sang, histoire de signaler au bourrin à la main leste qu'il n'avait plus besoin d'insister. Il redressa la tête, regardant autour de lui, les yeux plissés. La lumière était trop forte, trop blanche, trop... Oui, c'était bien le signe qu'un mal de crâne version géante rouge se préparait dans sa caboche. Visiblement, le gars qui lui avait tapé sur le citron pour l'assommer n'y avait pas été avec le dos de la cuillère et avait remué pas mal de merde dans le ciboulot pour déclencher une céphalée d'enfer.

Peu à peu, ses yeux s'habituèrent à l'intensité lumineuse et il put distinguer ce qui l'entourait. Il se trouvait dans un couloir plutôt étroit, avec des murs recouverts de câbles, tuyaux, manivelles, tableaux électriques, jauges et etc. Donc, selon sa déduction, un couloir de maintenance, du genre qui n'est emprunté que par le personnel assigné aux tâches d'entretien de la station. Le genre d'endroit où on ne croise pas beaucoup de monde. Il se trouvait en compagnie de trois gorilles et d'un homme aux proportions beaucoup plus raisonnablement humaines. Personne ne lui prêtait attention, sauf l'une des armoires à glace, la plus proche, qui avait les manches retroussés et se tenait agenouillée près de lui : c'était donc cet individu qui venait de le battre comme plâtre, sans doute sur ordre du seul maigrichon de la bande. C'est toujours celui qui ne paie pas de mine qui dirige, car c'est le seul qui n'a pas besoin de compenser son manque d'intellect par de la masse musculaire.

La montagne de muscle se redressa en se frottant les mains, sans lâcher sa victime des yeux et s'adressa à la cantonade:


-Ça y est, il émerge.

Il se tournèrent tous vers leur infortuné hôte et des regards emprunts de malveillance, accompagnés de petits sourires mauvais vinrent se dessiner sur leur visage. Ça ne sentait pas bon pour lui, mais alors pas bon du tout...

Comme de bien entendu, Valarios avait les mains liés par un serflex qui lui entaillait les poignets et passé derrière un solide tuyaux accroché au mur. Il remarqua aussi que la lumière qui l'avait au départ tant incommodé se révélait, en fin de compte, bien chiche : des ampoules à combustion antiques, répandant une lumière jaunâtre, accrochées sur un seul mur tous les quatre ou cinq mètres, laissant d'épaisses zones d'ombres s'épanouir. Il se trouvait justement sous l'une de ces ampoules.

Soudain, le décors tourna, bascula autour de lui, s'assombrissant momentanément sans qu'il sache pourquoi ou même qu'il ne réalise que le phénomène ne concernait que lui. Mais le doute se dissipa rapidement lorsqu'il réalisa que la moiteur qu'il sentait à l'arrière de son crâne et dans son dos n'était pas du fait de sa transpiration.
Une plaie supplémentaire, sans doute accompagnée d'une belle commotion cérébrale.

Dans l'état actuel des choses, pas la peine d'espérer s'en sortir à bon compte. Ces mecs étaient visiblement là pour tirer quelque chose de lui avant de le finir. Et sans doute assez salement.

L'homme qui était sans doute le chef du groupe s'avança dans la lumière et Valarios put un peu mieux le détailler. Il était élégamment vêtu, portant un riche costume d'homme notable aux couleurs vives. Il avait une bague pratiquement à chaque doigts et les oreilles percées de deux diamants. Il avait aussi un piercing à l'arcade gauche et un à la lèvre. Les cheveux cirés, plaqués en arrière et la fine moustache lui descendant autour de la bouche vinrent achever le look atypique de l'homme. Pourtant, au travers de toute cette excentricité, Valarios réussi à reconnaitre des traits typiques qui l'avaient tant marqué par le passé et il ne put s'empêcher de laisser s'épanouir un petit sourire narquois sur ses lèvres.

-Nan... pas possible. Y'avait donc deux crevures de Mondorli dans cette putain de galaxie.
-Oui, effectivement. Et vu que, visiblement, tu ne me connaissais pas encore, laisse-moi me présenter. Je suis Massimo Mondorli, le petit frère de l'homme que tu as tué.

Valarios contempla l'intéressé avec un regard dépité, ne cherchant même pas à réfuter la fausse accusation. Il avait miraculeusement réussi à échapper au grand frère, souffert tout ce que peut souffrir un corps humain, s'en était difficilement remis, s'était lancé bille en tête dans une quête désespérée... Tout ça pour en arriver là, entre les griffes du petit frangin revanchard, qui allait prendre un malin plaisir à terminer le travaille inachevé par son aîné. Ce que la vie pouvait être dégueulasse quand même...

-Laisse-moi te dire une chose, l'ami. Mon frère et moi... hé bien, c'est vrai, je l'avoue, on ne s'entendait pas très bien. Bon, on se voyait pour les réunions de famille, les anniversaires, les mariages et ça se passait bien. Enfin, relativement bien. Mais bon... Faut aussi reconnaitre que, quand deux frères sont concurrents dans le bizness, ça en fait deux rivaux naturels. Malgré ça, tu vois, on avait quand même un sens de la famille assez prononcé... En fait non, pas "prononcé", c'est pas le bon mot... "Sacré", plutôt. Oui, c'est ça... "Sacré".
Alors, bien sûr, on se chamaillait, on se disputait, parfois même on se battait lui et moi. Mais au fond, mon frère, je l'aimais. Et personne n'avait le droit d'y toucher. TU n'avais pas le droit de le toucher!


Massimo le pointait nerveusement du doigt, une lueur fiévreuse dans le fond des yeux. Puis il reprit contenance et se redressa.


-Mais tu l'as quand même fait... Tu t'en ais pris à lui. Tu as tué mon frère. Pour ça, tu vas payer. Crois moi, ça sera douloureux et tu...
-PFFFFFFFF!

Valarios venait de l’interrompre en soufflant bruyamment, levant les yeux au ciel, l'air gavé.

-Pitié! Déjà, ton laïus sur la famille, il me les a brisé comme il faut, mais tu vas pas non plus me la jouer mec haineux qui décrit tout ce qu'il va me faire subir pour essayer de me foutre les jetons. C'est bon, ce genre de discours, ta tafiole de frangin me l'a déjà servit avant de caner. Abrège, j'en ai ma claque.

Massimo tremblait de fureur. Soudainement, il lui asséna une droite en pleine mâchoire. Valarios sentit son crâne vibrer sous le coup et le couloir dansa de nouveau autour de lui. Mais il ne sombra pas cette fois non plus et après avoir secoué la tête et craché une dent ( et merde...) il releva son regard vers son excentrique tortionnaire.

-Hé bah ! Ton frère frappait comme une fillette, mais toi... T'es classé hors-compétition chez les mauviettes, nan?

Massimo se massait la main en tremblant toujours autant. Visiblement, il n'avait pas l'habitude de s'emporter de la sorte et avait du mal à recouvrir son sang froid. Il claqua des doigts hargneusement et ses trois hommes de main s'animèrent. L'un deux s'arma d'un poing américain et s'approcha de Valarios, tandis que les deux autres se tenaient juste derrière lui, en attendant leur tour.


-Détruisez-le ! Démontez-le ! Défoncez-le ! Faites lui bouffer ses dents! Je veux pas qu'on puisse dire que c'était un être humain après ça !
Massimo avait la voix tremblante, les yeux injectés de sang et postillonnait. Si Valarios pouvait tirer satisfaction d'une chose, c'était d'avoir réussit à le faire sortir de ses gonds. Mais bon, il semblait que le manque de self-control était une caractéristique familiale, alors pas de quoi se la péter non plus.


Il regarda le monstre au poing américain dans les yeux, lui sourit et lui envoya un bisous suivi d'un clin d'oeil.

-Alors ma grande, on danse ce soir?
-Ramène-la, vas-y... Fais le mariole. Tu vas pas jaser longtemps, j'te l'dis.

Et, avec un sourire mauvais, il lui tamponna sèchement la droite du visage. Le coup fut vif et précis, juste ce qu'il faut pour fracasser l'os zygomatique. Un pro en la matière, ce gars. Valarios venait donc de perdre l'usage de son œil droit. Le douleur, fulgurante, le fit gémir. Il sentit le sang se répandre sur son visage et couler de son orbite... Bordel ! Il sentait du sang couler de son œil !

Il rouvrit alors le gauche, les traits déformés par la douleur et aperçut le colosse armer son prochain coups...

Soudain, les ténèbres.


-Bordel de merde, qu'est-ce que...

Une voix masculine, étouffée, comme sorti d'un petit haut-parleur, monocorde et bizarrement synthétique interrompit le juron prononcé par le colosse.

-Chuuuut... Ce sera... Rapide.

Soudain, deux points lumineux rouge-orangé, brasillant, apparurent dans le noir. Des yeux.
Le deux points lumineux bougèrent rapidement, dans un mouvement presque impossible à suivre pour Valarios.

Chuintement de lames, bruit de perforation, de tranchage, râles d'agonie, jurons et gargouillis étranglés.
Exclamation paniquée...
Craquement d'os effroyable. Chute lourde d'un corps.


-Putain, fait chier!

Mondorli qui tente de s'enfuir, qui se cogne bruyamment contre une paroi qu'il ne distingue pas dans les ténèbres, qui trébuche.

Grondement de la voix étrange, un son à la fois bestiale et mécanique.

-Tu n'iras nul part...

Sifflement d'une lame fendant l'air, cisaillement de la chaire... Cri de douleur.

-Là, là... Reste calme et accepte ton trépas. Ton sort était décidé depuis longtemps et tu ne pourras pas y échapper.

Les yeux lumineux s'immobilisent, apparaissant distinctement et illuminant légèrement les traits déformés par la terreur de Massimo. Ils s'éteignent ensuite, doucement, comme si des paupières s'étaient refermés sur eux. S'ensuit le son d'une lame qui pénètre un corps, le hoquet étranglé de la victime qui sent son cœur transpercé et finalement, après quelques instants de suspens d'un silence fixant la scène invisible qui se joue, le dernier soupir résigné de l'homme qui meurt.

Après cela, les yeux rougeoyant réapparaissent et se braquent sur Valarios. Une peur glaciale, insidieuse, plante ses crocs dans la conscience brumeuse du balafré. Une peur instinctive, animale, irrépressible. Ce n'est pas la peur de mourir, non... Tout le monde meurt un jour et il est chaque jour lui-même étonné de ne pas avoir passé l'arme à gauche plus tôt. Non, c'est au-delà de ça.

Tout le monde meurt un jour... Mais rare sont ceux qui ont la malchance de rencontrer la Mort en personne.

Les yeux s'avancent alors vers lui, ou du moins, la Mort s'avance vers lui. Elle s'arrête à moins d'un mètre, ne décrochant pas son regard infernal de sa carcasse malmenée.


-Ne t'en fais pas, petit... Je ne suis pas là pour te tuer. Je t'ai juste sorti du pétrin... Tu m'es redevable. Encore.

Petit ricanement amusé. Visiblement, la Mort à un humour bien à elle. Pour ça part, Valarios n'eut pas souvenir d'avoir jamais croiser la route d'un être aussi effroyable, ni qu'il ne lui ai jamais apporté son aide. Mais qui était-il pour contrarier les dires de la Mort ?

-Bref. Il te reste quelque chose à accomplir, n'est-ce pas? Tu dois la retrouver. Tu sais de qui je parle...

Et une preuve supplémentaire qu'il était en face de la Mort en personne, elle était omnisciente. Dans la galaxie, une seule autre personne savait qui il cherchait et il doutait fortement que ce fut le Docteur Everett qui se cachait derrière ces yeux lumineux.


-Je vais te donner un petit coup de pouce : ta rouquine libertine, elle t'aidera. Elle connait du monde, beaucoup de monde. Notamment, un certain Callen. Rencontre-le.

Les yeux se baissèrent alors à son niveau, se rapprochant à une dizaine de centimètres. Valarios put distinguer les arabesques typiques des circuits visibles d'une rétine synthétique. Des prothèses oculaires bioniques ! Tout de suite, l'image mystique qu'il se faisait de la mort prit du plomb dans l'aile.

-Pour ta dette, ne te tracasse pas... Continue ta route et tu m'auras remboursé avant même que tu ne t'en rende compte. C'est écrit...

Valarios sentit une main gantée lui caresser tendrement la joue. Un frisson le parcouru.

La Mort se redressa finalement et lui porta un dernier regard.


-Je t'observe, Valaris Korvos... Ne l'oublie pas. Jamais.

Les yeux infernaux pivotèrent, disparurent dans les ténèbres et des bruits de pas presque inaudibles l'informèrent que l'être étrange s'éloignait. Quelques secondes plus tard, les lumières se rallumèrent en crépitant.

La scène macabre apparut alors. Un tableau à dominante rouge sang.
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