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SUJET : [Genjar Ilat] Swiss Knife

[Genjar Ilat] Swiss Knife il y a 9 mois 3 semaines #179008

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l'épopée de la polyvalence

(Il s'agit avant-tout d'une grande introduction, le récit de mon apprentissage en jeu romancé à la légère. Je compte faire le lien avec la Confrérie).
[!] Il est possible qu'il y ai quelques passages "vulgaires" si le style est intolérable je modifierais les passages gênants.


Je suis né du côté de Eranin en 3276 dans une station du petit nom de Azeban city. C'est clair que tu peux te vanter d'être un hors-sol mais ça te condamne à accepter tous les jobs, rien que parce-que toi, tu as l'habitude. J'ai toujours entendu dire que les moutards de l'espace étaient victimes de tout un tas de maladies parce-qu'ils n'avaient pas la bonne défense immunitaire. Franchement j'en ai respiré des saloperies, et j'ai pas encore rendu l'âme. Et puis on a beau être dans un futur technologique, j'en ai pris des doses de radiations dans la gueule moi. Faut pas croire tout ce qu'on te vend.


C'est un peu l'introduction et en même temps l'essentiel.


Mon père, Juan Amalgos est un gars taillé dans du mazout, le genre visqueux qui colle à tous les plans les plus ingrats. Je suis pas vraiment désiré, comme une famille peut espérer avoir une descendance qui pourra honorer sa mémoire. Non j'étais là pour bosser, c'est tout. Il ne faut pas croire que j'étais mal-aimé, mais c'était plus mon "pote" que ma figure paternelle. Jusqu'à 15 piges j'ai bossé sur des vaisseaux en bidouillant tout un tas de pièces tailles "enfant", puis j'ai appris les bases du pilotage en effectuant une cohorte de missions de transit entre Azeban, ses fermes intensives et Azeban city. Si la plupart des compagnies se payaient de l'équipement logistique "taillé pour le job" moi je tapais la galère à bord d'un vieux coucou, un lakon. J'ai finis par rejoindre une de ces compagnies en échange de 15% de mon salaire, histoire que Juan me lâche, mon père oui.

J'ai 18 piges et ma première mission hors système commence. Pour la plupart des pilotes que j'ai croisé, ça devient une seconde nature après quelques sauts. Moi on me file les clés d'un type 6 enregistré au nom de la société pour laquelle je bosse. Le bestiaux est chargé jusqu'à l'implosion de pesticides pour aider la station Chango dock dans le système I bootis et on me demande pas de comprendre. Franchement ça me va, c'est un extra je vais être bien payé et si ça se passe bien on me proposera du fret longue distance.

J'ai eu la plus grande des petites appréhensions quand j'ai configuré et lancé le frame shift drive, non qu'un bruit étrange m'est mis la puce à l'oreille question angoisse, mais disons que l'immensité de l'univers couplé à l'inconnu est un savant mélange pour effrayer un débutant. Ma première fois ? C'était intense et en même temps j'en ai pas un grand souvenir. Toutefois j'ai manqué de chier dans mon froc une fois débarqué à toute allure prés de la balise de navigation de I bootis. Malgré toutes les infos réglementaires pour effectuer ma mission correctement j'ai dû bidouiller mes instruments pour trouver Chango dock et je crois sincèrement qu'on m'a suivi. Je vais pas détailler la procédure une fois arrivé sur place, la méthode est bien connue. Pour faire court, je me suis posé sans soucis et j'ai commencé à préparer la soute, bref tout le bordel réglementaire que je connaissais bien. Heureusement pour ma pomme l'univers à l'échelle humaine est "ultra" standardisé, même la station me semblait familière. Ce qui l'était moins par-contre c'était la fédération.

Sur ce coup-là, plus que mon premier saut entre deux systèmes je m'en rappellerais toute ma vie.

Je me suis laissé entendre dire que je n'avais pas de permis officiel de transit inter-systèmes. Bref je suis au pas les bidasses et j'apprends en prime que la cargaison est confisquée. Je finis dans un bureau austère face à des types vinaigres à cause de ma "conduite". Je prends non trois mais une dizaine de gifles dans la gueule et on me traite de saloperie de fraudeur. Apparemment je vole aussi le boulot d'honnêtes citoyen qualifiés. Bref la morale de l'histoire c'est que mon géniteur n'a jamais pensé à clarifier ma situation auprès de la fédération, même la société pourtant "sérieuse" pour laquelle je bossais n'a pas pris la peine de me faire passer une quelconque habilitation de pilotage.

Mais finalement c'est la suite qui devient intéressante, elle conditionne un peu toute ma vie.

Je finis par apprendre au bout de 48 heures de garde à vue que je vais devoir rejoindre un centre de formation – de redressement ? - de la Fédération. En tant que jeune pilote "volontaire" – depuis quand ? - je dois subir une formation pour obtenir mon accréditation de pilote. Les jours qui ont suivis je me suis fait bazardé dans un système inconnu, dans une station inconnue et on m'a foutu finalement dans un vaisseau méconnu. J'ai passé deux ans à maudire mon père tout en apprenant à bien fermer ma gueule et à voler en formation à bord d'un eagle (un vieux modèle d'ailleurs, le mark I). Même si ce fut contre ma volonté, violent et parfois à la limite du mortel j'ai vécu mon baptême du feu et ça c'était, déterminant. Lors d'une patrouille pour l'entraînement à la coordination de la flotte on reçoit un appel de détresse d'un transporteur de fret, le bougre se fait harceler par un pillard avide de fric facile et qui s'est qu'on envoi ? Les bleus.

La boule au ventre et le réacteur en branle on arrive sur place et à cause du stress on décroche de la formation pour foncer sur ce qu'on interprète comme le pillard. En fait il s'agit d'un règlement de compte entre deux tauliers du coin. On se fait copieusement insulter par transmission en canal publique et on commence à se marrer, ça détend. Sauf qu'un collègue rencontré sur le tas, Floyd, fini par rentrer sans faire exprès dans le vaisseau du prétendu pillard (d'ailleurs ce type a la cote concernant l'éperonnage involontaire). D'un coup ce qui ressemblait à une baston de comptoir se transforme en révolution contre la fédération et les deux gars du crue se mettent à accrocher Floyd, tous les autres se font la malle pendant que je rentre dans le vif du sujet en assistant mon compagnon. Bilan du baptême: Floyd s'éjecte après avoir définitivement éperonné un des vaisseaux et moi je dérive après avoir flingué les moteurs du pillard. Le générateur a lâché et j'essaye de le redémarrer, résultat on flotte tous comme des cons au milieu de nulle part, en s'insultant copieusement.

Après tout un tas de contraintes administratives et de rapports à n'en plus finir, on est enfin accrédités. On a le choix, rester et devenir pilote dans la flotte fédérale ou on peut se tirer, étonnant. La logique m'a susurré "reste" tandis que ma connerie ma gueulé "casse-toi". Bref je suis retourné à Eranin à bord d'un transporteur de fret écrasé entre quelques tonnes de produits suspects.

Juan semblait étonné de me revoir, mais aussi soulagé. Cette tête de pine en a profité pour me servir un zeste de liqueur frelaté tout en me demandant où j'avais planqué le magot. Une formule pour savoir si je reviens avec trois ronds de cuivres où le jackpot. Il semblai mitigé, un duel entre l'interloqué et le blasé. En guise de fin de discussion j'ai eu le droit à une tape dans le dos et à un poste dans sa compagnie, le Crimson Network. Il s'est passé deux ans pendant lesquels j'ai appris à jongler avec la législation fédérale en transportant illégalement des spiritueux. C'était une expérience émancipatrice et j'en ai appris des trucs, dangereux mais utiles. Notamment sur les consignes de vol en station et à quel point tout le monde s'en fout de ta vitesse tant que tu tape pas d'autres vaisseaux. Bref même les autorités semble motivés à l'idée de passer un peu de spiritueux en fraude. Pas vu, pas pris. Toutefois si j'apprend de mes erreurs, mon géniteur lui n'a jamais compris qu'il n'avait pas les épaules pour être gourmand. Son plus gros coup et accessoirement ce qui nous a fait quitter définitivement Eranin s'est passé à peu prés comme mon baptême du feu, mais en plus violent et réaliste. Pour le coup j'étais en escorte avec un eagle (cette fois-ci un mark II) et Juan était à bord d'un lakon, un modèle pimpant. On s'est fait scanné bien avant d'arriver à la station par des types qui jouaient pas au même niveau que nous. Le plan était simple, Juan se casse et moi je passe à la caisse.

Plus tard il me dira que ce n'était pas son souhait... oublie mec, je m'en fous.

J'ai pas tenu la route face à un fer-de-lance que je n'avais vu auparavant qu'en peinture. Les types d'en face fussent-ils cléments m'ont balancé à la Fédération en échange d'une prime ridicule. Je n'avais plus de vaisseau, plus de géniteur et j'ai encore une fois bouffé une cohorte de gifles, en supplément j'ai dégusté une soupe de phalanges.

J'ai 22 piges et je m'apprête à passer une année en centre de détention. Avec ma chance, aussi nébuleuse que mon géniteur je finis dans une colonie pénitentiaire de haute-sécurité. De ce fait, à part quelques bagarres bien senties et du travail d’intérêt fédéral je n'ai rien fait de palpitant pendant mon séjour en cabane.

J'ai 23 piges et je me retrouve enfermé dans un bureau "témoin" qui semble utilisé une fois l'an. Un type tout droit sorti d'un autre espace-temps me tend sèchement des documents (genre imprimés à l'ancienne) et m'explique brièvement que je suis désormais inscrit dans le registre des commandants de la fédération des pilotes. Un cadeau m'attend, un Sidewinder et un virement d'un millier de crédits. Malgré l'insistance de mes questions la réponse est sobre: faites de votre mieux commandant.


Je suis devenu quelqu'un d'important, on me vouvoie.


Première partie - la suite arrive.
(Si jamais des libertés sur le fluff ou certains passages vous dérange, n'hésitez pas à me le dire).
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[Genjar Ilat] Swiss Knife il y a 8 mois 2 semaines #186989

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Malheureusement pour moi j'étais au milieu de nulle part dans un système inconnu. Je traînais dans une station copie conforme de celles que j'avais déjà rencontrés dans ma vie et soudain l'univers m'apparaissait comme un mélange décevant entre uniformisation et immensité. Un savant cocktail qui m'a fait marronner quelque-temps dans un rade vétuste et rempli de pilotes comme-moi, l'air absents. Je n'avais pourtant pas des tonnes d'économies en soute mais qu'importe je buvais mon sous avec beaucoup de volonté et peu d'espoir.

Un soir ou un jour je ne sais plus un gaillard entreprenant a fini par m'accoster pour me poser tout un tas de questions indiscrètes, je l'avais envoyé voir ailleurs si j'y étais mais il a insisté en me proposant finalement un boulot. Je devais selon-lui me rendre dans quelques systèmes lointains pour y scanner deux trois astres et récolter des données. Ces systèmes n'étaient pas si loin mais pour ses commanditaires ils étaient importants. J'avais déjà entendu discuter deux explorateurs dans ma prime jeunesse et je savais pertinemment que ce genre d'opération se préparait avec plus de mille crédits en poche. De fait je ne sais pas si c'est la claque dans le dos ou le côté suicidaire mais j'ai accepté le job sans même savoir pour qui j'allais bosser, de toute façon je m'en foutais pas mal. J'ai eu une avance pour couvrir les frais de l'équipement et on m'a proposé de faire attention à la panne au milieu de nulle part. De plus mon nouvel employeur avait lourdement insisté sur l'endroit où je devais faire mon rapport et ramener les données à la station Rominger Dock dans le 78 Ursae Majoris pour le compte de Alioth Independents.


Avec tant d'inconnues ça risque d'être difficile à résoudre, mais si je veux sortir de ma torpeur il faut bien tenter le diable


Toutefois est-il nécessaire d'insister sur tous les détails de mes dérives en tant que collecteur de données ? A part radoter sur quelques rencontres évocatrices cette période de ma vie de pilote n'était qu'un tremplin pour passer à une étape bien plus déterminante: l'obtention d'un authentique Cobra le fleuron des pilotes qui entrent dans la cours des grands, l'appareillage des gens sérieux en somme. Mensonges ou balivernes si ce n'est exagération, peu-importe, ce vaisseau est un bond en avant pour un jeune pilote. C'est avec lui que j'ai rencontré mes premiers véritables employeurs aux abords du système Alioth. Certes j'étais loin de ce que je considérais comme mon "chez-moi" mais je commençais à y prendre goût comme-ci définitivement ma place était parmi les étoiles.


J'ai bientôt 24 ans et j'ai découvert l'Alliance, en vrai cette fois


Non content de me faire une place dans un système tout neuf avec de nouveaux camarades, j'explorais les divers contrats dont étaient affublés les pilotes en freelance. Du haut de mes 24 années bien tassées j'avais gagné la confiance des représentants des relations publiques du groupe Alioth independents, toutefois je ne pouvais accéder au système éponyme qui restait pour moi un mystère complet et c'est la première fois que j'entendais parler d'un permis pour accéder à un système, ce qui avait de quoi me troubler. Je traînais donc du côté de 78 Ursae Majoris en 3300 et je m’apprêtais sans le savoir à m'enliser jusqu'au cou dans un accrochage avec la Federation, de quoi renforcer mon aversion pour la répugnante "Federal Way of Life".

Si mes souvenirs sont bons c'est en collant mon poing dans la figure d'un certain Roben Ringo lors d'une bagarre bien sentie que j'ai finis par rejoindre un groupe de francs-tireurs opérant clandestinement pour l'Alliance. Ni plus ni moins une entrée en matière en bonne et due forme. Ces pilotes confirmés cherchaient toujours des recrues idéalistes pour contrer une étonnante percée de la Fédération en plein cœur des mondes libres et unis de l'Alliance. Il était question d'habiles et vils jeux de pouvoirs et de quelques contrefaçons malhonnêtes (mais est-ce utile d'insister autant ?). Je ne me posais pas de questions à ce sujet préférant aiguiser mes armes pour enfin combattre ceux qui m'avaient envoyés si loin de chez moi, de mon cadre, de ma routine. Ma première opération se déroula lors de l'arrestation de l'ambassadrice Eliza Fernandez dépêchée pour négocier avec la Fédération, on avait pas trop apprécier le tour de force cavalier des Fédéraux et on s'était étonnamment bien organisé, pour leur décharge ils ne s'y attendaient pas. C'est un convoi de ravitaillement qui a fait les frais d'une attaque éclair autant spontanée que précise. Pris dans le feu de l'action j'ai participer à de nombreux échanges de tirs en veillant à tenir la formation, pour la plupart on avait appris le pilotage grâce à la Fédération et on lui rendait bien, notamment au niveau des gencives. Je ne mentirais pas en disant que pour une opération réussie, on en perdait dix autres mais on tenait grâce aux nerfs et petit à petit on a fini par renverser la balance en attirant toujours plus de pilotes loyaux envers l'idéal promulgué par l'Alliance indépendante des systèmes. Grâce au soutient logistique du conseil de l'Amirauté on gagnait de quoi renforcer notre équipement, nos convictions et on se payait le luxe de noyer nos soucis dans des liqueurs moins frelatés qu'à l'accoutumé.

Plus on progressait dans ce conflit qui semblait durer une éternité alors qu'il s'est déroulé en quelques mois, plus je ressentais mes sens s'aiguiser, assez pour anticiper et éviter le moindre projectile trop gourmand pour l'intégrité de mon Cobra. Ainsi je me rappelle très bien du jour où mon cockpit s'est fissuré alors que j'évitais le bal des sphères incandescentes violacés et des faisceaux électrisant ma coque, tandis qu'un camarade un certain "Jacko" avait l'habitude d'encaisser tous les coups que j'avais évité. Ce gars là dépensait tous ses crédits en peintures sophistiqués pour son Eagle et à chaque fois il devait repasser à la caisse non seulement pour réparer sa coque mais surtout pour faire repeindre son ex-magnifique bécane.

En peu de temps le conflit a fini par se tasser et on s'est peu à peu éparpillé, moi mon permis pour Alioth en poche avec quelques désirs de changer de carlingue. J'ai encore aujourd'hui très peu de nouvelles de mes ex-camarades mais je garde de très bons souvenirs.


Malheureusement, les idéaux sont tous soumis au revers de la médaille et j'ai vite goûté à l'amertume de la réalité. C'est ça de grandir
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[Genjar Ilat] Swiss Knife il y a 8 mois 15 heures #190202

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Peu de temps après une pause bien méritée et quelques bonnes affaires j'étais toujours le fier commandant d'un Cobra et de surcroît un pilote de l'Alliance. Romancer sa vie est une chose, j'imagine positive, mais ça n'a pas toujours grand intérêt. Pour être honnête j'étais devenu un patrouilleur qui venait de s'enfermer dans une routine entêtante. Adieu l'aventure, l'adversité et bonjour la monotonie d'un monde systémique où toutes les procédures se ressemblent autant que les réactions de mes congénères.

A bord d'un vaisseau plus rapide prêté par mes supérieurs, je passais mon temps à voguer dans les systèmes périphériques à Alioth en veillant à surveiller les grands axes de communication. Là où les pilotes voyaient grâce à leur interface augmenté des jeux de courbes intrusifs, je voyais là un réseau de rails qui formait une toile dans laquelle on pouvait s'engluer dans une cohorte de problèmes. Plus que de protéger et servir je devais intercepter aléatoirement des transporteurs pour scanner leur soute et leur rappeler les bonnes règles de Alioth et sa périphérie, autant dire que j'étais accoutumé à l'insulte et au chant des complaintes réactionnaires. Par moment ma vie prenait un air stimulant quand je devais patrouiller une zone d'extraction et intercepter des pirates amateurs. C'était mon train de vie et il avait pour vertus d'être "légale".

Mais tout a fini par déraper comme ce jour où j'ai intercepté un pilote de la Fédération qui avait pendant une semaine attaqué des convoyeurs de fret alimentaire. Cet enfoiré de première nous insultait et en plus il jouait la carte de la guérilla. Le Qg était persuadé qu'une opération se tramait et on était mobilisé pour pêcher ce loustique, la tension était palpable et les chasseurs de prime furent longuement agacés par nos interceptions systématiques. Un beau jour l'un d'eux nous a offert des coordonnées d'une balise de détresse et le Qg nous a donné le feu vert pour y mener une enquête ou au mieux, aider le vaisseau émetteur. Le destin nous avait mis sur le chemin du resquilleur Fédérale qui était en train de dépouiller un convoyeur, assez arrogant pour ne pas se soucier du signal émit par le vaisseau pris pour cible. Je n'ai pas cherché à comprendre et j'ai accroché l'agresseur qui était à bord d'un bâtiment agile taillé pour le combat, j'entendais en même temps le Qg me hurler subitement d'abandonner l'attaque mais j'étais trop concentré sur le duel. Mes collègues portaient assistance au pilote et ne semblaient pas se soucier de l'affrontement. Raisonnant comme une mélodie entêtante, je faisais fis des hurlement du communicateur vocale me concentrant sur mes manœuvres et les échanges de tirs et même si je comprenais ce qu'on me disait je n'étais pas prêt de laisser l'agresseur s'en tirer. Après un bref mais intense accrochage le pilote Fédérale a réussi à me faire faux bond en effectuant un saut d'urgence à destination d'un autre système, avec une maîtrise peu commune. J'avais de la chance, il n'était pas là pour m'affronter. On a sécurisé la zone et un navire est arrivé pour prêter main forte au pilote en détresse, on devait faire notre rapport et je ne pensais qu'à l'échec de l'interception sans me soucier de ce que le Qg avait à me dire.

C'est pas seulement une désillusion mais plutôt une cruelle leçon


Je n'avais pas respecté le cessez le feu avec la Fédération et j'avais même déclenché un incident diplomatique. D’après le Qg ce n'était pas à moi de régler ce problème et j'étais de surcroît un pilote inconscient, au pire incompétent. Pendant de longues minutes transformés en de longues heures je suis passé du statut de pilote émérite à celui de racaille, de cow-boy sans foi ni loi qui ne jure que par ses hardpoints et sa capacité à tirer sur tout ce qui bouge. Mes collègues eux mêmes m'ont déçut en appuyant la hiérarchie et d'un coup j'étais devenu une cible à abattre. On m'a gentillement dégagé avec en prime un ticket pour partir au plus vite sous peine de finir incarcérer pour tout un tas de motifs tous plus énormes les uns que les autres.


J'ai contacté mon ancien collègue Floyd



Cet enfoiré bossait pour l'Empire et il semblait content de m'entendre. On a pas discuté très longtemps avant qu'il me vante les mérites d'être un privé au service d'une super-puissance autant lointaine que nébuleuse. J'ai pas réfléchis longtemps avant de tracer la route vers le système Kamadhenu, la vache c'est un sacré voyage qui m'attendait.


J'ai toujours 24 ans et j'ai pris le revers de la médaille en pleine gueule
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[Genjar Ilat] Swiss Knife il y a 2 mois 3 semaines #213508

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"C'est quand tu te retrouve à errer entre deux systèmes sans les connaître et que tu te dis pas que c'est bizarre, ben, c'est là que tu sais que ton truc c'est d'être dans l'espace !"
Zen January – Transporteur de fret accrédité


J'ai flirté avec de nombreux boulots avant d'arriver dans le système Kamadhenu et tout ceci implique une liste incroyablement profuse de détours. J'ai pris mon temps, deux mois s'écoulèrent alors que j'en n'ai que faire. Mon dernier boulot s'est déroulé en plein système Kamadhenu, approximativement quand j'ai accroché une énorme carlingue, le genre super-tanker: d'ailleurs j'avais rarement croisé des variantes de type 9 et celle-là était taillée pour transporter des tonnes de matières bruts pour la production de cartouches alimentaires. Peu importe j'avais pris la mauvaise habitude d'ingurgiter des mixtures frelatés avec résidus de carburant, rien de très grave en soi.


Sauf quand tu rentres dans le cul énorme d'un gigantesque Lakon.


On a dû se sortir de la file de vaisseaux en progression autour d'une balise douanière, là encore j'ai manqué de m'écraser contre la baleine qui se trémoussait laborieusement à côté de moi. Suite à un ballet pachidermi-quement cosmique on a fini par se stabiliser un peu plus loin, pendant que autour de nous rôder les vautours de la sécurité. Tous avec leurs capteurs en joug sur nos carlingues, j'avais lancé le contact avec ma victime: je crois bien avoir entendu une poule lors de la conversation, mais je vois même pas à quoi ça ressemble vraiment une poule. Pendant qu'il me sermonnait copieusement j'ai évoqué le cas de la poule, la seule réponse que j'ai eu de sa part fut que: "mon pouls va très bien fils de..." En définitive je venais de me faire un nouveau collègue et il avait curieusement accepté ma proposition d'escorte pendant 1d6 voyages, tirés une fois dock a Shajn Market – avec des pads d’atterrissage qui cohabitent avec des tonnes de marchandises, parfois animés. Mon tout nouveau camarade porté le doux nom de Zen January, c'était le genre ancien chasseur de prime réputé qui a pris le dosage réglementaire de plasma dans la gueule et qui par conséquent a goûté à la chirurgie esthétique puis qui a fait escale dans pas mal d'interventions douteuses, maintenant il est pilote de fret et ça lui plaît. Outre les traitements à grand renfort de cellules souches, Zen possède un carnet de contacts long comme la distance qui sépare Eranin de Kamadhenu. Ainsi accoudé a ce nouveau compagnon j'ai passé du temps dans la périphérie du système, moi j'attendais une autorisation de transit et surtout tout un tas d'autorisations pour prendre part à quelques opérations en tant que freelancer pour le compte de l'empire et lui ben, il continuait ses petites affaires. Le moment venu on s'est quitté après un duel de gnôle et j'ai gardé la fréquence, au cas où.


La partie la moins drôle de cette histoire commence ainsi: un vulture d'occasion acheté à Zen et des retrouvailles chaleureuses avec Floyd. En quelque sorte ça commençait bien, trop bien.


Il y avait eu quelques opérations d'interceptions, Floyd à bord d'un vaisseau inédit à la coupe élégante et moi aux commandes d'une masse coriace, usé mais sacrément entêté. Il y a eu des shoots de pure adrénaline et d'autres moments plus tendus ou tout s'est joué sur le fil du rasoir. Notre première véritable opération a pris les airs d'une guerre civile dans laquelle on a touché notre raison d'être: le pactole. Le moment déterminant pour notre réputation autant que notre amitié se déroula lors de notre rencontre avec un inquisiteur, qui avait quelques missions intenses si ce n'est dangereuses à nous confier. Cette fois-ci on intervenait pour intercepter des cibles gênantes, pour induire en erreur des forces séparatistes mais si Floyd commençait à être gêné par ces interceptions... dont l'éthique fut la plus grand absente, moi curieusement je serrais les dents et je commençais à me dire que tout ça était dans l'ordre des choses. Même quand j'ai dû exploser un transporteur civil je n'ai pas rechigné, oui je commençais à me sentir investi d'une grande mission et j'étais dans les petits papiers du traité inquisitorial de Kamadhenu, et c'est là où j'ai porté mon masque le plus sérieux. Je n'avais même pas remarqué la disparition de mon camarade, tandis que je filais à toute allure en plein cœur d'opérations de plus en plus meurtrières, engageant le corps à corps avec des individus toujours plus convaincus que ce qu'on faisait, nous les types de l'empire, c'était franchement ecoeurant. Je pourrais raconter ici-bas une bonne centaines d'interventions en zone à risque et même d'une escarmouche en espace profond éclairée seulement par les yeux brûlants des lasers qui fusaient dans tous les sens comme un mauvais feu d'artifice.

Pourtant, impossible de soulager ma conscience, ce n'est pas l'opération de trop qui m'a fait renoncer à mon serment... disons plutôt que le cœur à ses raisons. Ainsi c'est cet inquisiteur, ou devrai-je dire, cette inquisitrice qui a joué un rôle déterminant dans ma démence. A force d'être non seulement accepter j'ai noué des liens d'un genre, guerrier avec cette personnalité, froide et pragmatique. Le problème c'est qu'on avait pas tellement le droit selon les préceptes du traité inquisitorial, sous peine d'être désavoué proprement. J'ai dû fuir l'arme au poing quand j'ai appris quelle était enceinte et sa fureur avait un écho qui aujourd'hui me hante encore. Il faut dire que j'avais fricoté avec deux mauvaises idées: la première fut l'empire et la seconde une des trois filles d'un notable impérial. En définitive ce n'est pas tellement mon rôle dans les affaires de l'empire qui m'a dégoûté, mais une relation malhabile.


Quelle morale j'incarne ?



J'avais fui en laissant dérrière moi le goût des débris et des cadavres. Je ne sais pas ce que j'avais en tête à ce moment-là mais mon instinct de survie était à son apogée.
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[Genjar Ilat] Swiss Knife il y a 2 mois 3 semaines #213513

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C'est plutôt clair je n'avais pas des masses d'options. Une bande d'impériaux remontés comme des pendules prêtés à exploser en un seul tour me pourchassaient, et je traînais ma carlingue dont les fuites commençaient à me jouer des tours. Après des passages risqués et quelques moments de tension extrêmes, j'ai finalement pris contact avec Zen.


Ce qu'il y a de singulier avec le bonhomme, c'est sa capacité à te sortir la tête du cul avec une bonne punchline.



Oui je lui avais bavé mes petits soucis et lui a rigolé en me disant que maintenant j'avais qu'à faire mieux. Pire il me demandait si j'avais au moins gagné suffisamment pour compenser l'absence de moralité: non parce-que pour lui, elle est sauve – la morale – si tu gagnes suffisamment. Effectivement j'avais de quoi me payer une nouvelle vie... et c'est là où on a tendance à te prendre au mot, quand tu dis une connerie. Zen connaissait un type louche et compétent le genre à te refaire la gueule si t'as les moyens, mieux je pouvais même changer d'identité mais du coup c'était le meilleur moyen de dépenser toutes mes économies en un seul tour de magie.


Je suis devenu en quelques heures et moins de quelques tonnes de crédits: Genjar Ilat.



J'ai troqué un profil avantageux pour une coupe plus pragmatique et même mon père me reconnaîtrai pas. Le test fut concluant avec une interception impériale et d'anciens ailliers bien décidés à me buter... mais puisque je suis quelqu'un d'autre.


Maintenant je suis à sec et habitué à me battre sans foi ni loi. Mieux je suis sans dieu ni maître.



C'est en protégeant non la veuve et l'orphelin mais plutôt les mineurs des ceintures d'astéroïdes que j'ai commencé à prendre goût à la chasse aux primes. Grâce à Zen j'avais une belle liste de têtes brûlés et surtout des commanditaires réputés. Maintenant que je n'avais plus rien, je prenais des risques sans considérations pour ma personne, pire j'étais efficace. Petit à petit j'ai dérivé loin de l'empire du côté des systèmes les plus éloignés, le temps défilait à vive allure tout autant que les primes que je récoltai: rapidement j'ai changé de montures pour adopter un authentique fer-de-lance construit par Zorgon Peterson. Je comprenais mieux pourquoi les plus pimpants des chasseurs se pavanaient avec ce bijoux, que ce soit sa coupe ou encore son aspect: tout était réuni pour annoncer la couleur, à savoir "tu vas manger et avec style". Je faisais même parti d'un réseau de transmissions réservé à des possesseurs de fer-de-lance où on échangeait à propos de performances, de théories techniques et d'autres trucs moins élégants comme "comment choper avec ce putain de vaisseau". Tout allait bien dans le royaume du duel et de la vie de chasseur jusqu'au jour où j'ai croisé un sacré fumier de la fédération qui collectait des primes, avec violence et quasiment aucun ménagement. Cette fouine avait même exploser un collègue à moi qui avait eu le malheur de commettre un excès de vitesse en station. On était tous d'accord sur une chose: ce type doit arrêter le job.


J'ai enfin 25 ans et la fédération vient encore me chier dans les bottes.
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[Genjar Ilat] Swiss Knife il y a 2 mois 3 semaines #213532

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Je me demande encore si on est en Novembre ou en Mars. Tous les cycles se ressemblent et l'actualité s'occulte au profit des informations clés. Avec quelques collègues on a pris nos quartiers dans le système Mexicassa et on traîne sur l'avant-poste Al-Jazari Vision entassé comme des galériens qui filent un coup de main en manutention de temps en temps. Quand on sortait c'était pour filer dans les stations alentours, notamment du côté de l'astro-port de Melroy Vision où on en profitait pour dépenser une bonne partie des primes en divertissements, aussi charnus pouvaient-ils êtres. D'ailleurs je crois détenir un record, en ayant vomis dans à peu prés tous les recoins de la station et croyez-moi, elle est grande. Mais cette recette serait incomplète sans de la bagarre, des rivalités et même une pseudo révolte en plein milieu d'un tripot. Toutefois dans ce paradis nauséabond il y avait une anguille, du genre à se faufiler.

Je me rappelle très bien de ce moment: on surveillait un secteur précis d'une ceinture d'astéroïdes quand un mineur a percuté un autre type par mégarde, le mineur ses pris la prune et la tension à fait péter le thermomètre. J'avais constamment le nez sur mes capteurs pendant qu'un collègue discutait avec le mineur en lui ordonnant de se casser vite fait. Cette nouvelle cible pour tous les rapaces du coin valait 250 crédits tout rond. Le mineur essayait de relativiser alors que nous on savait qu'un pilote aller vouloir récolter cette prime, aussi ridicule fussent-elle. Marlon-nez-en-biais l'avait pas venu venir le faisceau et pourtant il avait déchiré le bouclier du mineur qui s'était mis à paniquer en bourrant dans tous les sens avec ses réacteurs crépitants aléatoirement.


Je ne sais pas si je dois raconter tout en détails mais:


Le pilote de la carlingue pris pour cible n'avait même pas eu le temps de s'éjecter tandis que l'agresseur commençait à s'en prendre à nous en silence radio totale. On était trois moi compris et on était en mauvaise posture. Marlon fut le premier à s'éclipser tandis qu'on était encore deux contre un, pourtant on a pris une belle trempe et je suis le seul à m'en être tiré, dérivant à toute berzingue entre plusieurs astéroïdes j'avais réussi à me retrouver dans une successions de tirs croisés entre des pirates, d'autres mineurs et mon agresseur. Ce fut finalement une surcharge de mes réacteurs couplé à un astéroïde implosant en une myriade de morceaux qui m'avait offert ma meilleure chance de m'en sortir. Au passage j'ai perdu mon lanceur plasma et mon cockpit s'est mit à me menacer.

Une fois arrivé en catastrophe à Melroy Vision j'ai chargé mon arme de poing puis j'ai rangé mon poignard dans un endroit accessible et je suis sorti comme un diable pour attendre de pieds ferme notre agresseur: un pilote avec un vaisseau fédéral ça se remarque facilement. Je crois que ce fut la plus longue journée de ma vie, le cul posé sur le nez de mon fer-de-lance, la coque constellée d'impacts. A part le jeu des regards circonspects de la part de la sécurité interne et de quelques incrédules en attente d'une bonne histoire, je n'ai pas eu le droit à mon règlement de comptes. C'est finalement Marlon qui m'a sorti de mon obsession en me proposant un coup à boire.


Il en avait profité pour récolter des informations sur mon nouvel ennemi: un gars que j'avais pourtant déjà croisé il y a quelques années. Ce même pilote qui m'avait fait éjecter de l'alliance. Plus de doutes, je devais m'occuper de ce type.


J'ai traqué un dénommé Buck Hasse, mercenaire fédéral et amateur de tirs aux pigeons à travers pas loin d'une quarantaine de systèmes pendant une période de quatre mois. J'ai appris tout un tas d'histoires et d'anecdotes intéressantes, notamment une histoire concernant un obus défaillant de multi-canons qui a poursuivit sa trajectoire pendant cinq ans avant de croiser un vaisseau de transport de marchandises rares qui tentait de fuir des pillards. J'explorais des légendes fantasques et parfois hallucinantes pendant que je cherchais désespérément un lien entre Hasse et moi.


L'univers est ainsi ? Une succession de hasards indélicats ?



Buck Hasse ne se souvenait pas de notre première rencontre aux alentours de Alioth et entre-nous il y avait seulement une rivalité exacerbée, d'un côté ce pilote et de l'autre moi et ma rancune tenace. Il y a eu pas loin d'une vingtaine d'accrochages avant le duel définitif. Là-bas dans un système anarchique vide de règles et remplis d'écumeurs on a croisé le fer une dernière fois. Le résumé s'il devait prendre une forme, serait une course poursuite infernale entre plusieurs astéroïdes dans le noir complet avec seulement des munitions traçantes comme moyen de repérage et des diodes hystériques qui font la pair avec des avertissements sonores. J'avais pris le temps de m'acheter un nouveau lanceur plasma que j'avais fait retouché, et le seul moment où j'ai réussi à toucher Buck c'est à cause d'un tir manqué qui a fini dans une caillasse qui est venue percuter le vaisseau de ma cible, le projetant contre un plus gros astéroïde. Ensuite il y a eu deux explosions: le vaisseau de Buck puis sa nacelle de sauvetage qui a rencontré une masse noire imperturbable tournant lentement sur elle-même. J'étais désormais tout seul au milieu du noir absolu dans un champs d'astéroïdes saturé. Mais la vengeance a eu un goût amer, je n'étais pas satisfait et je venais de passer beaucoup trop de temps pour abattre un type qui n'était pas si différent de moi.


Mais il était mort par sa propre faute, j'ai quelques primes à encaisser maintenant.
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[Genjar Ilat] Swiss Knife il y a 2 mois 3 semaines #213533

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Quand la fin justifie les moyens - 3302 (2)


Avec le temps je m'étais fait une raison, Buck était mort comme il avait vécu: en trouduc et de mon côté j'avais gagné un bon pactole. Je suis retourné du côté de Melroy Vision et j'en ai profité pour me reposer un peu en investissant mon argent dans quelques entreprises, notamment le Crimson Network l'entreprise de mon géniteur. Marlon s'était encore une fois éclipsé et j'étais seul avec moi-même en me rappelant mon passé mais difficilement de mon ancien nom, comme-ci j'étais enfin devenu Genjar Ilat. Puisque je sentais que ma vie c'était tout a coup calmé je m'occupais des calibrage du Medusa's Eyes et surtout de lui donner un petit coup de jeune.


Alors que tout allait pas trop mal, j'avais eu le droit à un fantôme du passé.



Une des filles du sénateur Regio Devin m'avait retrouvé, il s'agissait de Aya Devin, la plus jeune des trois. J'avais d'ailleurs appris qu'il s'agissait de triplés dont l'origine peut s'expliquer par quelques arrangements scientifiques. Elle voulait me prévenir que sa soeur Alysha Devin avait découvert ma nouvelle identité et comme elle représentait la femme qui me haïssait le plus dans la galaxie, alors il fallait que je prenne des mesures pour éviter de finir... je n'avais pas tellement envie de savoir ce qu'il allait m'arriver. A ce moment là je me demandais même pas pourquoi la plus jeune des sœurs m'avait prévenu, il fallait que je quitte Melroy Vision. Je connaissais donc deux des soeurs du clan Devin et j'avais pas l'impression que c'était une bonne chose.


Au même moment à quelques mètres de moi se dresse une figure autoritaire et implacable qui sent le propre.



Le lieutenant Roar Martigan était une sommité dans le monde de la vacherie et les souvenirs qui me revenaient furent tous plus nauséabonds les uns que les autres. Roar était mon instructeur lorsque j'étais cadet dans les rangs de la fédération et on était loin d'êtres comme cul et chemise. Il ne restait plus qu'à savoir ce qu'il me voulait. Après une discussion franchement glaciale je me suis laissé entendre dire que j'avais bien fait de buter Buck Hasse et qu'il y avait toujours une place pour des pilotes tels que moi, surtout si en prime ils connaissaient quelques personnalités de l'inquisition. En bref j'étais un élément de choix pour déstabiliser le sénateur Regio Devin et j'avais déjà des ordres de missions, à savoir me charger des filles Devin. J'ai proprement envoyé chier ce gratte papier bourré à la théorie militaire et j'ai dépensé une bonne partie de mon argent dans une place pour mon vaisseau à bord d'un transporteur lourd. Roar avait l'air de ne pas me prendre au sérieux et alors que le sas du transporteur se refermait, j'entendis le nom de Marlon sortir de sa bouche.


Je n'en saurai pas plus, je suis déjà en transit loin de toute cette sale histoire.


A l'heure du bilan je me retrouve cloîtré dans une carcasse qui m'amène dans un secteur éloigné de toute cette agitation, du côté du système Domovoi. J'ai pas mal de casseroles qui se sont pressés à mes trousses et je vais les traîner un moment. De plus je crois que j'en ai pas finis avec mes anciens faits d'armes avec l'empire et je me demande comment je pourrais m'en sortir.


[.............]



L'air était devenu lourd et les émanations d'alcools palpables. Genjar se servait une nouvelle dose de gnôle et regardait son interlocuteur droit dans les yeux: son collègue Joker et tint à peu prés ce discours:

"Un jour je me ferais les trois d'un coup !"

La seule lueur qui parcourait alors le regard vitreux de Genjar fut une profonde inquiétude. Maintenant il était un Jotunheim Raider et il n'avait pas l'intention de dériver plus longtemps.
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