Bienvenue, Invité
Nom d'utilisateur : Mot de passe : Se souvenir de moi

SUJET : [Genjar Ilat] Swiss Knife

[Genjar Ilat] Swiss Knife il y a 7 mois 19 heures #179008

  • Genjar Ilat
  • Portrait de Genjar Ilat
  • Hors Ligne
  • Novice
  • Messages : 78
  • Remerciements reçus 64
l'épopée de la polyvalence

(Il s'agit avant-tout d'une grande introduction, le récit de mon apprentissage en jeu romancé à la légère. Je compte faire le lien avec la Confrérie).
[!] Il est possible qu'il y ai quelques passages "vulgaires" si le style est intolérable je modifierais les passages gênants.


Je suis né du côté de Eranin en 3276 dans une station du petit nom de Azeban city. C'est clair que tu peux te vanter d'être un hors-sol mais ça te condamne à accepter tous les jobs, rien que parce-que toi, tu as l'habitude. J'ai toujours entendu dire que les moutards de l'espace étaient victimes de tout un tas de maladies parce-qu'ils n'avaient pas la bonne défense immunitaire. Franchement j'en ai respiré des saloperies, et j'ai pas encore rendu l'âme. Et puis on a beau être dans un futur technologique, j'en ai pris des doses de radiations dans la gueule moi. Faut pas croire tout ce qu'on te vend.
C'est un peu l'introduction et en même temps l'essentiel.

Mon père, Juan Amalgos est un gars taillé dans du mazout, le genre visqueux qui colle à tous les plans les plus ingrats. Je suis pas vraiment désiré, comme une famille peut espérer avoir une descendance qui pourra honorer sa mémoire. Non j'étais là pour bosser, c'est tout. Il ne faut pas croire que j'étais mal-aimé, mais c'était plus mon "pote" que ma figure paternelle. Jusqu'à 15 piges j'ai bossé sur des vaisseaux en bidouillant tout un tas de pièces tailles "enfant", puis j'ai appris les bases du pilotage en effectuant une cohorte de missions de transit entre Azeban, ses fermes intensives et Azeban city. Si la plupart des compagnies se payaient de l'équipement logistique "taillé pour le job" moi je tapais la galère à bord d'un vieux coucou, un lakon. J'ai finis par rejoindre une de ces compagnies en échange de 15% de mon salaire, histoire que Juan me lâche, mon père oui.

J'ai 18 piges et ma première mission hors système commence. Pour la plupart des pilotes que j'ai croisé, ça devient une seconde nature après quelques sauts. Moi on me file les clés d'un type 6 enregistré au nom de la société pour laquelle je bosse. Le bestiaux est chargé jusqu'à l'implosion de pesticides pour aider la station Chango dock dans le système I bootis et on me demande pas de comprendre. Franchement ça me va, c'est un extra je vais être bien payé et si ça se passe bien on me proposera du fret longue distance.

J'ai eu la plus grande des petites appréhensions quand j'ai configuré et lancé le frame shift drive, non qu'un bruit étrange m'est mis la puce à l'oreille question angoisse, mais disons que l'immensité de l'univers couplé à l'inconnu est un savant mélange pour effrayer un débutant. Ma première fois ? C'était intense et en même temps j'en ai pas un grand souvenir. Toutefois j'ai manqué de chier dans mon froc une fois débarqué à toute allure prés de la balise de navigation de I bootis. Malgré toutes les infos réglementaires pour effectuer ma mission correctement j'ai dû bidouiller mes instruments pour trouver Chango dock et je crois sincèrement qu'on m'a suivi. Je vais pas détailler la procédure une fois arrivé sur place, la méthode est bien connue. Pour faire court, je me suis posé sans soucis et j'ai commencé à préparer la soute, bref tout le bordel réglementaire que je connaissais bien. Heureusement pour ma pomme l'univers à l'échelle humaine est "ultra" standardisé, même la station me semblait familière. Ce qui l'était moins par-contre c'était la fédération.

Sur ce coup-là, plus que mon premier saut entre deux systèmes je m'en rappellerais toute ma vie.

Je me suis laissé entendre dire que je n'avais pas de permis officiel de transit inter-systèmes. Bref je suis au pas les bidasses et j'apprends en prime que la cargaison est confisquée. Je finis dans un bureau austère face à des types vinaigres à cause de ma "conduite". Je prends non trois mais une dizaine de gifles dans la gueule et on me traite de saloperie de fraudeur. Apparemment je vole aussi le boulot d'honnêtes citoyen qualifiés. Bref la morale de l'histoire c'est que mon géniteur n'a jamais pensé à clarifier ma situation auprès de la fédération, même la société pourtant "sérieuse" pour laquelle je bossais n'a pas pris la peine de me faire passer une quelconque habilitation de pilotage.

Mais finalement c'est la suite qui devient intéressante, elle conditionne un peu toute ma vie.

Je finis par apprendre au bout de 48 heures de garde à vue que je vais devoir rejoindre un centre de formation – de redressement ? - de la Fédération. En tant que jeune pilote "volontaire" – depuis quand ? - je dois subir une formation pour obtenir mon accréditation de pilote. Les jours qui ont suivis je me suis fait bazardé dans un système inconnu, dans une station inconnue et on m'a foutu finalement dans un vaisseau méconnu. J'ai passé deux ans à maudire mon père tout en apprenant à bien fermer ma gueule et à voler en formation à bord d'un eagle (un vieux modèle d'ailleurs, le mark I). Même si ce fut contre ma volonté, violent et parfois à la limite du mortel j'ai vécu mon baptême du feu et ça c'était, déterminant. Lors d'une patrouille pour l'entraînement à la coordination de la flotte on reçoit un appel de détresse d'un transporteur de fret, le bougre se fait harceler par un pillard avide de fric facile et qui s'est qu'on envoi ? Les bleus.

La boule au ventre et le réacteur en branle on arrive sur place et à cause du stress on décroche de la formation pour foncer sur ce qu'on interprète comme le pillard. En fait il s'agit d'un règlement de compte entre deux tauliers du coin. On se fait copieusement insulter par transmission en canal publique et on commence à se marrer, ça détend. Sauf qu'un collègue rencontré sur le tas, Floyd, fini par rentrer sans faire exprès dans le vaisseau du prétendu pillard (d'ailleurs ce type a la cote concernant l'éperonnage involontaire). D'un coup ce qui ressemblait à une baston de comptoir se transforme en révolution contre la fédération et les deux gars du crue se mettent à accrocher Floyd, tous les autres se font la malle pendant que je rentre dans le vif du sujet en assistant mon compagnon. Bilan du baptême: Floyd s'éjecte après avoir définitivement éperonné un des vaisseaux et moi je dérive après avoir flingué les moteurs du pillard. Le générateur a lâché et j'essaye de le redémarrer, résultat on flotte tous comme des cons au milieu de nulle part, en s'insultant copieusement.

Après tout un tas de contraintes administratives et de rapports à n'en plus finir, on est enfin accrédités. On a le choix, rester et devenir pilote dans la flotte fédérale ou on peut se tirer, étonnant. La logique m'a susurré "reste" tandis que ma connerie ma gueulé "casse-toi". Bref je suis retourné à Eranin à bord d'un transporteur de fret écrasé entre quelques tonnes de produits suspects.

Juan semblait étonné de me revoir, mais aussi soulagé. Cette tête de pine en a profité pour me servir un zeste de liqueur frelaté tout en me demandant où j'avais planqué le magot. Une formule pour savoir si je reviens avec trois ronds de cuivres où le jackpot. Il semblai mitigé, un duel entre l'interloqué et le blasé. En guise de fin de discussion j'ai eu le droit à une tape dans le dos et à un poste dans sa compagnie, le Crimson Network. Il s'est passé deux ans pendant lesquels j'ai appris à jongler avec la législation fédérale en transportant illégalement des spiritueux. C'était une expérience émancipatrice et j'en ai appris des trucs, dangereux mais utiles. Notamment sur les consignes de vol en station et à quel point tout le monde s'en fout de ta vitesse tant que tu tape pas d'autres vaisseaux. Bref même les autorités semble motivés à l'idée de passer un peu de spiritueux en fraude. Pas vu, pas pris. Toutefois si j'apprend de mes erreurs, mon géniteur lui n'a jamais compris qu'il n'avait pas les épaules pour être gourmand. Son plus gros coup et accessoirement ce qui nous a fait quitter définitivement Eranin s'est passé à peu prés comme mon baptême du feu, mais en plus violent et réaliste. Pour le coup j'étais en escorte avec un eagle (cette fois-ci un mark II) et Juan était à bord d'un lakon, un modèle pimpant. On s'est fait scanné bien avant d'arriver à la station par des types qui jouaient pas au même niveau que nous. Le plan était simple, Juan se casse et moi je passe à la caisse.

Plus tard il me dira que ce n'était pas son souhait... oublie mec, je m'en fous.

J'ai pas tenu la route face à un fer-de-lance que je n'avais vu auparavant qu'en peinture. Les types d'en face fussent-ils cléments m'ont balancé à la Fédération en échange d'une prime ridicule. Je n'avais plus de vaisseau, plus de géniteur et j'ai encore une fois bouffé une cohorte de gifles, en supplément j'ai dégusté une soupe de phalanges.

J'ai 22 piges et je m'apprête à passer une année en centre de détention. Avec ma chance, aussi nébuleuse que mon géniteur je finis dans une colonie pénitentiaire de haute-sécurité. De ce fait, à part quelques bagarres bien senties et du travail d’intérêt fédéral je n'ai rien fait de palpitant pendant mon séjour en cabane.

J'ai 23 piges et je me retrouve enfermé dans un bureau "témoin" qui semble utilisé une fois l'an. Un type tout droit sorti d'un autre espace-temps me tend sèchement des documents (genre imprimés à l'ancienne) et m'explique brièvement que je suis désormais inscrit dans le registre des commandants de la fédération des pilotes. Un cadeau m'attend, un Sidewinder et un virement d'un millier de crédits. Malgré l'insistance de mes questions la réponse est sobre: faites de votre mieux commandant.


Je suis devenu quelqu'un d'important, on me vouvoie.


Première partie - la suite arrive.
(Si jamais des libertés sur le fluff ou certains passages vous dérange, n'hésitez pas à me le dire).
Dernière édition: il y a 7 mois 19 heures par Genjar Ilat.
L'administrateur a désactivé l'accès en écriture pour le public.
Cet utilisateur a été remercié pour son message par: brictus, Ddinistrioll, Ariah, Jurema, Lévanah, DeimosReaper, Nemecta, Azarzel

[Genjar Ilat] Swiss Knife il y a 5 mois 2 semaines #186989

  • Genjar Ilat
  • Portrait de Genjar Ilat
  • Hors Ligne
  • Novice
  • Messages : 78
  • Remerciements reçus 64
3299 - 3300


Malheureusement pour moi j'étais au milieu de nulle part dans un système inconnu. Je traînais dans une station copie conforme de celles que j'avais déjà rencontrés dans ma vie et soudain l'univers m'apparaissait comme un mélange décevant entre uniformisation et immensité. Un savant cocktail qui m'a fait marronner quelque-temps dans un rade vétuste et rempli de pilotes comme-moi, l'air absents. Je n'avais pourtant pas des tonnes d'économies en soute mais qu'importe je buvais mon sous avec beaucoup de volonté et peu d'espoir.

Un soir ou un jour je ne sais plus un gaillard entreprenant a fini par m'accoster pour me poser tout un tas de questions indiscrètes, je l'avais envoyé voir ailleurs si j'y étais mais il a insisté en me proposant finalement un boulot. Je devais selon-lui me rendre dans quelques systèmes lointains pour y scanner deux trois astres et récolter des données. Ces systèmes n'étaient pas si loin mais pour ses commanditaires ils étaient importants. J'avais déjà entendu discuter deux explorateurs dans ma prime jeunesse et je savais pertinemment que ce genre d'opération se préparait avec plus de mille crédits en poche. De fait je ne sais pas si c'est la claque dans le dos ou le côté suicidaire mais j'ai accepté le job sans même savoir pour qui j'allais bosser, de toute façon je m'en foutais pas mal. J'ai eu une avance pour couvrir les frais de l'équipement et on m'a proposé de faire attention à la panne au milieu de nulle part. De plus mon nouvel employeur avait lourdement insisté sur l'endroit où je devais faire mon rapport et ramener les données à la station Rominger Dock dans le 78 Ursae Majoris pour le compte de Alioth Independents.


Avec tant d'inconnues ça risque d'être difficile à résoudre, mais si je veux sortir de ma torpeur il faut bien tenter le diable


Toutefois est-il nécessaire d'insister sur tous les détails de mes dérives en tant que collecteur de données ? A part radoter sur quelques rencontres évocatrices cette période de ma vie de pilote n'était qu'un tremplin pour passer à une étape bien plus déterminante: l'obtention d'un authentique Cobra le fleuron des pilotes qui entrent dans la cours des grands, l'appareillage des gens sérieux en somme. Mensonges ou balivernes si ce n'est exagération, peu-importe, ce vaisseau est un bond en avant pour un jeune pilote. C'est avec lui que j'ai rencontré mes premiers véritables employeurs aux abords du système Alioth. Certes j'étais loin de ce que je considérais comme mon "chez-moi" mais je commençais à y prendre goût comme-ci définitivement ma place était parmi les étoiles.


J'ai bientôt 24 ans et j'ai découvert l'Alliance, en vrai cette fois


Non content de me faire une place dans un système tout neuf avec de nouveaux camarades, j'explorais les divers contrats dont étaient affublés les pilotes en freelance. Du haut de mes 24 années bien tassées j'avais gagné la confiance des représentants des relations publiques du groupe Alioth independents, toutefois je ne pouvais accéder au système éponyme qui restait pour moi un mystère complet et c'est la première fois que j'entendais parler d'un permis pour accéder à un système, ce qui avait de quoi me troubler. Je traînais donc du côté de 78 Ursae Majoris en 3300 et je m’apprêtais sans le savoir à m'enliser jusqu'au cou dans un accrochage avec la Federation, de quoi renforcer mon aversion pour la répugnante "Federal Way of Life".

Si mes souvenirs sont bons c'est en collant mon poing dans la figure d'un certain Roben Ringo lors d'une bagarre bien sentie que j'ai finis par rejoindre un groupe de francs-tireurs opérant clandestinement pour l'Alliance. Ni plus ni moins une entrée en matière en bonne et due forme. Ces pilotes confirmés cherchaient toujours des recrues idéalistes pour contrer une étonnante percée de la Fédération en plein cœur des mondes libres et unis de l'Alliance. Il était question d'habiles et vils jeux de pouvoirs et de quelques contrefaçons malhonnêtes (mais est-ce utile d'insister autant ?). Je ne me posais pas de questions à ce sujet préférant aiguiser mes armes pour enfin combattre ceux qui m'avaient envoyés si loin de chez moi, de mon cadre, de ma routine. Ma première opération se déroula lors de l'arrestation de l'ambassadrice Eliza Fernandez dépêchée pour négocier avec la Fédération, on avait pas trop apprécier le tour de force cavalier des Fédéraux et on s'était étonnamment bien organisé, pour leur décharge ils ne s'y attendaient pas. C'est un convoi de ravitaillement qui a fait les frais d'une attaque éclair autant spontanée que précise. Pris dans le feu de l'action j'ai participer à de nombreux échanges de tirs en veillant à tenir la formation, pour la plupart on avait appris le pilotage grâce à la Fédération et on lui rendait bien, notamment au niveau des gencives. Je ne mentirais pas en disant que pour une opération réussie, on en perdait dix autres mais on tenait grâce aux nerfs et petit à petit on a fini par renverser la balance en attirant toujours plus de pilotes loyaux envers l'idéal promulgué par l'Alliance indépendante des systèmes. Grâce au soutient logistique du conseil de l'Amirauté on gagnait de quoi renforcer notre équipement, nos convictions et on se payait le luxe de noyer nos soucis dans des liqueurs moins frelatés qu'à l'accoutumé.

Plus on progressait dans ce conflit qui semblait durer une éternité alors qu'il s'est déroulé en quelques mois, plus je ressentais mes sens s'aiguiser, assez pour anticiper et éviter le moindre projectile trop gourmand pour l'intégrité de mon Cobra. Ainsi je me rappelle très bien du jour où mon cockpit s'est fissuré alors que j'évitais le bal des sphères incandescentes violacés et des faisceaux électrisant ma coque, tandis qu'un camarade un certain "Jacko" avait l'habitude d'encaisser tous les coups que j'avais évité. Ce gars là dépensait tous ses crédits en peintures sophistiqués pour son Eagle et à chaque fois il devait repasser à la caisse non seulement pour réparer sa coque mais surtout pour faire repeindre son ex-magnifique bécane.

En peu de temps le conflit a fini par se tasser et on s'est peu à peu éparpillé, moi mon permis pour Alioth en poche avec quelques désirs de changer de carlingue. J'ai encore aujourd'hui très peu de nouvelles de mes ex-camarades mais je garde de très bons souvenirs.


Malheureusement, les idéaux sont tous soumis au revers de la médaille et j'ai vite goûté à l'amertume de la réalité. C'est ça de grandir
Dernière édition: il y a 5 mois 2 semaines par Genjar Ilat.
L'administrateur a désactivé l'accès en écriture pour le public.
Cet utilisateur a été remercié pour son message par: Jurema, DeimosReaper, Nemecta, Azarzel

[Genjar Ilat] Swiss Knife il y a 5 mois 4 jours #190202

  • Genjar Ilat
  • Portrait de Genjar Ilat
  • Hors Ligne
  • Novice
  • Messages : 78
  • Remerciements reçus 64
3300 (2)


Peu de temps après une pause bien méritée et quelques bonnes affaires j'étais toujours le fier commandant d'un Cobra et de surcroît un pilote de l'Alliance. Romancer sa vie est une chose, j'imagine positive, mais ça n'a pas toujours grand intérêt. Pour être honnête j'étais devenu un patrouilleur qui venait de s'enfermer dans une routine entêtante. Adieu l'aventure, l'adversité et bonjour la monotonie d'un monde systémique où toutes les procédures se ressemblent autant que les réactions de mes congénères.

A bord d'un vaisseau plus rapide prêté par mes supérieurs, je passais mon temps à voguer dans les systèmes périphériques à Alioth en veillant à surveiller les grands axes de communication. Là où les pilotes voyaient grâce à leur interface augmenté des jeux de courbes intrusifs, je voyais là un réseau de rails qui formait une toile dans laquelle on pouvait s'engluer dans une cohorte de problèmes. Plus que de protéger et servir je devais intercepter aléatoirement des transporteurs pour scanner leur soute et leur rappeler les bonnes règles de Alioth et sa périphérie, autant dire que j'étais accoutumé à l'insulte et au chant des complaintes réactionnaires. Par moment ma vie prenait un air stimulant quand je devais patrouiller une zone d'extraction et intercepter des pirates amateurs. C'était mon train de vie et il avait pour vertus d'être "légale".

Mais tout a fini par déraper comme ce jour où j'ai intercepté un pilote de la Fédération qui avait pendant une semaine attaqué des convoyeurs de fret alimentaire. Cet enfoiré de première nous insultait et en plus il jouait la carte de la guérilla. Le Qg était persuadé qu'une opération se tramait et on était mobilisé pour pêcher ce loustique, la tension était palpable et les chasseurs de prime furent longuement agacés par nos interceptions systématiques. Un beau jour l'un d'eux nous a offert des coordonnées d'une balise de détresse et le Qg nous a donné le feu vert pour y mener une enquête ou au mieux, aider le vaisseau émetteur. Le destin nous avait mis sur le chemin du resquilleur Fédérale qui était en train de dépouiller un convoyeur, assez arrogant pour ne pas se soucier du signal émit par le vaisseau pris pour cible. Je n'ai pas cherché à comprendre et j'ai accroché l'agresseur qui était à bord d'un bâtiment agile taillé pour le combat, j'entendais en même temps le Qg me hurler subitement d'abandonner l'attaque mais j'étais trop concentré sur le duel. Mes collègues portaient assistance au pilote et ne semblaient pas se soucier de l'affrontement. Raisonnant comme une mélodie entêtante, je faisais fis des hurlement du communicateur vocale me concentrant sur mes manœuvres et les échanges de tirs et même si je comprenais ce qu'on me disait je n'étais pas prêt de laisser l'agresseur s'en tirer. Après un bref mais intense accrochage le pilote Fédérale a réussi à me faire faux bond en effectuant un saut d'urgence à destination d'un autre système, avec une maîtrise peu commune. J'avais de la chance, il n'était pas là pour m'affronter. On a sécurisé la zone et un navire est arrivé pour prêter main forte au pilote en détresse, on devait faire notre rapport et je ne pensais qu'à l'échec de l'interception sans me soucier de ce que le Qg avait à me dire.

C'est pas seulement une désillusion mais plutôt une cruelle leçon


Je n'avais pas respecté le cessez le feu avec la Fédération et j'avais même déclenché un incident diplomatique. D’après le Qg ce n'était pas à moi de régler ce problème et j'étais de surcroît un pilote inconscient, au pire incompétent. Pendant de longues minutes transformés en de longues heures je suis passé du statut de pilote émérite à celui de racaille, de cow-boy sans foi ni loi qui ne jure que par ses hardpoints et sa capacité à tirer sur tout ce qui bouge. Mes collègues eux mêmes m'ont déçut en appuyant la hiérarchie et d'un coup j'étais devenu une cible à abattre. On m'a gentillement dégagé avec en prime un ticket pour partir au plus vite sous peine de finir incarcérer pour tout un tas de motifs tous plus énormes les uns que les autres.


J'ai contacté mon ancien collègue Floyd



Cet enfoiré bossait pour l'Empire et il semblait content de m'entendre. On a pas discuté très longtemps avant qu'il me vante les mérites d'être un privé au service d'une super-puissance autant lointaine que nébuleuse. J'ai pas réfléchis longtemps avant de tracer la route vers le système Kamadhenu, la vache c'est un sacré voyage qui m'attendait.


J'ai toujours 24 ans et j'ai pris le revers de la médaille en pleine gueule
Dernière édition: il y a 5 mois 4 jours par Genjar Ilat.
L'administrateur a désactivé l'accès en écriture pour le public.
Cet utilisateur a été remercié pour son message par: Jurema, DeimosReaper, Zoran, Azarzel
Modérateurs: DeimosReaper, Moderateur 1, Moderateur 2, Moderateur 3, Moderateur 4, Jurema
Temps de génération de la page : 0.084 secondes